Portrait des frères Grimm accompagné de Blanche-Neige et de La Belle au bois dormant, figures centrales de l’analyse menée dans ce projet.
Ce projet mêle recherche et fiction. En se fondant sur des travaux académiques, il propose des entretiens imaginaires avec Blanche-Neige et la Belle au bois dormant, afin de réinterroger les représentations féminines véhiculées par ces deux contes des frères Grimm. Cette démarche a pour but de sensibiliser un public plus large à ces enjeux culturels.
Témoignage touchant d’une infertilité, Rêves d’azote de Claire May esquisse le tableau d’une réalité où il semble plus ardu de tomber enceinte que de mettre au monde, où il paraît « plus difficile de parvenir à recevoir la vie que de la donner » (p. 43). Dans ce double objectif, une série de gestes minutieux et presque obsessionnels rythme les soirées de la narratrice : maintenir l’aiguille à bonne température, purger la dose avec exactitude et s’injecter des hormones avant de se coucher, le bas du ventre parsemé de traces de seringues. En attendant le futur espéré d’un battement de cœur nouveau, elle s’évade dans la chaleur estivale de la Ligurie, un exemplaire d’Au bonheur des morts de Vinciane Despretsous le bras. Aussi subtil qu’inspirant, l’essai philosophique explore les liens inextricables entre les vivants et les morts. En écho avec celui-ci, Rêves d’azote interroge avec justesse notre rapport à l’absence, qu’il s’agisse des personnes qui ne sont plus là ou de celles qui n’existent pas encore.
Entre l’espoir de devenir mère et la crainte de ne jamais l’être, Claire May restitue avec une sensibilité rare le quotidien fragile et intime d’une femme confrontée à l’incertitude de l’avenir. Si l’écriture apparaît comme une manière de résoudre l’énigme d’une existence mise en suspense, c’est parce qu’elle devient un espace matriciel dans lequel écrire, c’est (re)naître.