Géoblog

Le blog scientifique vulgarisé de la Faculté des géosciences et de l'environnement

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  • Manifestation pour le climat

    Manifestation pour le climat

    Interview de Suren Erkman, professeur à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre : « Belle opération de mobilisation, mais aussi d’instrumentalisation. Il ne faut pas être trop naïfs. »

  • La Suisse n’est pas à l’abri de pénuries d’eau

    La Suisse n’est pas à l’abri de pénuries d’eau

    Emmnanuel Reynard, Institut de géographie et durabilité

    La Suisse peut profiter de ressources en eau importantes. Néanmoins celles-ci également pourraient arriver à manquer. La situation doit donc être gérée avec précaution.

    Interview d’Emmanuel Reynard, professeur à l’Institut de géographie et durabilité.

  • L’engagement des parties prenantes dans le co-design d’interventions pour réduire la consommation d’énergie : le cas de I’Energy Living Lab

    L’engagement des parties prenantes dans le co-design d’interventions pour réduire la consommation d’énergie : le cas de I’Energy Living Lab

    Thèse soutenue par Joëlle Mastelic, le 25 mars 2019, Institut de géographie et durabilité

    Comment atteindre l’efficacité énergétique dans les bâtiments à faible consommation ? Souvent, dans la littérature on constate une analyse séparée des interventions sur les comportements, sur les artefacts techniques ou sur les normes. Les trois composantes d’un système socio-technique sont en interaction et il s’agit de modifier le système complexe dans son ensemble.

    Cette thèse interdisciplinaire analyse les dimensions techniques, économiques et sociales de la performance énergétique des bâtiments basse consommation afin d’agir sur le système avec une intervention regroupant marketing social et Living Lab (LL).

    Comment les services énergétiques sont-ils perçus par les consommateurs dans les bâtiments basse consommation ? Sont-ils prêts à co-concevoir des interventions de conservation d’énergie ? Est-ce que ces idées créent de la valeur ? Comment intégrer différentes parties prenantes dans le co-design d’une intervention d’économie d’énergie ? Existe-t-il un « écart de performance sociale » des services énergétiques ? Comment le mesurer ?

    Cette thèse est basée sur deux projets de recherche, le projet pilote Energy Living Lab et le projet UserGap utilisant les multi-méthodes séquentielles. Une enquête empirique permet de recueillir des données socio-démographiques. Des entrevues qualitatives en face à face font ressortir les obstacles aux pratiques de conservation d’énergie. Ensuite, une étude de cas analyse le processus de crowdsourcing et mesure la qualité des idées générées. Une deuxième étude de cas analyse l’intégration des différentes parties prenantes dans la co-conception d’un système de gestion de l’énergie du bâtiment. Puis, un nouveau modèle conceptuel sur l’écart de performance énergétique est induit à partir des données.

    Nous avons constaté que les consommateurs ne perçoivent pas la qualité des services énergétiques tant que la qualité est bonne. Les services énergétiques ne sont pas fortement liés à la satisfaction de vivre dans des bâtiments à basse consommation. S’ils sont intégrés dans le co-design de solutions, les parties prenantes ont des idées qui créent une valeur sociétale et managériale.

    Les LLs agissent comme des catalyseurs, des intermédiaires d’innovation pour orchestrer le co-design dans un écosystème d’acteurs. La question clé de la « performance sociale » pourrait être mesurée par la qualité perçue des services énergétiques. Les multi-méthodes séquentielles utilisées dans cette thèse ne sont pas faciles à reproduire. Les résultats sont limités au secteur du bâtiment à basse consommation. Les études de cas n’ont pas pour but d’être généralisées mais sont exploratoires. Elles devraient être suivies d’une quasi-expérimentation pour généraliser les résultats dans d’autres régions et mesurer l’impact du processus de co-design.

    La recommandation à la société de construction, au fournisseur d’énergie et de label énergétique est d’intégrer les parties prenantes dans la co-conception des bâtiments à basse consommation et des interventions de conservation de l’énergie. Une boucle de feedback pourrait réduire l’écart de performance des bâtiments existants et une boucle de feedforward pourrait aider à la conception des futurs services énergétiques.

