Équipe opérationnelle 2026
Federico Pierotti est professeur associé en histoire des techniques cinématographiques à la section d’histoire et esthétique du cinéma de l’Université de Lausanne. Ses travaux portent notamment sur l’histoire et l’esthétique de la couleur au cinéma, les dispositifs optiques, ainsi que sur les relations entre visible et invisible. À la croisée de l’histoire du cinéma, des études visuelles et de l’archéologie des médias, ses recherches interrogent les seuils du visible à travers un corpus composé de films, de photographies, d’appareils et de sources techniques. Son projet actuel est consacré aux images infrarouges et ultraviolettes, qu’il étudie dans une perspective historique, intermédiale et épistémologique.
La question des dispositifs est au centre des recherches de Maria Tortajada. Elle se décline selon différents axes : des travaux théoriques et méthodologique autour de l’épistémologie des dispositifs comme des micro- et macro-dispositifs; une recherche de fond pour le projet Marey/Bergson sur les dispositifs de vision 1900 ; une recherche spécifique sur les dispositifs chez Alfred Jarry, entre photographie et cinéma ; des articles qui abordent de manières diverses la question des dispositifs, notamment sous l’angle du pouvoir.
L’ouvrage paru en espagnol en 2025 et co-écrit avec François Albera, El dispositivo no existe, réunit principalement des approches théoriques. Différents articles sont par ailleurs accessibles en français, anglais, italien ou espagnol (vois ci-dessous). La quatrième de couverture de cet ouvrage résume le projet qui est le nôtre du point de vue méthodologique :
« Quand on pense « dispositif », on pense assemblage technique, militaire, légal, spectaculaire, représentationnel. On pense à Michel Foucault et aux dispositifs de pouvoir ; on pense, si on s’en tient au champ du cinéma, à la théorie des dispositifs des années 70. Dispositif peut être un synonyme de média. Un média-objet, qui met en relation et qui fonctionne. Mais il est encore plus que cela. Il devient dans cet ouvrage un assemblage de dispositifs, de pratiques, de techniques, de théories, de concepts, qui permettent de saisir tout moment historique à partir des interactions multiples qui le constituent. L’épistémologie des dispositifs présentée ici est d’abord une méthode héritée de l’épistémologie française des sciences : Bachelard, Canguilhem, Simondon. Et si l’on peut dire que le « dispositif n’existe pas », c’est parce que la méthode nous fait échapper à l’objet concret, matériel, voire imaginaire, pour reconstruire des réseaux de relations qui dessinent les conditions de possibilité de notre expérience. L’épistémologie des dispositifs est une épistémologie des médias alternative. Elle dépayse les médias. En interaction avec le domaine qui se dessine sous le nom de culture visuelle, et proche des archéologies des médias, cette méthode permet d’aborder tout dispositif représentationnel qu’il relève de la scène théâtrale ou de la télévision, de l’internet ou des jeux vidéos, quels que soient les sens auxquels la représentation fait appel, quel que soit le moment historique abordé ».
Historien du cinéma, Stéphane Tralongo mène des recherches sur le cinéma des premiers temps, l’archéologie des médias et l’histoire des techniques et des pratiques du cinéma. Dans ses travaux, il mobilise régulièrement une approche en « dispositifs » des médias, faisant intervenir des éléments liés à l’histoire spatiale et architecturale des lieux de production et de consommation d’images animées (jardins, théâtres, music-halls, grands magasins, etc.). Plus récemment, il a intégré à sa réflexion sur les dispositifs une composante atmosphérique, visant à mieux rendre compte des conditions environnementales et climatiques de fonctionnement des médias.
Assistant diplômé auprès de la Section d’histoire et esthétique du cinéma de l’UNIL, Noé Maggetti consacre sa thèse de doctorat aux représentations de dispositifs de vision et d’audition dans la culture médiatique autour de 1900. Dans ce cadre, il s’intéresse à la manière dont des appareils mettant en relation une instance spectatorielle et une représentation sont utilisés par des écrivains, des scientifiques, des journalistes ou encore des opérateurs de cinématographe pour produire de la narrativité au sein de leurs productions.
Membres actifs·ves du groupe de recherche
Alain Boillat a recouru à la notion de « dispositif » dans une perspective d’archéologie des médias pour étudier la place de la voix vive au sein de spectacles audiovisuels (lanterne magique, cinéma des premiers temps) ou dans le cadre de technologies d’enregistrement et de télécommunication (phonographie, téléphonie, visiophonie), puis il a élargi cette approche basée sur les modalité d’interactions entre l’humain et la machine en interrogeant les liens, définitoires de la collection « Emprise de vue » qu’il dirige chez l’éditeur Georg, entre les technologies (numériques) représentées à l’écran (y compris dans des séries TV) et les moyens filmiques mobilisés (en termes d’effets visuels, de récit, de connotations genrées, etc.), en particulier au sein du genre de la science-fiction. Il s’est ainsi récemment attaché à retracer certaines filiations entre l’histoire des représentations de la technologie dans le (pré)cinéma parlant et les logiciels de communication ou les agents conversationnels recourant à l’intelligence artificielle.
Guilherme Machado est chercheur post-doctorant et Premier assistant à la Section d’Histoire et Esthétique du Cinéma de l’Université de Lausanne. Ses recherches portent sur la culture visuelle institutionnelle du travail et les dispositifs de production/transmission de savoirs liés au travail, comme les dispositifs pédagogiques d’orientation professionnelle des écoliers et de formation de la main d’œuvre dans les entreprises, qui impliquent une multiplicité de médias. Il mène actuellement une recherche sur la « propagande du travail » dans les anciens empires coloniaux en Afrique (1910-1960), en particulier sur les usages du cinéma et d’autres médias pour le recrutement de la main d’œuvre dans les mines d’Afrique australe. Son approche du dispositif met en avant la notion d’espace d’observation, suivant laquelle un dispositif de vision est considéré comme tel non seulement quand il offre une « représentation visuelle » de la réalité, mais lorsqu’un ensemble d’agents matériels, technologiques et discursifs donnent lieu à un régime d’observation particulier.
Assistante diplômée à la Section d’histoire et esthétique du cinéma de l’UNIL, Jeanne de Roquefeuil consacre sa thèse à l’intermédialité du motif de la vague dans les arts et les médias autour de 1900. Elle étudie les défis que ce phénomène naturel a posés aux dispositifs de vision qui ont cherché à en capturer l’image, et examine comment leurs évolutions techniques et épistémologiques ont transformé les modes de représentation et de perception des vagues.
Michael Wagnières est assistant diplômé à la Section d’histoire et esthétique du cinéma de l’Université de Lausanne. Il est également membre du GameLab UNIL-EPFL. Ses travaux portent sur le médium vidéoludique, observé sous un angle historique, narratologique et intermédial. Sa recherche doctorale est consacrée d’une part à la disparition des manuels papier, d’autre part à l’intégration progressive des didacticiels et autres modalités d’assistance au sein des jeux vidéo. Dans le cadre de cette recherche, il mobilise les théories lausannoises du dispositif, en réadaptant pour ce médium le triangle du dispositif – spectateur, machinerie, représentation – et en étudiant une configuration particulière (le « dispositif domestique », à savoir les jeux vidéo distribués sur console de salon et/ou sur ordinateur).
