
Thèse en sciences de l’environnement, soutenue le 19 juin 2026 par Tibor Talas, rattaché à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST) de la FGSE.
Cette thèse s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche mené dans la région d’Érétrie–Amarynthos, en Grèce, et dont l’objectif est de mieux comprendre comment les populations anciennes organisaient leur territoire autour de la cité antique d’Érétrie et du sanctuaire d’Artémis Amarysia. Comme les conditions environnementales peuvent fortement influencer l’occupation humaine, cette étude s’intéresse à l’évolution du paysage dans le bassin versant du Sarandopotamos. L’objectif est de reconstituer l’environnement passé afin de mieux interpréter les données archéologiques de la région.
L’étude se concentre sur les processus d’érosion, de transport et de dépôt des sédiments, ainsi que sur les facteurs qui les contrôlent depuis plusieurs milliers d’années. Elle examine également le fonctionnement de la rivière Sarandopotamos et les risques d’inondation. Trois grandes questions structurent ce travail : comment les dépôts de sédiments ont-ils évolué au cours du temps ? D’où proviennent ces sédiments dans le bassin versant et à quelle fréquence la plaine est-elle touchée par les inondations ?
Pour répondre à ces questions, un vaste panel de méthodes a été utilisé. Un carottage sédimentaire a été réalisé dans la plaine alluviale afin d’étudier la taille, la composition et l’origine des sédiments, ainsi que leur âge grâce à des datations au radiocarbone. Ces résultats ont ensuite été comparés aux caractéristiques géologiques et géomorphologiques du bassin versant afin d’identifier les principales zones d’érosion. Enfin, des simulations ont été réalisées pour mieux comprendre les crues, les débits nécessaires pour provoquer des inondations et leur fréquence.
Les résultats montrent qu’une période de forte accumulation de sédiments s’est produite entre environ 5 000 et 3 000 ans avant notre ère. Par la suite, les dépôts sont devenus beaucoup plus faibles. La plupart des sédiments proviennent de roches riches en silicates composant le versant est du bassin. Cette phase d’érosion intense est probablement liée à plusieurs facteurs, notamment la montée du niveau de la mer et des modifications de la végétation dues à des épisodes anciens de déforestation. Les résultats indiquent en particulier que la couverture végétale joue un rôle essentiel dans le contrôle de l’érosion dans le bassin.
Les simulations montrent également que la plaine du Sarandopotamos est fortement exposée aux crues. La rivière peut déborder relativement facilement, et des crues importantes peuvent survenir environ tous les 35 à 40 ans, ce qui signifie que les populations locales ont probablement dû apprendre à vivre avec ce risque d’inondation.
Dans l’ensemble, cette étude montre que l’évolution du paysage dans le bassin du Sarandopotamos résulte principalement de l’interaction entre les changements de la végétation et les variations du niveau de la mer. En reconstituant l’évolution de cet environnement au cours des 7 000 dernières années, ce travail permet mieux comprendre l’histoire de l’occupation humaine dans la région d’Amarynthos.

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