    Les implications sociétales pourraient être la diminution des émissions de CO2, une meilleure intégration du consommateur comme co-créateur de valeur. L’intégration des parties prenantes pourrait également augmenter I’adoption sociale. Cette thèse explore le processus de co-design dans le secteur des services énergétiques dans les bâtiments à basse consommation. Elle propose un nouveau modèle conceptuel pour comprendre l’écart de performance énergétique. La méthode du marketing social dans un LL permet de développer un nouveau processus d’innovation dans le secteur des services énergétiques.

  • Toxiques mais légaux ?

    Toxiques mais légaux ?

    Quelles sont les stratégies mises en place par l’industrie pour museler le réglement REACH sensé gérer les substances toxiques ?

    Des éléments de réponse avec le sociologue Henri Bouiller, auteur du livre Toxiques légaux. Comment les firmes chimiques ont mis la main sur le contrôle de leurs produits, et de l’écotoxicologue Nathalie Chèvre.

  • Sismologie éducative au Népal : un programme en milieu scolaire pour rendre les enfants plus vigilants

    Sismologie éducative au Népal : un programme en milieu scolaire pour rendre les enfants plus vigilants

    Vous vous souvenez du tremblement de terre de 2015 au Népal ? Le séisme de magnitude 7.8 a fait 9’000 morts, 22’000 blessés, 8 millions de sinistrés et des dommages matériels équivalant à 50% du PNB du Népal. Une catastrophe tout-à-fait susceptible de se reproduire au Népal au cours de la prochaine génération comme de l’actuelle. Un programme éducatif mené par deux chercheurs de l’Institut des sciences de la Terre, et soutenu par la FGSE et l’UNIL ainsi que d’autres partenaires, vise à sensibiliser les plus jeunes aux risques et aux mesures qui pourront en limiter l’impact.

    L’éducation en sciences de la Terre, et surtout en sismologie, ne fait pas partie du programme des écoles népalaises. Une partie de la population rattache encore le phénomène des tremblements de terre à des notions religieuses. Or, compte tenu du contexte géodynamique, il est essentiel de bien informer la société népalaise de l’aléa sismique et des comportements et mesures à adopter avant, pendant et après un séisme.

    Le projet « Sismologie à l’école au Népal » vise à atteindre deux buts. Tout d’abord, à introduire la géologie et les séismes dans les classes et à l’école – ne serait-ce qu’une heure par mois. Pour ce faire, du matériel éducatif est préparé en népalais, adapté à l’âge des enfants. En parallèle, des sismomètres simples et bon marché sont installés dans différentes écoles. Ces capteurs permettent en effet de surveiller le mouvement du sol en continu, et sont très efficaces pour rendre les écoliers attentifs aux phénomènes sismiques. En sautant à côté de l’appareil, ils pourront directement y constater l’effet des vibrations. Sur la base de nombreux séismes locaux, ils pourront les comparer, établir leur propre catalogue. En réseau avec d’autres écoles, ils pourront retracer l’origine et la taille des séismes, et créer des cartes des secousses.

    Il est ainsi prévu d’installer des sismomètres dans plus de vingt écoles au centre du Népal. Deux d’entre eux sont déjà opérationnels (voir ici et ici) et les autres suivront dès ce printemps. Un événement clé sera un workshop de 2 jours en avril prochain pour former les enseignants des écoles, avec la participation d’experts du domaine en provenance de Suisse et du Royaume-Uni. L’objectif avec ces efforts est que les écoles impliquées forment une communauté, un réseau à partir duquel cet exemple pourra se propager ensuite vers d’autres écoles, et que les écoliers amènent leur savoir à leur famille et à la société.

    Sismologie à l’école au Népal
    Le programme est mené par M. Shiba Subedi et le prof. György Hetényi à l’Institut des sciences de la Terre (ISTE). M. Subedi est en thèse de doctorat à l’UNIL avec une Bourse d’excellence de la Confédération suisse. Son directeur de thèse, le prof. Hetényi est professeur boursier du Fonds national suisse (FNS). Le projet bénéficie du financement de l’ISTE ainsi que de la Faculté des géosciences et de l’environnement (FGSE) à l’UNIL. D’autres partenaires financent également le projet : le Royal Astronomical Society, le British Geological Survey et l’American Geophysical Union.

  • Climat, la grande hypocrisie

    Climat, la grande hypocrisie

    A l’issue de la conférence de l’ONU sur le climat, la COP24, les réactions sont mitigées. Elles balancent entre la satisfaction d’avoir trouvé un accord et les regrets devant la frilosité de cet accord. Interview de Suren Erkman, professeur à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre.

     

  • Plans climat des communes :  quel impact ?

