Le soleil sur Terre, une source d’énergie: la fusion

Mardi 24 janvier 2017 de 18h30 à 20h

Le soleil sur Terre, une source d’énergie: la fusion

Conférence du Dr. Yves MARTIN, Swiss Plasma Center, EPFL

EPFL, Swiss Plasma Center (SPC), bâtiments PPB (conférence) et TCV (visite). Rendez-vous à l’entrée du bâtiment PPB. Accès métro M1, arrêt EPFL. Places de parc à proximité des bâtiments (libres le soir). Plan d’accès.

Durée: 45’ pour la conférence et 45’ pour la visite.

Conférence et visite publique – Entrée libre


Résumé de la conférence

La fusion d’atomes légers constitue la source de l’énergie qui nous provient du Soleil. Reproduire une étoile sur Terre fournirait à l’humanité une énergie propre, sûre et abondante. Les physiciens du Swiss Plasma Center (SPC) de l’EPFL étudient comment porter ces atomes légers aux températures nécessaires, de l’ordre de 100 millions de degrés, en exploitant les propriétés de la nature telles que celles fournies par les plasmas et les champs magnétiques.

Après avoir introduit les notions de base, le Dr. Yves MARTIN, Adjoint du Directeur au SPC, présentera les contributions du SPC aux divers projets internationaux ainsi que la feuille de route visant à mettre en œuvre cette source d’énergie. Ensuite, la visite guidée permettra une description plus détaillée des techniques utilisées dans cette installation de recherche unique au monde.


Le conférencier

Dr. Yves MARTIN

Yves Martin a fait ses classes dans la région de Vevey, a étudié la physique à l’EPFL (1981-85) et a fait une thèse en physique des plasmas au CRPP (Centre de Recherches en Physique des Plasmas, ancien nom du SPC). Après un post-doc à San Diego (USA, 1992-93), il est revenu au CRPP afin de poursuivre ses travaux de recherche dans le domaine de la fusion. Depuis 2008, il est en charge de l’administration, des services techniques et de la communication du SPC.

Plantes, microorganismes et roches : leurs relations fascinantes pour piéger du CO2 dans les sols tropicaux

Lundi 5 décembre 2016 à 20h

Plantes, microorganismes et roches : leurs relations fascinantes pour piéger du CO2 dans les sols tropicaux

Conférence du Prof. Eric VERRECCHIA, Université de Lausanne

Auditoire XIX, Palais de Rumine (5ème niveau), Lausanne.

Conférence publique – Entrée libre

Cette conférence est organisée en partenariat avec la Société académique vaudoise.


Résumé de la conférence

La majorité des travaux actuels sur le cycle du carbone continental s’attache pour l’essentiel à sa branche organique, la question tournant autour de comment augmenter la préservation de matière organique dans les sols sur le long terme. Or, en domaine tropical, l’essentiel du cycle du carbone organique se situe dans les tout premiers centimètres du sol, disqualifiant ainsi toute accumulation profonde et durable significative. Pourtant, le carbone peut aussi être stocké sous forme minérale : le calcaire. En Afrique tropicale existent des espèces d’arbres qui sont associés à des accumulations calcaires bio-induites. Cauchemars de certains bucherons qui y brisent leurs scies, ces arbres biominéralisateurs accumulent dans leurs tissus et les sols des cristaux d’oxalate de calcium et de carbonate de calcium. De fait, l’oxalate de calcium, sel organique naturel sous-produit de l’activité photosynthétique de l’arbre, est issu du CO2 atmosphérique. Bactéries et champignons du sol vont se charger de transformer ce sel organique en roche, c’est-à-dire en calcaire. Pour deux carbones issus du CO2 atmosphérique, un sera transformé en roche, puits durable. Cette transformation particulière a deux conséquences immédiates importantes : elle contribue évidemment à piéger du CO2 mais elle modifie aussi les conditions géochimiques des sols, en particulier son acidité, avec des effets inattendus sur la qualité des ressources édaphiques. Bien qu’observées dans des conditions actuelles, ces propriétés biogéochimiques de l’écosystème pourraient bien expliquer la présence d’accumulations de calcaire dans des systèmes fossiles, pourtant coupés de toutes sources de calcaire.

En conclusion, il apparaît aujourd’hui fondamental de s’intéresser de plus près au cycle minéral du carbone et non plus seulement à sa branche organique. De plus, la voie oxalate-carbonate démontre une fois de plus que la vie reste une force géologique incontournable si l’on veut comprendre l’évolution de la Terre au cours de sa longue et tumultueuse histoire.


Le conférencier

Prof. Eric VERRECCHIA

Biogéochimiste et sédimentologue spécialiste des sols et paléosols, Eric Verrecchia est professeur à l’Institut des Dynamiques de la Surface Terrestre (IDYST), institut rattaché à la Faculté des Géosciences et de l’Environnement de l’Université de Lausanne. Auteur de nombreuses publications dans les domaines des sciences du sol, de la sédimentologie continentale, et de la biogéochimie, il s’intéresse particulièrement aux cycles couplés du carbone et du calcium à la surface des continents, cycles actuels et passés. Il est aussi l’un des fondateurs du Master en Biogéosciences des Universités de Lausanne et Neuchâtel.

