Le Laboratoire Droit & Littérature est ravi de partager deux appels à contributions en Droit & Littérature :
- « Les figures de jurisconsultes dans la littérature latine » : Cette journée d’études est co-organisée par notre collègue et membre du réseau « Les jeunes chercheur-se-s en Droit & Littérature », Cécile Margelidon.
- Résumé : La culture juridique appartient à Rome de plein droit à la culture littéraire : les ouvrages de littérature antique intègrent de fait documents, questionnements et vocabulaire juridiques. Si l’étude des relations entre loi et littérature connaît un essor important à travers le mouvement « Law and literature », développé surtout aux Etats-Unis et dans le cadre des études portant sur les littératures moderne et contemporaine, et qu’en France, plusieurs projets d’ampleur, conviant divers spécialistes d’horizons différents, existent d’ores et déjà, nous avons pu constater le peu d’études diachroniques et synthétiques portant sur la présence du droit dans la littérature latine antique. Les travaux portant sur le lien entre littérature et droit dans l’Antiquité s’intéressent actuellement davantage à la possibilité d’utiliser les textes latins comme source fiables du droit que sur l’analyse littéraire de l’insertion de ces savoirs juridiques dans les textes, laissant ainsi le champ de l’étude de la présence du droit dans la littérature latine largement inexploré. (…) La deuxième journée d’études, organisée à l’Université de Tours, en mai 2027, propose de mettre en question spécifiquement les figures des jurisconsultes dans la littérature latine. Ces derniers sont d’abord, sous la République, des hommes politiques engagés dans des activités militaires ou civiles. Selon la tradition rapportée par Pomponius dans son Enchiridion, le premier à proposer des consultations de droit est Tiberius Coruncanius, consul en 280 av. J.-C. Lui succèdent Sestus Aelius et son frère Publius Aelius, ainsi que Publius Atilius. Cet ouvrage, aujourd’hui perdu et également connu sous le titre de ius Aelium, est présenté comme le « berceau du droit » par Pomponius (cunabula iuris). Il contenait le texte des XII Tables avec un commentaire, son interpretatio, ainsi que les legis actiones, formules de la procédure judiciaire. L’époque augustéenne voit l’émergence de juristes professionnels. Dans le cadre de cette journée d’études, notre objectif sera de nous interroger sur la façon dont la littérature latine pense, utilise et dessine des figures de jurisconsultes et, à travers elles, reconfigure la représentation de l’évolution du droit à Rome et de ses enjeux ; inversement, nous aimerions aussi porter à la réflexion des philologues les figures des jurisconsultes telles qu’elles apparaissent dans les textes juridiques, en considérant la dimension littéraire de leurs textes. Une attention sera ainsi portée, tout d’abord, à l’écriture des portraits de jurisconsultes dans la littérature latine antique : comment ces derniers sont-ils construits, comment apparaissent-ils (actes, paroles, interactions avec les autres personnages), comment leur autorité est-elle bâtie par le récit ? Quel type de portraits (encomiastiques, polémiques ou satiriques) trouve-t-on ? Quels sont leurs modèles ? Là où la recherche antérieure les a surtout étudiés comme des magistrats ou des historiens, alors qu’ils étaient aussi des juristes reconnus (Caton l’Ancien, Publius Mucius Scaevola, Coelius Antipater, Publius Rutilius Rufus, Quintus Aelius Tubero), quels apports peut apporter une relecture de ces figures au prisme de leur carrière juridique ? Un deuxième axe de réflexion portera sur le rôle de ces portraits dans la littérature latine : quel est leur rôle dans une diégèse ? Confèrent-ils au texte une autorité, ou permettent-ils une subversion ? Peuvent-ils comme le Trebatius Testa des Satires d’Horace contribuer à la définition d’un art poétique ? De quel détournement comique font-ils l’objet ? Dans quels contextes autres que juridiques interviennent-ils spécifiquement ? Quelles sont les figures de l’auteur en juriste ? Si l’on s’intéresse à leur action, quelles affinités peut-on constater avec l’interpretatio des grammairiens ? Quels sont les points de contacts ? Les méthodes de lecture des textes sont-elles comparables ? Comment les jurisconsultes lisaient-ils les textes ? Enfin, nous nous demanderons comment ces juristes peuvent, au sein de la littérature latine antique, figurer comme protagonistes d’une histoire de l’évolution du droit. Comment certaines figures, comme celle de Publius Mucius Scaevola, apparaissent-elles comme fondatrices ? Les contributions pourront porter sur les différentes époques de la latinité, classique et tardive, afin de dresser le panorama de cette évolution. La problématique que nous développons est au cœur des recherches contemporaines en littérature, marquées par la revalorisation des rapports avec les disciplines techniques, mais aussi par l’intérêt pour les questions de stylistique et de rhétorique.
- Modalités de soumission: Les propositions d’une longueur maximale de 200 mots et assorties d’une brève notice biobibliographique sont à envoyer à Marine Miquel (marine.miquel@univ-tours.fr ) et Cécile Margelidon (cecile.euler@ens.psl.eu).
- Date-limite d’envoi des propositions : 15 janvier 2027
- Retour des avis aux auteurs : 15 février 2027″
- Plus d’informations ici.
- 2e appel à contributions : Cet appel est organisé par Simon Stern qui propose un appel à contributions intitulé « Law, Culture & Humanities ». Tous les détails sont à retrouver sous ce lien.