    Plans climat des communes : quel impact ?

    Face aux dangers climatiques mondiaux, à quoi servent les petites mesures communales ? Interview de Dominique Bourg, philosophe spécialiste du climat et professeur de la Faculté des GSE.

  • Sélection bayésienne de modèles en hydrogéophysique et hydrogéologie

    Sélection bayésienne de modèles en hydrogéophysique et hydrogéologie

    Thèse soutenue par Carlotta Brunetti, le 22 février 2019, Institut des sciences de la Terre (ISTE)

    Les eaux souterraines sont une ressource fondamentale. Avec la croissance démographique, le changement d’utilisation du sol, les activités économiques, l’urbanisation et le changement climatique, une gestion sûre et durable des ressources en eau souterraine devient de plus en plus cruciale. Cela doit reposer sur une caractérisation précise de l’hétérogénéité des propriétés hydrogéologiques du sous-sol, tâche qui représente toutefois un défi. (suite…)

  • Perte de masse des glaciers : des effets paradoxaux entre court et moyen terme

    Perte de masse des glaciers : des effets paradoxaux entre court et moyen terme

    Un article paru dans le New York Times le 20 février 2019, intitulé « A Threat, but also an opportunity », conclut que « bien que les glaciers fondent, la Suisse y voit un potentiel de développement de la production hydroélectrique ». (suite…)

  • Extinction des dinosaures : de nouveaux résultats en inversent l’ordre des causes connues

    Extinction des dinosaures : de nouveaux résultats en inversent l’ordre des causes connues

    © Sasa Kadrijevic | Dreamstime.com

    Finalement, qu’est-ce qui a vraiment causé la perte des dinosaures et dans quel ordre ?

    L’utilisation d’une méthode de datation Uranium-Plomb (U-Pb) à partir de zircons récoltés dans le Deccan dans l’ouest de l’Inde et interprétés par plusieurs équipes, dont une de Lausanne, établit grâce à une précision très accrue, une meilleure corrélation entre épisodes volcaniques ou météoritiques et grandes extinctions. Elle doit permettre de mieux cerner les dynamiques environnementales générées par ces grands événements catastrophiques. (suite…)

  • Les glaciers, une assurance sur l’avenir énergétique en voie de liquéfaction

    Les glaciers, une assurance sur l’avenir énergétique en voie de liquéfaction

    Un article paru dans le New York Times le 20 février 2019, intitulé « A Threat, but also an opportunity », conclut que « bien que les glaciers fondent, la Suisse y voit un potentiel de développement de la production hydroélectrique ». (suite…)

  • Un important rapport sur les concentrations de CO2 d’origine humaine dans l’atmosphère

    Un important rapport sur les concentrations de CO2 d’origine humaine dans l’atmosphère

    Eric Verrecchia, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    La commission de l’environnement du Conseil des États souhaite se pencher à nouveau sur la révision de la loi sur le CO2 après son échec à convaincre le National. Et il y a urgence en l’espèce si l’on veut s’accorder aux prévisions en matière climatique avancées lors de l’accord de Paris. C’est dans ce sens – celui d’une recherche de solutions complémentaires à la diminution des concentrations de CO2 d’origine humaine dans l’atmosphère – que l’European Academies Science Advisory Council (EASAC) publie le 19 février 2019 un complément important à son rapport sur les NET, les « Negative Emission Technologies » ou technologies d’émission négative de CO2, c’est-à-dire des moyens visant à capter durablement le CO2 atmosphérique.

    Eclairage par Eric Verrecchia, professeur à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre

    NASA Holds Media Briefing on Carbon’s Role in Earth’s Future Climate

    Qu’est-ce que l’EASAC et de quel rapport s’agit-il ?

    L’EASAC regroupe les académies nationales des sciences des États membres de l’UE, de la Norvège et de la Suisse. C’est une entité regroupant la voix de conseils académiques indépendants qui mobilisent les scientifiques européens dans leur domaine d’expertise pour guider la politique de l’UE dans l’intérêt de la société. L’un des derniers rapports phare que nous avons publié en février 2018 concernait en particulier les NET, les Negative Emission Technologies (disponible sur le site de l’EASAC), notion à ne pas confondre avec l’ingénierie planétaire ou Geoengineering.

    Mais quelle alors est la différence entre les NET et la géo-ingénierie ?

