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Analyses et métaréflexions Critique littéraire

Quand la mémoire devient récit : voix, transmission et fragilité

La mise en parallèle de ces trois romans ouvre un espace où mon geste critique trouve sa place. Mes lectures préalables du Nom des rois et de Passagères de la nuit, auxquelles s’ajoutera bientôt la critique en cours de Passage du soir, nourrissent ce travail et permettent de préciser ce que ces textes révèlent des formes de la mémoire et des modalités de sa transmission. 

Dans ma critique du Nom des rois, j’ai insisté sur la manière dont Charif Majdalani organise une oscillation entre deux régimes d’expérience : d’un côté, la rêverie solitaire et presque mythologique de l’enfance ; de l’autre, l’irruption brutale de la guerre civile qui déchire cette continuité imaginaire. J’y montrais comment l’écriture « se tient dans l’espace fragile entre la splendeur et la ruine », comment la guerre fissure la fabrique narrative, et comment la phrase elle-même porte les secousses de l’Histoire. Le roman demeure extrêmement maîtrisé, ample et musical, mais sa force réside moins dans une modernisation du traitement mémoriel que dans sa capacité à faire sentir la vulnérabilité du monde par la matière même du langage. Si j’ai relevé certains effets peut-être plus traditionnels dans sa construction, c’était pour mieux faire apparaître la beauté d’un récit suspendu entre légende et effondrement. 

À l’inverse, ma critique de Passagères de la nuit soulignait la puissance politique d’une mémoire collective et descendante. Lahens ne se contente pas de représenter des trajectoires individuelles : elle active une constellation de voix féminines qui, de la servitude à l’exil, traversent la violence coloniale et postcoloniale. Dans mon appréciation, j’ai choisi d’insister sur la façon dont cette polyphonie fait surgir une mémoire qui passe moins par les archives que par les corps, les gestes et la circulation de la parole. Lahens sollicite la mémoire comme un matériau vivant, chargé d’une intensité politique singulière : une mémoire qui, loin de se borner à commémorer, devient un véritable outil d’empouvoirement, un espace où la dignité surgit malgré l’effacement. C’est, parmi les trois textes, celui qui mobilise le plus frontalement la mémoire comme force d’émancipation et comme récit fondateur d’un sujet collectif. 

Ces deux lectures font déjà apparaître un axe essentiel : Majdalani et Lahens travaillent tous deux la mémoire dans un espace de tension, mais selon des orientations inverses. Chez Majdalani, l’imaginaire se délite sous la pression de l’Histoire ; chez Lahens, c’est au contraire la profusion des voix qui répare, ou du moins rend audible, une histoire cruellement lacunaire. Dans les deux cas, la littérature devient un outil pour penser la fragilité des mondes, mais aussi leur persistance à travers la résilience des individus. 

La critique de Passage du soir, encore en cours d’élaboration, s’inscrit dans cette continuité tout en la déplaçant. Adrover propose un troisième régime mémoriel, fondé sur une transmission explicitement ritualisée. La mémoire y existe comme relation première, comme pacte narratif entre celles qui savent et celles qui reçoivent. Là où Majdalani fait résonner l’enfance solitaire et Lahens les voix collectives féminines, Adrover met en scène un passage conscient : un fil confié, un geste d’adresse qui devient la condition même du récit. Certains choix formels et le déroulement narratif, sans doute liés au fait qu’il s’agit d’un premier roman, apparaissent moins maîtrisés que chez les deux autres auteurs, mais cette spontanéité participe aussi de la sincérité et de l’énergie du texte. Cette dimension relationnelle souligne que la mémoire n’existe jamais isolée : elle circule, se fragmente, se recombine et se réinvente dans un espace partagé. 

Ainsi, mon geste critique se déploie à travers ces lectures. Il consiste à observer comment chaque texte de ce corpus élabore un régime mémoriel singulier et à quelles fins esthétiques il le mobilise. La lecture conjointe de ces trois romans, qui partagent un même horizon mémoriel tout en s’appuyant sur des dispositifs narratifs profondément distincts, permet de saisir la fragilité des récits, leur capacité à résister à l’effacement, et la manière dont la littérature rend sensibles les enjeux de la mémoire. Un regard comparatiste sur ces œuvres ne vise donc pas seulement à repérer des similitudes et des écarts : il éclaire la façon dont la mémoire devient un agent narratif, un moteur éthique et un espace politique, tout en révélant ce que les récits cherchent à préserver. 

