En analysant l’activité acoustique de la barbastelle en hibernation, des chercheurs de l’Unil ont remarqué qu’elle ne passait pas tout son temps à dormir, loin de là…

© Michel Genoud

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Michel Genoud, collaborateur scientifique externe à l’Unil pour le Département d’écologie et évolution (DEE), a participé à la pose d’enregistreurs à ultrasons dans la Grotte aux Fées de Vallorbe (VD). But de l’opération: écouter le petit mammifère volant aux grandes oreilles. Deux ans d’étude durant la saison froide, d’octobre à avril, ont permis de récolter près de 40 000 séquences acoustiques, répertoriées ensuite sous la forme de spectrogrammes. Les algorithmes qui devaient identifier les cris d’écholocalisation de la barbastelle (Barbastella barbastellus) présentant des failles, le chercheur en a analysé une partie visuellement. «Utiliser les cris pour faire du monitoring présente un avantage considérable, car cela aide à détecter les espèces qui se trouvent dans un endroit donné sans devoir les capturer, relève-t-il. Nous avions quelques indications qui laissaient imaginer que la barbastelle restait relativement active en hiver. Nous avons donc voulu l’observer sur une colonie locale.»
Dépense d’énergie
Grâce à des dispositifs de détection installés à l’entrée et à l’intérieur de la chambre principale de la grotte vaudoise, l’équipe de l’Unil a découvert que la chauve-souris était en effet très occupée. «La barbastelle se réveille probablement plus que la plupart des autres espèces durant l’hibernation, déclare Michel Genoud. Cela signifie qu’elle dépense beaucoup d’énergie et utilise plus rapidement ses réserves de graisse, réalisées à la fin de l’été et au début de l’automne. Et surtout, cela soulève un certain nombre de questions auxquelles nous n’avons pas encore de réponses.» À savoir, pourquoi se réveille-t-elle régulièrement? Est-ce à des fins sociales, pour boire, pour manger ou encore uriner? «L’activité était concentrée à l’intérieur de la chambre principale, souligne le biologiste. Des crottes produites en hiver, trouvées sur place et analysées, étaient bien celles de barbastelles.
Par ailleurs, il n’est pas exclu qu’elles se nourrissent aussi dans la grotte, qui abrite de nombreux lépidoptères, leurs proies préférées.» Toutefois, peu de papillons sont actifs à cette période, alors que l’espèce n’avale normalement que des insectes en plein vol. «Parmi les papillons présents dans la grotte, Triphosa dubitata reste particulièrement actif quand il fait froid. Mais les barbastelles sont-elles capables de prélever ce lépidoptère? Cela pourrait les aider à équilibrer leur bilan d’énergie hivernal.» De futures investigations permettront peut-être de lever une partie du mystère qui entoure les occupations saisonnières de cette chauve-souris moyenne (d’environ 5 cm et 10 g) de grande envergure (environ 25 cm) potentiellement menacée.
Winter Activity of the Western Barbastelle (Barbastella barbastellus, Chiroptera) at a Hibernation Site in the Swiss Jura. Paru dans Acta Chiropterologica Vol. 27 N°1 (2025).
doi.org/10.3161/15081109ACC2025.27.1.002
Article principal: La reproduction mystérieuse des chauves-souris
