Évaluation du cursus 2022 – constat n°2

Évaluation des enseignements par les étudiant·e·s (EEE)

30% des répondant·e·s estiment que la procédure d’évaluation des enseignements (modules et enseignant·e·s) par les étudiant·e·s n’est pas (ou plutôt pas) utile pour s’exprimer sur la qualité de l’enseignement et que le fait d’évaluer les modules n’est pas (ou plutôt pas) utile pour améliorer la qualité de l’enseignement.

Ils/elles ont l’impression d’être entendu·e·s mais pas écouté·e·s, dans le sens où ils/elles ont le sentiment qu’ils/elles ont des occasions de donner leur avis, mais qu’il n’est pas ou peu pris en compte (30 commentaires).

Concernant les EEE, des étudiant·e·s émettent des doutes sur leur impact et la prise en compte des remarques faites ; ils/elles souhaiteraient avoir un retour sur les résultats et les éventuelles adaptations apportées à la suite des EEE (22 commentaires).

Par rapport aux questionnaires d’évaluation des modules, des étudiant·e·s souhaiteraient voir plus systématiquement des zones de commentaires et des questions sur chaque enseignant·e, considérant le questionnaire standard trop « global ». Cela leur semble d’autant plus important qu’ils/elles ont parfois l’impression qu’il n’y a que les « bon·ne·s » intervenant·e·s qui soumettent un questionnaire pour l’évaluation de leur enseignement (24 commentaires).

© Andrii Yalanskyi | Dreamstime.com

La réponse de l’EM
L’impact des EEE peut en effet vous paraître peu visible. Néanmoins, la réalité est toute autre: soyez convaincu·e·s que votre avis compte et qu’il est pris très au sérieux par l’EM. Il sert d’outil de pilotage pour l’amélioration continue du cursus.

Au niveau du cursus
Les résultats des évaluations de cursus dans son entier (menées depuis 2021) sont discutés au sein de l’EM et permettent de déterminer les points sur lesquels agir en priorité. Une sélection de ces points, et les actions d’amélioration y relatives, sont ensuite publiés dans la présente newsletter Feedback.

Au niveau des modules
Les évaluations de module sont également systématiquement discutées avec la Direction de l’EM et des actions sont planifiées chaque année pour améliorer les modules.


Exemples de changements à la suite des évaluations de modules et de vos remarques :

1/ Les enseignements de physique dans le module B1.1 ont été intégralement revus et restructurés à la suite de plusieurs évaluations négatives.

2/ Idem en ce qui concerne l’enseignement de chimie du module B1.1 : il a été réduit sur la base d’une analyse des besoins et une enseignante sera remplacée à partir de la rentrée d’automne 2023.

3/ Suite à votre constat de redondances entre les enseignements de pathologie des modules B2.1 et B2.2, des cours ont été déplacés du module B2.2 au module B2.1 et la coordination entre les intervenant·e·s a été accrue afin d’améliorer la cohérence de l’enseignement de la discipline.

4/ Le séminaire de délibération éthique dans le module M2.2 sera adapté dès la rentrée académique 2023-2024 au profit de davantage d’interaction et d’un recentrage sur des thématiques d’éthique.


La version standard d’un questionnaire d’évaluation de module consiste en onze questions fermées. À côté de ces évaluations de base, l’EM conduit chaque année 4-5 évaluations détaillées de module qui vous permettent de donner une appréciation globale et un commentaire sur chaque enseignant·e du module. Il faut noter que depuis 2022 et dans certains cas particuliers, l’EM offre la possibilité aux responsables de modules de rajouter des zones de commentaires dans l’évaluation standard de leur module.

Pourquoi l’EM a-t-elle choisi cette façon de procéder ? Notre objectif n’est pas de récolter un grand nombre de données qui ne seront pas utilisées, faute de moyens. L’EM souhaite mettre en place un système d’évaluation utile, raison pour laquelle nous concentrons nos ressources sur un nombre restreint d’évaluations détaillées. Nous pouvons ainsi assurer un suivi efficace dans le but d’apporter des améliorations au cursus.

Au niveau des enseignements
Pour ce qui concerne les évaluations d’enseignements qui vous sont soumises directement par les enseignant·e·s, elles se font sur leur initiative. L’EM contacte néanmoins systématiquement les enseignant·e·s mal évalué·e·s afin de leur proposer une rencontre de conseil pédagogique. Dans le cas de mauvaises évaluations répétées, des mesures peuvent être prises par les responsables de module ou de discipline, voire par la direction de l’EM.