Le tableau de Klint : sombre, avec des poissons de multiples couleurs, des formes géométriques, un bouquet de fleurs, une horloge.
Paul Klee : « Fish Magic » (« Fischmagie »), 1925, Philadelphia Museum of Art. Domaine public.

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Critique littéraire

Les entrailles de la violence

Dans la nuit du 4 juin 1967 dans la campagne fribourgeoise, cinq kilos d’explosifs militaires dérobés font voler un immeuble en éclats. Carmen meurt. Alain, son fiancé, est arrêté, jugé, condamné à sept ans de prison pour « crime passionnel ». Tout semble dit. Mais Détruire tout commence précisément là où cette évidence se referme trop vite. Non pour combler un déficit d’explication, mais pour interroger ce qui, dans un ordre social donné, permet que la destruction soit pensée, nommée, et finalement neutralisée. 

« [C]’est le rapport du geste et du milieu, du geste et de la terrible attraction d’un pays sur lui, d’une famille, d’une époque, où tous font tout pour qu’il advienne dans la caricature du geste, en effet, qu’il finit par devenir, c’est la distorsion de ces mains musiciennes devant l’énigme de la beauté – l’impuissance hystérique de l’homme viril, l’hystérie masculine si l’on veut – et tout bancal que ce soit, c’est cela qu’il convient de dire. »

Le fait divers n’est donc pas traité comme un événement isolé, encore moins comme une énigme à résoudre. Bernard Bourrit l’aborde comme un point de condensation : une époque, un pays, des habitudes de jugement s’y trouvent pris ensemble. Il ne s’agit ni d’excuser ni de comprendre « l’homme », mais de déplacer le regard, de quitter l’événement pour observer les cadres sociaux, institutionnels et symboliques qui le rendent lisible, et donc supportable. 

Autour d’Alain, le récit déplie un monde sans relief spectaculaire : l’enfance à la ferme, la pauvreté, l’alcoolisme du père, les impasses scolaires, la modernisation subie, les fêtes de village, l’entrée dans le couple. Rien n’est exceptionnel, et c’est précisément ce que le livre met en cause. La violence ne surgit pas comme une rupture, mais comme une continuité. Alain n’est ni héroïsé ni excusé ; il apparaît façonné par des assignations multiples, sans que cette inscription sociale n’abolisse la responsabilité de l’acte. 

La relation entre Alain et Carmen cristallise cette critique. Le couple n’est pas présenté comme un drame intime, mais comme un dispositif de normalisation. Sous les apparences de l’amour et du choix individuel, s’y rejouent des rapports de domination de genre et de classe. Carmen n’est pas effacée, mais le texte rend sensible la manière dont la rumeur, les non-dits et les discours judiciaires déplacent insidieusement la faute vers elle. Le mot « féminicide » n’apparaît jamais, il n’existait pas alors, et cette absence agit comme un révélateur : ce que la langue ne nomme pas continue d’organiser les regards. 

Des photographies de presse jalonnent le récit. Visages, lieux, fragments d’archives visuelles apparaissent sans légende, comme autant de points d’arrêt. Loin d’éclairer les faits, elles en accentuent l’étrangeté. Ces images, apparemment neutres, rappellent que le fait divers est déjà une mise en forme, un objet de regard et de jugement. En les intégrant au texte, Bourrit n’accumule pas les preuves : il interroge les cadres médiatiques et institutionnels qui produisent du sens, et parfois de l’oubli. 

La langue singulière de Bourrit participe pleinement de ce geste. Elle ne cherche pas la fluidité mais avance par reprises, par détours, et exprime les hypothèses successives avec maitrise. Cette écriture résistante empêche toute lecture confortable. Elle oblige à demeurer dans l’inconfort du doute, là où les récits trop assurés ferment prématurément le sens. Détruire tout n’explique pas : il expose, et le récit ne propose ni réparation ni consolation. La violence demeure une impasse, le symptôme d’une dépossession plus vaste, celle des mots, du droit, des possibles. 

