colloque diplomaties

Diplomaties, diplomates et sports, XIXe-XXIe siècle

Colloque international
Université de Lausanne, 9-11 septembre 2026

Depuis les années 2000, un nombre croissant d’États mobilisent leurs diplomates sur les enjeux sportifs et le sport à des fins diplomatiques au point que le concept de « diplomatie sportive » s’est imposé dans un sens prescriptif, sinon prospectif, dans l’espace public international (médias, gouvernements, organisations supra-gouvernementales, OING, cabinets d’expertise, think tanks). Pour bien des experts et des praticiens, le sport adoucirait les mœurs bien plus que les hiérarchies objectivées par les podiums et les records ne nourriraient les nationalismes. Il aurait une capacité particulière à effacer les différences, à favoriser la paix et la réconciliation, et à faire progresser les droits humains. Une telle croyance dans la paix internationale par le sport trouve sa source dans l’olympisme théorisé au début du XXe siècle par le Français Pierre de Coubertin, et véhiculé depuis par le Comité international olympique (CIO) à des fins de légitimation. Elle doit être mise en relation avec cette autre théorie qu’il faut attribuer également à Coubertin selon laquelle le sport est un espace neutre et les organisations sportives des acteurs apolitiques. De fait, les vérifications empiriques qui permettraient de valider le postulat d’une contribution du sport à la paix mondiale et au progrès humain restent bien rares. La diplomatie sportive comme capacité à changer le monde ne serait-elle qu’un mantra ? A-t-elle seulement des effets sur les opinions publiques ? Est-elle considérée par les acteurs de la diplomatie comme une branche principale ou secondaire de la diplomatie culturelle ? Est-ce que l’emploi du sport pour améliorer la réputation d’un pays est vraiment efficace ? Voilà une partie seulement des nombreuses questions auxquelles ce colloque international, ouvert à toutes les disciplines académiques, tentera de répondre.