Avec portant bas nos ombres, Mary-Laure Zoss nous offre un texte poétique consacré au sans-abrisme. Issu d’une première version écrite pour une performance de la Compagnie lausannoise iéto en 2023, le texte a été retravaillé et enrichi des dessins de l’illustratrice Ena Lindenbaur. Un poème court et percutant sur le poids de la précarité et de l’exclusion sociale.
Vivre dans la rue, c’est vivre en marge de la société dite « normale ». Le recueil met en évidence le regard porté sur les personnes sans-abri, réduites à des ombres ou des silhouettes devant lesquelles on fuirait comme en présence de fantômes. Il montre que la déshumanisation des personnes précaires tient en ce qu’elles symbolisent : une défaite, l’échec de ce que la société attend d’un·e « bon·ne citoyen·ne ». Il souligne que la violence de la rue ne se limite pas à l’insécurité matérielle et montre qu’elle s’exprime aussi, de façon plus insidieuse, dans le regard des autres et le mépris social.
La suite sur Viceversa Littérature, où cette critique a été publiée le 15 décembre 2025.