« oui, tu calcules bien : vingt ans d’emprisonnement + prison à vie = quinze ans d’incarcération, qui font sept, à la fin. »

La peine, dérisoire au regard du crime, ne referme rien : elle agit comme un révélateur brutal de la légèreté institutionnelle avec laquelle cette violence est jugée, nommée et, en grande partie, neutralisée. 

Détruire tout ne se referme pas sur une résolution, mais sur un trouble persistant. C’est précisément là que réside sa force : dans sa capacité à laisser le lecteur face à ce qui résiste, à ce qui ne se pacifie pas. En refusant les cadres rassurants du récit explicatif ou de la morale, Bourrit impose une lecture exigeante, parfois inconfortable, mais profondément stimulante. La force du texte réside dans cette tension même : il ne cherche ni l’adhésion ni la consolation, mais engage une confrontation lucide avec la perception du lecteur, avec sa manière de juger et de tolérer la violence, délivrant ainsi une confrontation rare et percutante.


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Critique littéraire

Dans les nuits de l’histoire

Le récit s’ouvre dans les années 1840, dans la Louisiane coloniale. Elizabeth Dubreuil, fille d’affranchis d’origine haïtienne, vit à La Nouvelle-Orléans sous la tutelle du propriétaire blanc Maurice Parmentier. Ayant jeté son dévolu sur elle, il tente à deux reprises de la violer. Elizabeth, en quête de justice et de dignité, se venge : déguisée, elle l’attaque et le blesse grièvement. Cet acte de rébellion précipite son exil vers Haïti. Mais plus que le geste, ce sont ses résonances que scrute Lahens : à travers celui-ci se déploie tout un héritage de domination, de silence et de violence sexuelle.

Autour d’Elizabeth gravitent d’autres femmes : sa mère Camille, enfermée dans la maison familiale comme dans une cage dorée ; surtout, sa grand-mère Florette, dont le récit remonte aux origines de la lignée. Exilée, violée, arrachée à sa mère, Florette a connu la cale du bateau négrier, la servitude et les avortements forcés. Lahens refuse pourtant d’en faire une figure sacrificielle : la douleur devient chez elle une lucidité aiguë, un savoir transmis de femme en femme. Dans cette mémoire descendante, la survie n’a rien d’héroïque ; elle est une résistance intérieure, faite de dignité et d’attention au monde :

« Parce que le maître est persuadé que tu ne sais rien, que tu n’es rien. Alors tu le laisses à sa foi trompeuse. Cette foi fait ton affaire. Son ignorance est ta force. »

En tissant ces voix, Lahens rejoint une généalogie littéraire où les femmes sont les gardiennes de la mémoire collective. Passagères de la nuit s’articule autour d’une figure centrale des littératures antillaises : le « poto-mitan », cette femme-pilier qui maintient l’équilibre malgré la défaite. Si l’on retrouve chez elle le créole, la prière et le rituel, Lahens s’écarte du lyrisme épique : elle écrit contre l’héroïsme masculin, au plus près de la fatigue et du silence.

La seconde partie du roman s’ouvre à Haïti, plusieurs décennies plus tard, sur la voix de Régina Jean-Baptiste, qui, dans son lit de mort, revisite son existence. Fille de domestique, ancienne esclave devenue marchande, elle incarne une résistance plus discrète, mais tout aussi inébranlable. Dans une longue adresse posthume à son amant, le général Corvaseau, fils d’Elizabeth Dubreuil, Régina déroule sa vie entre oppression et désir, humiliation et amour.

Ce récit, plus introspectif, adopte une langue poétique, presque incantatoire. Les morts y parlent, les songes s’entrelacent au réel, et la mémoire devient un espace spirituel. Le merveilleux n’adoucit rien : il souligne au contraire le tragique d’une condition. En confrontant rêve et Histoire, Lahens montre le paradoxe d’une liberté arrachée au prix d’une nouvelle hiérarchie sociale, celle de l’île d’Haïti au XIXᵉ siècle, un territoire marqué par la violence et les survivances coloniales

Lahens écrit ainsi contre le mythe d’une république noire unifiée. Son roman révèle les fractures d’une société née de la révolution haïtienne, où la pigmentation, le lieu de naissance ou le degré d’ascendance africaine orientent encore les destins. Le « miracle » haïtien s’effrite, mais demeure la dignité. Régina, comme Florette et Elizabeth avant elle, appartient à la lignée des « passagères de la nuit » : femmes sans gloire, mais non sans grandeur.

