Géomorphologie de la montagne froide

Christophe Lambiel, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

La Montagne froide s’installe dans ce site destiné aux enseignants de gymnase et à plusieurs autres publics.

Entretien avec Christophe Lambiel, Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre, sur le site de ressources d’enseignement Géomorphologie de la montagne froide.

Quelles ont été les motivations pour la mise en ligne de ce site ?

La Société suisse de géomorphologie avait mis en ligne en 2009 le site Géomorphologie de la montagne – Fiches pour l’enseignant destiné à mettre à disposition des enseignants du secondaire II et d’un plus large public, des connaissances de base sur la géomorphologie de montagne. Après 10 ans de bons et loyaux services, cette ressource commençait à devenir obsolète tant au niveau de la forme que du contenu. 

La Société suisse de géomorphologie a donc engagé une révision et une refonte complète du site en collaboration avec les Universités de Lausanne et de Fribourg, ainsi que les bureaux d’étude Relief et Geoazimut.

L’objectif de cette révision a été de documenter largement les domaines de la géomorphologie glaciaire et périglaciaire (nommées « montagne froide » dans ce contexte) qui sont les zones pour lesquelles les quinze dernières années ont entraîné des évolutions conséquentes en lien avec le réchauffement climatique. Les textes originaux ont été revus et complétés par de riches illustrations et de nombreuses données actualisées. Des fiches d’activités directement utilisables par les enseignants du secondaire II ont également été ajoutées.

Les différentes moraines présentes en rive gauche du glacier de Tsijiore Nouve, Arolla. Photo Sébastien Ruttimann

Le site regroupe un nombre considérable de données, illustrations etc… D’où proviennent-elles ? 

Le monitoring régulier des zones de montagne froide a débuté dans les années 2000. Au moment de la première version du site, il y avait encore peu de données à disposition et peu de recul sur ces données. 

L’augmentation de la densité des lieux équipés de capteurs et l’arrivée de nouveaux outils de monitoring tels que les drones, les GPS permanents ou les webcams ont amené la possibilité d’avoir davantage de données précises et en temps réel sur le comportement des glaciers et des formes périglaciaires (glaciers rocheux en particulier). Le site a bénéficié de l’apport de ces données, qui sont d’ailleurs pour partie mises à disposition des personnes en charge de la surveillance des risques en région de montagne. 

La Suisse a donc la chance de pouvoir compter désormais sur un réseau de surveillance de son domaine alpin (glaciers et permafrost notamment) qui est à la pointe grâce au matériel engagé et à la densité des sites de monitoring.

Certaines données sont issues de liens sur des site actualisés régulièrement, mais au vu de l’évolution actuelle du climat et des milieux alpins, il est vraisemblable qu’une nouvelle mise à jour sera nécessaire dans une dizaine d’années. 

Quelle est l’implication spécifique de la FGSE dans ce projet ?

La FGSE a dès le début grandement contribué à ce projet en élaborant une partie des textes et des illustrations. Elle contribue également à l’acquisition des données mises à disposition via les recherches effectuées dans le domaine de la géomorphologie glaciaire et périglaciaire. Pour cette nouvelle version, Emmanuel Reynard (Prof. IGD) et moi-même avons révisé une partie des textes produits. La conception du site a été réalisée par deux bureaux privés dont font partie d’anciens doctorants de la FGSE.

Quel est le public visé ? Est-ce que ces ressources pourront être utilisées dans le cadre des cursus de la FGSE ?

En premier lieu le site vise les enseignant.e.s du secondaire II pour lesquels des fiches d’activités détaillées et des chapitres d’enseignement ont été mis à disposition. 

Le site a l’avantage d’avoir plusieurs niveaux de lecture. Ainsi des notions générales accessibles à un large public peuvent être lues et comprises par tout un chacun pour mieux connaître la montagne. Puis des approfondissements et des données scientifiques permettent d’aborder des notions plus pointues. Ceci permet d’utiliser cette ressource pour les étudiant.e.s de bachelor de FGSE, ou pour des mises à niveau destinées à des étudiant.e.s de master n’ayant pas suivi le cursus en géomorphologie à l’UNIL.

Les professionnels de la montagne font aussi partie du public cible. Ils peuvent également en retour fournir de nombreux renseignement sur l’évolution du milieu dans lequel ils travaillent. 

Le complexe sédimentaire de Tsarmine (Arolla), associant glacier, glacier couvert, glacier rocheux et marge préglaciaire. Photo Jean-Baptiste Bosson

A-t-on déjà des retours suite à la mise en ligne ? 

Pas encore de retours formels. L’information de la mise à disposition de cette ressource a été effectuée auprès des enseignant.e.s du secondaire II par exemple via le Geoagenda et auprès de différents publics via la Société Suisse de Géomorphologie. Comme le site actuel consiste en une révision d’un site existant, il est déjà bien connu et utilisé par les milieux concernés.

De la publicité a été effectuée auprès de collègues français, avec des retours très positifs, et une version en allemand est envisagée.

Pourrait-on imaginer des démarches similaires pour d’autres domaines de la géographie ou des géosciences et y a-t-il déjà des projets dans ce sens ?  On pourrait imaginer une même démarche dans les domaines de la géologie ou de la botanique pour décrire des milieux dans lesquels le public évolue et qu’il observe régulièrement.

Des sites d’informations destinés à différents publics tels que celui-ci peuvent contribuer à la sensibilisation aux enjeux des changements climatiques, particulièrement visibles dans le milieu alpin.

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