Pour mieux comprendre

Il existe des EEE
• au niveau du cursus
• au niveau des modules
• au niveau des enseignements

Ces évaluations sont réalisées et pilotées par l’Unité de pédagogie médicale (UPMed) de l’EM.

Toutes les infos dans la fiche sur les EEE (à télécharger).


L’EM est consciente que le travail de suivi et d’amélioration des modules et des enseignements suite aux évaluations n’est pas suffisamment visible pour les étudiant·e·s ; notamment parce que les adaptations sont mises en place pour les volées suivantes.

Afin de centraliser les informations pertinentes, l’EM a créé une page web sur les EEE qui vous est destinée. Vous y retrouverez la fiche pédagogique, le fonctionnement des EEE, les résultats de l’évaluation de cursus, ainsi que les newsletters Feedback.


L’EM a travaillé en étroite collaboration avec l’AEML et les délégué·e·s de volée pour mettre en place un nouveau processus d’évaluation impliquant les délégué·e·s de volée, les responsables de module, ainsi que l’EM. Désormais, les délégué·e·s de volée rencontreront systématiquement les responsables de module pour leur donner un retour et identifier ensemble des pistes d’amélioration concrètes. Après ces rencontres, les délégué·e·s contacteront l’EM pour faire un bilan semestriel et discuter des suites à donner.

Nous vous invitons donc à faire remonter vos éventuelles remarques et suggestions sur l’enseignement auprès de vos délégué·e·s de volée.


En parallèle, l’EM a rencontré le responsable formation (RF) de l’AEML dans le but de mettre en place des actions de visibilisation des EEE et de leur utilité. À la suite de cette rencontre, plusieurs mesures ont été prises :

  • L’envoi d’un email à tous les étudiant·e·s à la fin du semestre d’automne 2022 par le RF de l’AEML pour expliquer l’utilité des évaluations de module. Il est prévu de réitérer cet envoi chaque année.
  • Les emails provenant de l’EM ne semblant pas être un canal optimal pour contacter les étudiant·e·s, les délégué·e·s ont relayé les liens des questionnaires d’EEE sur le groupe WhatsApp des volées.

Ces actions ont déjà pu montrer leur efficacité, avec une amélioration des taux de réponse aux évaluations de module. Nous vous en remercions !

Évaluation du cursus 2022 – constat n°1

Le manque d’informations sur la formation postgrade

Comme en 2021, plusieurs étudiant·e·s relèvent la difficulté de trouver des informations pertinentes sur la formation postgrade (assistanat, formations FMH, doctorat, postulations, possibilités de partir à l’étranger, etc.). Ce constat est corroboré par la question sur les outils disponibles pour s’orienter dans leur futur parcours professionnel : 35% disent ne pas (ou peu) les posséder.

© Arne9001 | Dreamstime.com

La réponse de l’EM
Pour mieux comprendre les raisons de ce constat ainsi que les attentes et les besoins des étudiant·e·s, un focus group avec les délégué·e·s des trois volées de Master a été organisé début décembre 2022. L’EM a ensuite rencontré l’École de formation postgraduée FBM – UNIL / CHUV qui a pour mission de structurer la formation postgrade des médecins tout en veillant à assurer une cohérence avec la formation prégraduée. Il en est ressorti différentes pistes d’amélioration, dont la réforme du Forum Carrières Médicales (FCM) pour la rentrée 2023-2024.

Réforme du Forum Carrières Médicales (FCM)

Le FCM est actuellement composé d’une séance plénière et d’ateliers adressés aux étudiant·e·s en MMed1. Ce format est appelé à évoluer de la façon suivante:

Séance plénière – le programme de cet après-midi en auditoire est revu en faveur d’une séance d’information générale sur les débouchés après le Master. Elle permettra de faire le tour de l’offre de formation postgrade et son fonctionnement.

Le nouveau programme intégrera des informations très pratiques telles que «comment postuler?», une présentation sur les doctorats MD et MD-PhD, ainsi qu’une discussion sur la conciliation vie professionnelle-vie privée.

La séance sera enregistrée et mise à disposition sur le site de l’EM, afin que tou·te·s les étudiant·e·s (en particulier celles et ceux en mobilité out) puissent y avoir accès.


Ateliers – toujours très appréciés, ces ateliers offrent l’opportunité de discuter et de poser directement des questions aux représentant·e·s des disciplines. Seul bémol à ce tableau, le format utilisé jusqu’ici ne permet d’explorer qu’un nombre limité de disciplines.

