Una lettura (post-)marxista delle tensioni identitarie contemporanee La transizione urbana ticinese

Thèse soutenue par Mosè Cometta, le 17 décembre 2019, Institut de géographie et durabilité (IGD)

Notre époque est caractérisée par un retour des questions identitaires dans l’arène politique. Celles-ci menacent la stabilité des institutions et leur capacité à faire face collectivement à de nouveaux défis, et empêchent une planification commune.

Cet ouvrage analyse les fondements des tensions identitaires dans une perspective socio-spatiale. En effet, la société est interconnectée avec l’espace qu’elle produit et qui la produit à son tour. La transition urbaine des années 1980 à 2010 dans le canton du Tessin (Suisse) est utilisée comme cas d’étude. Ce travail se concentre sur l’évolution de la gouvernance du tourisme et de l’aménagement du territoire – deux réalités qui contribuent à une meilleure compréhension de la façon dont les institutions imaginent et façonnent le territoire et la société.

Des cas concrets sont également étudiés : les invasions touristiques en 1981 et 2017 et l’opposition au projet du Parc Adula, et permettent de souligner une importante asynchronie discursive entre institutions cantonales et une partie des habitants. Les politiques publiques sont perçues par ces derniers comme des agressions, des intrusions et des tentatives d’oppression contre le libre développement de la communauté locale. Les institutions ont donc perdu, en raison de leur approche néolibérale et managériale, une partie de leur légitimité et leur capacité à agglomérer de manière proactive les différentes sensibilités.

L’analyse du cas du Tessin fait ressortir des éléments importants qui sont ensuite approfondis dans la conclusion avec des apports théoriques. L’asynchronie discursive est un des problèmes les plus graves de la gouvernance contemporaine. Elle est due d’une part à la rapidité des phénomènes liés à la transition urbaine, qui empêche une maturation adéquate des repères identitaires et, d’autre part, à l’approche néolibérale, réductionniste et économiste des institutions publiques, qui ne permet plus de comprendre les revendications symboliques et affectives.

Afin de surmonter cette asynchronie, il est nécessaire de reconstruire un terrain d’entente commun à travers un nouveau pacte social. Toutefois, certaines précautions sont nécessaires. Il est tout d’abord essentiel d’abandonner l’idée d’une résolution définitive de chaque conflit : une structure institutionnelle saine et résistante devrait être consacrée à leur arbitrage. Il s’agirait de créer les conditions permettant aux institutions d’accueillir le débat public, plutôt que de simplement renforcer la position hégémonique excluant les minorités. Pour parvenir au pluralisme institutionnel et réconcilier le tissu social, il est nécessaire d’oeuvrer pour combler – au moins en partie – les asynchronies discursives.

Cette thèse permet de faire ressortir plusieurs notions sur lesquels un débat public devrait avoir lieu, tel que les questions liées à la justice spatiale, à l’équilibre territorial, à la formation minimale requise ainsi que la notion de citoyenneté. Ce travail n’apporte donc pas de solutions figées mais indique l’orientation que devrait prendre ces débats et les questions qui devraient être traitées afin de reconstruire un terrain d’entente épistémologique et culturel, nécessaire pour relégitimer les institutions et rendre la société plus facilement gouvernable. Ce projet s’inscrit donc en tant que revendication et adaptation au sens large de l’idéal socialiste.

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