    Les NET, appelées aussi techniques CDR (pour Carbon Dioxyde Removal), reposent sur des processus qui capturent, en termes de bilan, du CO2. Ou dit autrement, la mise en place de ces processus naturels, agronomiques ou industriels, produit une certaine quantité de CO2 qui est inférieure à la quantité captée au cours du déroulement CDR. La géo-ingénierie en revanche est fondée essentiellement sur des techniques jouant sur l’albédo planétaire visant à faire baisser les températures, et donc à impact à l’échelle du globe, et dont les possibles effets secondaires, et les sommes mises en jeu, n’ont rien de comparable avec les NET. Si la géo-ingénierie nous pousse souvent à jouer les apprenti-sorciers et pose de sérieux problèmes, les approches NET devraient en revanche être rapidement évaluées le plus finement possible, soutenues, et mises en oeuvre.

    Que disait en substance ce rapport ?

    Rapidement, il est clairement apparu que les NET n’auront pas vocation à compenser l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre (ou GES), que ce soit par exemple les solutions technologiques de captation et d’enfouissement de CO2, la reforestation, ou encore la gestion rationnelle de l’agriculture et de l’agroforesterie. Par conséquent, s’appuyer sur des scénarios ou des projections comptant sur la contribution des NET pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, sans autre politique d’accompagnement, reste illusoire et ne doit pas constituer le fondement des approches énergétiques futures de l’Union Européenne et de ses partenaires.

    Alors les NET ne serviraient-elles à rien ?

    Je n’ai pas dit cela. Au contraire, elles vont aider aux transitions énergétiques et au renforcement de notre gestion des GES, et pour certaines d’entre elles, même contribuer de façon très substantielle à une amélioration de notre environnement.

    C’est-à-dire ?

    L’EASAC souligne dans son rapport de 2018 que l’UE et ses partenaires devraient se concentrer rapidement sur les stratégies de diminution directe des émissions. C’est un point crucial. A côté de cela, deux des approches préconisées pour les NET, rappelées dans le communiqué de presse de février 2019, consistent à augmenter les taux de carbone organique dans les sols et la biomasse forestière. Voilà une perspective qui n’est de loin pas insurmontable et qui contribuerait à améliorer notre qualité de vie. Mais, malheureusement, nous persistons à accroître la déforestation en milieu tropical et à intensifier la dégradation des sols, et ces comportements continuent d’ajouter de grandes quantités de GES. Donc il faut absolument que les autorités reprennent le contrôle de la conservation actuelle de la forêt, tout en luttant contre la dégradation des sols quelle que soit la zone climatique, de façon à restaurer le niveau de carbone organique requis dans ces sols. De plus, en général, des sols mieux pourvus en carbone organique sont plus fertiles, mieux équilibrés, et remplissent plus efficacement leurs services écosystémiques, comme la purification des eaux par exemple.

    Quels sont les points forts de ce nouveau communiqué ?

    Il est clair que si l’on veut inverser la croissance des émissions mondiales de GES, il devient alors de plus en plus évident qu’un recours au déploiement massif et diversifié des NET sera inévitable. Lutter efficacement contre la déforestation, amplifier le reboisement, augmenter les niveaux de carbone organique dans les sols et améliorer la gestion des zones humides demeurent les approches actuellement les plus rentables et les plus viables de captage de CO2 atmosphérique. Ces NET devraient être mises en œuvre dès maintenant en tant que solutions à la fois à faible coût et adaptées aux pays développés comme en développement. Ce ne sont pas les seules technologies qui devront être déployées. Des progrès sont en cours dans le domaine de la capture industrielle et les recherches avancent sur nombre d’autres solutions : mais les investissements « recherche et développement » restent encore aujourd’hui trop marginaux. De plus, il faut garder en tête que la capacité de ces puits ne sera probablement pleinement utilisée que dans quelques décennies. Et l’on comprend pourquoi la réduction des émissionsreste l’enjeu le plus urgent et le plus problématique…

    Quelques liens intéressants

  • Le GeoGuide Lausanne: un outil de valorisation du patrimoine. Communication, motivations, expérience

    Le GeoGuide Lausanne: un outil de valorisation du patrimoine. Communication, motivations, expérience

    Thèse soutenue par Lucien Grangier, le 21 février 2019, Institut de géographie et durabilité (IGD)

    Ce travail porte sur l’évaluation de l’application smartphone GéoGuide Lausanne comme outil de communication pour la valorisation du (géo)patrimoine. (suite…)

  • Réaction au vote sur l’initiative « Stop mitage »

    Réaction au vote sur l’initiative « Stop mitage »

    éclairagse

    Aménagement du territoire : une matière complexe qui nécessite des arbitrages, et une attention plus soutenue
    Jean Ruegg, Institut de géographie et durabilité (IGD)

    Par Jean Ruegg, professeur ordinaire à l’Institut de géographie et durabilité, spécialiste des questions d’aménagement du territoire.

