Le sommeil à travers les âges a fait l’objet de nombreux travaux. Celui des enfants beaucoup moins. Constatant cette lacune, Manon André a choisi d’y consacrer un livre en se concentrant sur l’époque moderne, soit les années 1500 à 1800. Il s’agissait de définir avant tout la notion même d’enfance et ses limites. Face à la diversité des concepts, l’auteure a finalement retenu cinq étapes conduisant du statut de nouveau-né (premiers jours après la naissance) à l’adolescence (de 14 à 25 ans). Quant à ses sources, très variées, elles furent aussi bien théoriques (les ouvrages relevant de la médecine et de la pédagogie) que pratiques (les règlements, les cahiers de recettes ou de remèdes, les lits et les berceaux).
Quelles que soient les époques, il existe des considérations qui n’ont guère changé. Comme la conscience que les enfants ont besoin de dormir beaucoup plus que leurs aînés. Sur le dos? Sur le côté? Certaines questions, également, n’ont pas cessé d’alimenter les débats, et ce jusqu’à nos jours. On vous fera donc grâce des interminables discussions sur la meilleure position pour coucher son nourrisson. Dans la période qui nous intéresse, la pratique du bercement et le recours aux berceuses furent elles aussi l’objet de controverses.
Et quand ça ne marche pas? Quand l’endormissement ne survient pas? C’est là que les choses se corsent et s’avèrent les plus intéressantes. Traitant, dans la troisième partie de son livre, des troubles du sommeil chez les petits, l’auteure relève que la cause de l’insomnie se voit parfois attribuée au (mauvais) lait de la nourrice, et à son régime de vie. Pour la traiter, l’usage de narcotiques semble rarement préconisé. En revanche, la musique et les chansons sont chaudement recommandées ou, plus original, un dispositif permettant de faire couler de l’eau goutte à goutte d’un récipient dans un autre. / Mireille Descombes

Ça chauffe, et ça ne s’arrange pas
Réalisé par cinq chercheurs de l’Unil et l’EPFL, cet ouvrage traite du changement climatique. Après en avoir posé les bases scientifiques, notamment grâce à des graphiques, le texte détaille les conséquences des bouleversements en cours, pour l’environnement et pour les sociétés humaines.
Les impacts observables en Suisse sont détaillés avec de nombreux exemples, de la diminution des jours de gel (-60% depuis 1961) jusqu’à la diminution des débits des rivières alimentées par les glaciers, ces derniers disparaissant rapidement. Les forêts et l’agriculture sont aussi concernées. En été, le manque d’eau, en particulier entre 1000 et 1500 mètres, a un impact sur la production fourragère. En plaine, la sécheresse modifiera le choix des cultures: le maïs et la betterave pourraient céder leur place à la patate douce ou au sorgho.
La dernière partie de l’ouvrage expose la manière très inégale dont les changements affectent les sociétés. Sans surprise, les populations les plus pauvres s’avèrent les plus vulnérables. La notion de «justice climatique» fait d’ailleurs l’objet d’un chapitre entier. / DS

Zoom sur la police
Quelle est l’histoire de la police, en Suisse? Comment est-elle organisée? Comment a-t-elle changé, de ses missions à ses équipements, au gré des évolutions sociales, politiques, technologiques et juridiques? Cet ouvrage fait le point sur un monde marqué par le fédéralisme.
La criminalité en Suisse est présentée dans un panorama. Cette dernière demeure faible. Ainsi, le nombre d’homicides consommés s’avère stable depuis 2011 (0,5 pour 100 000 habitants), soit l’un des plus bas au monde. Pour les auteurs, chiffres à l’appui, la tendance est à une diminution de la violence dans la société contemporaine. Les infractions contre le patrimoine suivent globalement la même direction, même si cela remonte depuis 2022. Daniel Fink explique que, en outre, «les armes à feu ne sont que très rarement utilisées par les agents de police en Suisse» (deux fois en 2023, contre 86 pour le taser).
Des pages sont consacrées à un thème d’actualité, celui de la légitimité de la police, et par conséquent de la confiance que la population lui accorde. Celle-ci s’avère forte dans notre pays, même si des critiques négatives face à certaines méthodes d’interventions jugées disproportionnées se font entendre. / DS