Par la densité de son écriture, Lahens redonne chair à une parole longtemps confisquée, et dans les nuits de l’Histoire, ces voix murmurent, se souviennent, et de ce murmure naît une mémoire collective à l’épreuve des violences les plus profondes. Lahens ne recoud pas le passé : elle en écoute les tremblements, dans la chair, la parole et les silences. La douleur y retrouve ses nuances, et les femmes, leur présence.

En restituant à l’esclavage et à l’après-esclavage leurs voix féminines, Lahens accomplit un geste essentiel : rendre aux marges le droit de dire l’Histoire. De la cale du bateau à la maison Dubreuil, du marché de Port-au-Prince au lit de mort de Régina, la romancière tisse une polyphonie d’ombres et dresse une mémoire sans monument. Dans cette nuit qu’elles traversent, les femmes de Lahens ne demandent pas la lumière : elles la portent.


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Critique littéraire

Du mic au roman

« J’ai une dégaine d’ado et une tête d’Arabe. » Ainsi se présente Raïzo, héroïne solitaire qui vit en marge d’une Lausanne grise et nerveuse. Trentenaire cabossée, elle survit grâce à une culture illégale de cannabis et un réseau de « dead drops » — ces boites aux lettres mortes utilisées pour des livraisons clandestines. Jusqu’au jour où une organisation opaque la propulse dans un jeu d’espionnage aux ramifications globales.

La narration s’ancre dans une langue directe, vive, nourrie d’oralité et de colère, qui porte l’empreinte de son autrice. Le texte impose un rythme soutenu, traversé d’images brutes et porté par la gouaille d’une voix qui refuse de plier. Raïzo incarne à la fois la débrouille quotidienne et une forme de résistance sociale, mais cet équilibre fragile bascule rapidement dans une enquête périlleuse. Le roman interroge la condition de ceux que la société relègue à ses marges, et la ténacité avec laquelle ils refusent d’y disparaitre, même si le récit n’échappe pas à quelques clichés du roman d’espionnage, à un jargon informatique convenu et à une construction un peu heurtée.

Dead Drop offre une fresque moderne où la technologie, omniprésente, devient un véritable champ de bataille : outil d’émancipation pour celles et ceux qui savent s’en saisir, moyen de réinventer des formes de solidarité et de résistance, mais aussi instrument de contrôle, de surveillance et de domination, où s’expose la violence sourde d’un monde hyperconnecté. C’est dans cette tension que La Gale inscrit son geste littéraire : rugueux et imparfait, mais vibrant d’une énergie politique percutante.


https://wp.unil.ch/ateliercomparatiste/charles-chevalley/
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Analyses et métaréflexions

Mémoires critiques : retour réflexif

J’ai rédigé des courtes critiques littéraires portant sur quatre ouvrages d’auteurs et autrices suisses : La Longe de Sarah Jollien-Fardel, Je me réveillerai un matin sous un ciel nouveau d’Anne Brécart, La Danse des pères de Max Lobe et Glace morte de Walter Rosselli.

Pour réaliser ces critiques, j’ai d’abord eu l’idée de m’inspirer de certains courants critiques majeurs (par exemple le structuralisme ou la psychocritique) et d’appliquer à chacune des œuvres de mon corpus une approche spécifique. Or, j’ai rapidement constaté la difficulté de ce genre de commentaire, ainsi que le manque de souplesse qu’il entraîne, en restreignant la lecture à une seule grille d’analyse. En effet, ces théories critiques empêchent parfois de pouvoir mentionner, au besoin, des observations qui sortent de leur cadre propre ou de celui des domaines auxquels elles s’intéressent. Ces réflexions ont été menées en même temps que la lecture d’un ouvrage de Jean Starobinski, La Relation critique, dans lequel l’auteur genevois valorise précisément une approche critique qui se construit en fonction de l’œuvre à commenter. Rien ne sert de vouloir appliquer une théorie prédéterminée à l’œuvre littéraire, celle-ci qui appelle à des analyses relevant de divers domaines en fonction de sa construction, de sa forme ou de sa thématique. J’ai donc abandonné cette première idée au profit d’une lecture plus attentive à la spécificité de chaque ouvrage.