    Le résultat du vote de ce dimanche est clair : refus de tous les cantons et de près de 64% des votant·e·s à l’initiative « Stop mitage ». En première analyse, cette issue est à marquer du sceau de la raison.

    En voulant plafonner le nombre de m2 consacrés à la zone à bâtir, cette initiative avait quelque chose d’anachronique. Elle s’inscrivait à la suite de l’Initiative pour le paysage qui contenait un dispositif analogue, mais limité à une durée de 20 ans. Or, l’Initiative pour le paysage a été retirée, ses initiant·e·s estimant que leur cause était servie par l’adoption de la 3e révision de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire entrée en vigueur en mai 2014. Mais les approches du plafonnement et de la révision de la LAT diffèrent notablement. La 3e révision de la LAT met l’accent sur le dimensionnement des zones à bâtir – pouvant conduire à des « dézonages » – et la densification, là où les deux initiatives auraient obligé à mettre sur pied des systèmes de transfert de droits à bâtir sans remise en question du stock actuel des zones constructibles. Ces deux approches sont difficilement conciliables. C’est donc en cela que le résultat du vote semble raisonnable.

    Ceci dit, pour le chercheur que je suis, j’aurais évidemment adoré analyser les tours de passe-passe que l’élaboration d’une loi d’application aurait engendré en cas de vote positif. Comment définir l’année de référence pour établir le « stock » ? A quelle échelle organiser le transfert des droits à bâtir ? Opter pour une régulation des prix par le marché ou par les pouvoirs publics ? Mettre en attente les travaux entamés par les cantons et les communes dans le cadre de la 3e révision de la LAT jusqu’à l’entrée en vigueur de la fameuse loi d’application ? Ce sont quelques exemples de questions qui auraient suscité des débats passionnants !

    Pour revenir à une note plus sérieuse, et c’est ma seconde analyse, le résultat de dimanche me laisse dubitatif. L’aménagement du territoire en est-il sorti gagnant ? Je n’ai pas été convaincu par la qualité des débats lors de la campagne. Les arguments à l’emporte-pièce l’emportaient par crainte peut-être d’affronter frontalement une matière qui est complexe et qui, à l’image du fonctionnement de nos sociétés, requière la recherche constante d’arbitrages et de compromis jamais définitifs. Je déplore alors ce manque de rigueur et d’exigence qui nous permet par exemple de parler de « mitage du territoire » sans même juger utile de nous accorder sur une définition et sur des indicateurs permettant d’en rendre compte. Je regrette aussi que le lien entre les causes que nous voulons défendre et les effets des mesures que nous préconisons ne soit pas davantage discuté et commenté.

    Pourtant, cela aiderait à identifier aussi bien les bonnes pratiques que les effets pervers qui continuent à être générés dans nos environnements respectifs, indépendamment d’ailleurs de l’issue du vote de ce dimanche. Indirectement alors, cela contribuerait aussi à mieux mesurer la faiblesse de l’attention que nous portons à la politique d’aménagement du territoire, pas seulement en termes de débats et de ressources, mais aussi en termes de recherche et de formation.

  • lnversion probabiliste de données géophysiques avec des distributions de probabilité à priori basées sur des structures et avec des géométries d’interface inconnues

    lnversion probabiliste de données géophysiques avec des distributions de probabilité à priori basées sur des structures et avec des géométries d’interface inconnues

    Thèse soutenue par Giulia de Pasquale, le 11 février 2019, Institut des sciences de la Terre (ISTE)

    De nombreux processus physiques, chimiques et biologiques du sous-sol ont lieu proche de la surface, au niveau des interfaces où les propriétés en jeu sont contrastées (par exemple, les processus de biseau salé dans les aquifères côtiers, le déclenchement de glissements de terrain, etc.). Ainsi, la caractérisation de la profondeur et de la géométrie de telles interfaces ainsi que leurs incertitudes revêtent un intérêt majeur dans de nombreux domaines des sciences de la Terre. (suite…)