L’EM propose de transformer ces ateliers en réel « Forum » : chaque discipline disposera d’un stand animé par un·e intervenant·e, avec une présentation sous la forme d’un poster précisant toutes les informations pertinentes pour le processus de postulation. En parallèle, des présentations en auditoire des disciplines « majeures » (p.e. médecine interne, pédiatrie, chirurgie) seront organisées; davantage d’étudiant·e·s pourront ainsi accéder aux informations spécifiques de ces disciplines. Ces ressources seront par la suite disponibles sur le site de l’EM.


Par ailleurs :

  • L’École de formation postgraduée FBM-UNIL / CHUV va proposer activement aux étudiant·e·s en Master de participer à Medifuture qui a lieu chaque année début novembre à Berne.
  • La page internet de l’EM contenant les informations sur la formation postgrade a été renommée « Après le Master ». Elle subira de profondes améliorations dans les mois à venir, dans le sillage de la réforme du FCM.
  • Nous vous rappelons de ne pas hésiter à contacter les responsables de discipline pour avoir des réponses à vos questions sur la formation postgrade !

Hommage aux pionnières et aux pionniers !

L’histoire de la mobilité en médecine à Lausanne n’aurait pas pu s’écrire sans l’enthousiasme et la ténacité de deux pionniers : Mme Antoinette Charon et le Pr Jean-Pierre Wauters, respectivement responsable des relations internationales à l’UNIL et vice-Doyen responsable de la mobilité à la Faculté de médecine*. Une demi-Belge et un Belge pour qui il était évident que la Suisse devait participer à cet élan international entamé autour des années 1990 avec le programme Erasmus. Les liens et le réseau international qu’ils ont créés il y a trente ans restent le socle de la mobilité actuelle et un héritage précieux pour l’École de médecine.

Antoinette Charon © UNIL, Felix Imhof

« Au commencement, il n’y avait rien ! » raconte Antoinette Charon. « Le programme Erasmus est apparu dès la fin des années 1980 avec un budget conséquent, mais il a fallu commencer par créer une mobilité en Suisse où aucune équivalence n’existait entre les différentes universités », poursuit-elle. L’ECTS (European Credits Transfer System) apparaît ensuite très rapidement ; il fallait trouver un système de crédits qui facilite la reconnaissance de période d’études entre institutions européennes, et l’UNIL y participe activement dès le départ en déposant les candidatures des filières HEC et médecine pour un projet pilote européen doté de gros moyens.

« Au commencement, il n’y avait aucune équivalence entre les universités »

Antoinette Charon
Pr Jean-Pierre Wauters © droits réservés

Une fois sélectionnée, la Faculté de médecine se doit d’envoyer des étudiant·e·s dans des universités choisies par la Commission européenne. « C’était l’enthousiasme du côté des étudiant·e·s. S’ils n’étaient qu’une vingtaine la première année, ils étaient très rapidement 50 à 60 étudiant·e·s à partir, soit près de la moitié de la volée de l’époque ! » se souvient le Pr Jean-Pierre Wauters. C’est une aubaine pour la Faculté de médecine* qui participe ainsi en pionnière au système des crédits ECTS et tisse son réseau à travers toute l’Europe grâce à l’engagement de son vice-Doyen en charge de la mobilité. Antoinette Charon témoigne : « Cela a boosté Lausanne ! Les étudiants de retour de mobilité ont partagé et transmis leur enthousiasme aux suivants ».

« Cela a boosté Lausanne ! Les étudiants de retour de mobilité ont partagé et transmis leur enthousiasme aux suivants »

Antoinette Charon

Nord, Sud, Est, Ouest : la carte de l’Europe ne doit exclure personne et c’est ainsi que Lausanne a pu découvrir l’excellence de la formation proposée en Suède ou en Espagne, pour ne citer que ces deux exemples. À l’interne, les réactions ont été très réservées auprès de certains professeurs. « Les destinations ont parfois été qualifiées de bizarres ou d’improbables », se souvient en souriant celle qui a affronté réticences et préjugés. Qu’à cela ne tienne ! La mobilité européenne est en route, portée par l’engouement des étudiant·e·s.

