Chloé Falcy livre un récit qui articule brillamment deux périodes biographiques et deux passions de l’artiste Eugène Gabritschevsky : le début de sa carrière et sa maladie, l’art et les insectes. La Mécanique des ailes retrace son enfance en Russie, marquée par son père biologiste et les premiers attraits pour le dessin. Puis, l’exil et les recherches de doctorat aux États-Unis. Le jeune Russe continue de peindre en parallèle de son travail, alors même qu’il passe son temps au laboratoire à étudier des mouches. L’autrice évoque avec sensibilité ce destin et montre bien comment les différentes facettes d’une personne peuvent coexister. Les épisodes suivants narrent le séjour final à l’hôpital psychiatrique, tandis qu’Eugène Gabritschevsky, devenu patient, semble plus serein que jamais. Qui des scientifiques frénétiques ou de l’homme enfermé sont les plus sains d’esprit ? Tout au long de son récit, l’autrice lausannoise évoque l’expérience de la folie à travers des visions kafkaïennes inquiétantes. Ces insectes, qui enthousiasment tant le scientifique, prennent de plus en plus de place dans le récit, jusqu’à l’internement. Finalement, ces ambivalences se résoudront dans un mouvement salutaire vers l’art. Riche et précis, l’ouvrage déploie tout le potentiel de la fiction inspirée par une vie réelle.
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Scientifique fou ou peintre de génie
Dans La Mécanique des ailes, Chloé Falcy retrace la vie du scientifique Eugène Gabritschevsky, devenu une figure majeure de l’art brut. Une existence marquée par la recherche, la peinture et la maladie mentale.