Comprendre les «guerres culturelles», au-delà des slogans

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«Wokisme», «cancel culture», «fake news», «climatoscepticisme»: ces expressions occupent une place centrale dans les débats publics, circulant dans les médias, sur les réseaux voire dans les salles de classe. Leur omniprésence témoigne d’une transposition de la conflictualité politique et sociale sur le terrain du langage, de l’identité, des idées, des mœurs et de la morale. «Aujourd’hui, le pouvoir passe par les mots et les récits. L’enjeu de l’affrontement consiste à exercer un contrôle narratif, celui de la signification, des représentations et des mythes dominants», résume Charles-Antoine Courcoux. Maître d’enseignement et de recherche à la Section d’histoire et esthétique du cinéma de l’Unil, il consacrera, le 19 mars 2027, une journée de formation à la question, intitulée «Rhétorique médiatique et guerres culturelles: le rôle des médias dans la construction des normes sociales et politiques».

Aux côtés d’Éléonore Lépinard, professeure au Centre en études genre de l’Unil, il décortiquera la manière dont des thématiques comme le genre, la sexualité et la “race” sont devenues les terrains privilégiés de ces affrontements symboliques. Pour mettre en lumière ces mécanismes, le duo s’appuiera sur des exemples tirés de films de superhéros et de comédies romantiques comme de publicités, de discours politiques, de séries télévisées. «Autant d’espaces où se fabriquent et se diffusent les représentations collectives», rappelle-t-il.

La formation, qui mise résolument sur le concret, démarre cependant avec un apport théorique. «Il importe de transmettre les outils et concepts transversaux permettant d’analyser aussi bien le champ sociopolitique que des séquences filmiques et télévisuelles», souligne-t-il. À la clé, une meilleure compréhension du rôle des médias dans la construction des normes sociales et politiques.

Des connaissances qu’il s’agira ensuite d’éprouver sur le terrain, de manière à «voir comment le pouvoir s’obtient autour de la maîtrise de la signification», précise-t-il. Cette partie pratique aura lieu sous forme d’ateliers. Parmi les études de cas proposées, l’une sera consacrée à l’évolution des figures masculines de la culture populaire depuis les superhéros des années 2000 jusqu’à la représentation de Donald Trump dans les médias. Une autre s’intéressera à la façon dont les œuvres audiovisuelles négocient les normes dominantes, notamment à travers les récits mettant en scène des relations entre femmes d’âge mûr et hommes plus jeunes.

Destinée à un large public actif dans l’enseignement, la formation, la politique comme dans les industries culturelles et médiatiques, cette journée de formation continue vise à fournir des clés de lecture permettant d’amorcer une réflexion autour des enjeux de ces guerres culturelles contemporaines. À chacune et chacun ensuite d’intégrer ces paramètres dans sa propre pratique.

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