Le vote de décembre 1992 sur l’Espace économique européen coupe brutalement l’élan. L’exclusion de la Suisse n’empêche toutefois pas le lent développement de la mobilité vers l’Europe. Il a fallu pour cela mettre sur pied des accords complexes, parfois au cas par cas. Celle que tous appellent désormais Mme Erasmus se souvient : « Aidées par les étudiants et par toutes les personnes de bonne volonté, les universités ont tapé sur la table du Conseil fédéral, pour obtenir l’argent nécessaire pour payer les bourses dans les deux sens : pour les Suisses qui partaient et pour les Européens qui venaient étudier en Suisse. Aucune université n’aurait accepté un étudiant suisse sans le principe de réciprocité ».

Pr Laurent Schild © UNIL, Felix Imhof

Puis est arrivé le processus de Bologne, lancé en 1999. « Avant Bologne, le curriculum de médecine proposait une année sans examen, après le 3e propédeutique. C’était l’année idéale pour proposer une mobilité » rappelle le Pr Laurent Schild, responsable de la mobilité à l’École de médecine durant près de quinze ans. « On s’est rapidement rendu compte que, même avec peu de contrôle de la part de l’École, les étudiants jouaient le jeu et suivaient les cours dans leur université d’accueil. Il n’y avait en effet pas de signaux alarmants, lisibles dans leurs résultats aux examens finaux », explique-t-il. Et de poursuivre : «L’expérience d’avant Bologne nous a permis de maintenir la mobilité malgré les nouvelles contraintes liées à Bologne. Sinon, cela aurait été un frein total ! Nous avons été portés par les étudiants qui souhaitaient garder cette opportunité. La mobilité était déjà entrée dans leur curriculum et faisait déjà partie de l’attractivité du cursus lausannois».

« Les nouvelles contraintes liées à Bologne auraient été un frein total sans l’expérience récoltée avant. Nous avons été portés par les étudiants qui souhaitaient garder cette opportunité. »

Pr Laurent Schild

L’adaptation au système de Bologne a nécessité une réforme majeure du cursus ; il n’était plus possible de maintenir une 4e année sans évaluation et il a fallu dès lors exiger des crédits au retour de l’année de mobilité. « Nous avons dû trouver un moyen de tenir compte de l’offre et des contraintes de l’université d’accueil. Notre expérience nous permettait d’avoir une vision claire de ce qui pouvait être de la responsabilité de l’étudiant. Au final, nous avons trouvé une stratégie profitable aux étudiants, sans pénaliser celles et ceux qui partaient. À nouveau, les statistiques ont démontré qu’il n’y avait pas plus d’échecs à l’examen fédéral chez les étudiants partis en mobilité ».

Parallèlement, Antoinette Charon est très active au plan international sur le front du processus de Bologne. Elle en devient l’ambassadrice pour la Suisse. Le processus aboutit en 2010. Un an plus tard, la Suisse est de retour dans le programme Erasmus avec un statut de membre de plein droit. Mais pour la responsable des relations internationales de l’UNIL, l’histoire vécue en 1992 se répète le 9 février 2014 avec l’acceptation de l’initiative « contre l’immigration de masse ». La réplique ne se fait pas attendre et au lendemain du vote, Bruxelles restreint l’accès de la Suisse au programme de recherche européen Horizon 2020 et au futur Erasmus+. Les séances de la Commission européenne se déroulent désormais sans les Suisses qui trouvent porte close à Bruxelles ; une exclusion qu’Antoinette Charon pourra partiellement contourner de par ses contacts privilégiés et son énergie constructive. Dans l’année qui suit, le Service des relations internationales de l’UNIL renégocie individuellement 400 contrats avec quelque 220 universités, un travail titanesque. La Suisse se dote dans l’urgence du programme SEMP (Swiss European Mobility Programme) pour pallier son exclusion du programme Erasmus. Sept ans plus tard, le succès de la mobilité OUT à l’École de médecine ne se dément pas. On aurait presque oublié tous les aléas de la mobilité des étudiant·e·s suisses vers l’Europe de ces 30 dernières années. L’abandon de l’accord-cadre en mai 2021 est là pour nous rappeler la fragilité de la position suisse dans l’Espace européen de l’enseignement supérieur (EEES).

Un grand merci à tous ces pionnier·e·s, ainsi à tous les acteurs et actrices actuel·e·s, qui ont permis et permettront encore à des générations d’étudiant·e·s lausannois·e·s de vivre l’Aventure de la mobilité !

* La Faculté de médecine est devenue la Faculté de biologie et de médecine en 2003 avec, comme corollaire, la création de plusieurs écoles, dont l’École de médecine.