Pour garder une certaine cohérence entre mes différentes critiques, j’ai finalement décidé de rechercher une thématique commune entre les œuvres commentées, pour pouvoir analyser et comparer la manière dont elle exploite ce motif. Ce fil directeur a été celui de la mémoire et du souvenir. Thème majeur de ces quatre ouvrages, le travail ou la recherche mémorielle touchent tous les personnages qui prennent part à ces récits. Qu’ils soient dans un instant de crise, un moment de vie intense ou une période de remise en question, tous tentent de se rappeler un passé oublié, ou au contraire de faire le deuil d’évènements de vie révolus mais encore trop présents. À leur manière, ces ouvrages disent tous l’importance de la mémoire et déclinent comment le souvenir peut devenir une arme contre le présent (Je me réveillerai un matin sous un ciel nouveau), un barrage contre l’oubli (La Longe) ou une remémoration qui permet d’avancer (La Danse des pères). Ainsi et dans toutes mes critiques, j’ai tenté d’inclure quelques lignes ou quelques paragraphes sur ce sujet, pour mettre en lumière la manière originale et singulière dont chaque récit traite cette thématique.

Sur le plan méthodologique, j’ai dans un premier temps sélectionné mes lectures en parcourant les publications récentes. Certains ouvrages m’ont tout de suite attirée et m’ont donné l’idée de développer cette thématique mémorielle. J’ai choisi les deux derniers en fonction de celle-ci, en cherchant des ouvrages qui abordaient également cette question. Par la suite et après une lecture et une annotation attentives des œuvres, j’ai toujours tenté d’établir un premier plan général avant de commencer la rédaction. En déterminant par avance les éléments que je voulais aborder, et en sélectionnant certaines citations, il m’était ensuite plus simple d’entamer mon commentaire. L’étape de la réécriture a été également essentielle. Avec les commentaires des enseignants de l’Atelier, j’ai pu retravailler mes différentes critiques, ajouter des éléments pertinents et reformuler des passages qui manquaient de précision et de clarté.

Quelques difficultés sont apparues au fil de la rédaction. La première fut de trouver le juste équilibre entre résumé de l’ouvrage et analyse critique, notamment sans trop dévoiler l’intrigue. Par exemple, dans le cas de ma critique sur La Longe, il m’a fallu trouver la bonne formulation pour la fin de mon commentaire, pour exprimer clairement mon jugement tout en conservant une part de mystère sur le dénouement de l’œuvre. La deuxième difficulté est celle de garder en tête que le potentiel lecteur de la critique n’a pas forcément lu l’ouvrage, et n’a donc pas accès aux divers éléments de forme et de contenu mentionnés dans le commentaire. Cela nécessite d’être toujours précise et explicite pour que les différentes observations et analyses soient claires et toujours accessibles. Enfin et parce que cette pratique était nouvelle pour moi, il m’était parfois difficile de justifier mes impressions de lecture, et surtout de savoir quels éléments méritaient d’être invoqués pour le faire. Cependant et au fil des lectures et des rédactions, cette sélection est devenue de plus en plus facile.

Malgré ces quelques difficultés, j’ai trouvé cet exercice très enrichissant et formateur. Il m’a permis d’expérimenter une pratique qui n’est pas fréquente dans le cadre d’études universitaires, en réunissant des outils d’analyse textuelle à une approche plus subjective.

Bibliographie

Ouvrages

– BRÉCART Anne, 2025, Je me réveillerai un matin sous un ciel nouveau, Chêne-Bourg, Zoé.

– JOLLIEN-FARDEL Sarah, 2025, La Longe, Paris, Sabine Wespieser.

– LOBE Max, 2025, La Danse des pères, Chêne-Bourg, Zoé.

– ROSSELLI Walter, 2025, Glace morte, Genève, Slatkine.

Littérature secondaire

– STAROBINSKI Jean, 1970, La Relation critique, Paris, Gallimard.