Cycle conférences 2016

Cycle de conférences 2016

Les parasites et leurs hôtes: une guerre sans merci

Jeudi 3 novembre 2016 – 18h30
Un parasite c’est qui, c’est quoi et ça sert à quoi?


Jeudi 10 novembre
2016 – 18h30
Pourquoi certains parasites modifient le comportement et l’apparence de leurs hôtes?


Jeudi 17 novembre 2016 – 18h30
Microbes: amis ou ennemis?


Jeudi 24 novembre 2016 – 18h30
Immunité sociale chez les fourmis: une question de coopération


Jeudi 3 novembre 2016 – 18h30
Un parasite c’est qui, c’est quoi et ça sert à quoi?

Prof. Philippe CHRISTE, Université de Lausanne

Auditoire XIX de zoologie, Palais de Rumine
(5ème niveau), Place de la Riponne 6, Lausanne

Résumé de la conférence

Ce sont ces questions à priori simples et naïves que nous aborderons lors de cet exposé en lien direct avec l’exposition : Parasites ! L’exposition qui démange du Musée cantonal de zoologie. Nous verrons que ces questions sont en fait complexes et qu’il n’y a pas de réponses simples… tout étant une question de définition. Les parasites sont généralement perçus comme des êtres répugnants et à combattre. Nous verrons que ce n’est pas le cas de tous les parasites et qu’ils ont forcé leurs hôtes à trouver de belles inventions pour lutter contre leurs attaques. Le mode de vie particulier du parasitisme a été inventé dans quasiment tous les grands groupes d’animaux et certains exemples spectaculaires, notamment de cycles complexes impliquant plusieurs hôtes seront présentés. Les deux acteurs de l’interaction hôte-parasite ont trouvé des trésors d’imagination pour se faire une guerre sans merci. Nous passerons en revue plusieurs cas de parasitisme illustrant cette course aux armements que se mènent hôtes et parasites. Un accent particulier sera mis sur le cas des parasites sanguins transmis par des vecteurs arthropodes et les résultats de recherches originales menées à l’Université de Lausanne et au Musée cantonal de zoologie sur la malaria aviaire et celle des chauves-souris seront présentées. Les ectoparasites ne seront pas en reste, notamment des petits acariens de chauves-souris qui nous renseignent sur la vie secrète de leurs hôtes ailés dont les mœurs restent encore bien souvent mystérieux.

Retour en haut


Jeudi 10 novembre 2016 – 18h30
Pourquoi certains parasites modifient le comportement et l’apparence de leurs hôtes?

Prof. Thierry RIGAUD, Université de Bourgogne

Auditoire XIX de zoologie, Palais de Rumine
(5ème niveau), Place de la Riponne 6, Lausanne

Résumé de la conférence

Si l’on considère qu’environ la moitié des espèces vivantes sont des parasites, on ne peut que faire le constat de leur énorme influence sur le monde vivant. Par définition, les parasites vivent aux dépens de leurs hôtes. On sait donc depuis longtemps qu’ils induisent de nombreuses « maladies » et peuvent mettre la survie de leurs hôtes en danger. La perception que nous en avons est très négative, et, à l’heure la plupart des activités humaines prennent en compte la préservation de la biodiversité, les groupes parasitaires sont les seuls pour lesquels les êtres humains recherchent activement l’extinction (choléra, peste, malaria, etc. sont autant de maladies parasitaires dont on cherche à se débarrasser).

Et pourtant… Les parasites peuvent être source de phénomènes biologiques extraordinaires.

Pourquoi certaines fourmis se mettent-elles à ressembler à des fruits mûrs ?

Pourquoi certaines crevettes ne fuient-elles pas devant leurs prédateurs ? Pourquoi certains escargots prennent-ils l’apparence de chenilles ? Pourquoi certains rats sont-ils attirés par les chats ? Pourquoi enfin certains grillons se suicident-ils en se jetant à l’eau ?

On a découvert récemment que ces phénomènes sont contrôlés par des parasites hébergés par ces organismes.

L’objet de cette conférence sera donc de décrire comment la sélection naturelle a pu façonner les caractères « manipulateurs » de ces parasites. Nous parlerons de l’utilité de ces caractères pour les parasites et des conséquences (souvent néfastes, mais pas seulement !) chez leurs hôtes.

Nous irons ensuite plus loin, en nous posant deux questions : (1) Quelles sont les conséquences de ces phénomènes extraordinaires ? Nous verrons qu’il en existe de nombreuses, négatives mais également positives, autant sur les écosystèmes que sur la santé humaine. (2) L’homme est-il victime de telles manipulations parasitaires ? Nous verrons que c’est fort possible…

Peut-être finirez-vous par vous poser la question : suis-je venu à cette conférence de mon propre gré, ou manipulé par un marionnettiste que j’abrite à mon insu ? Plus sérieusement, j’espère que vous vous poserez la question : c’est quoi « mon propre gré » ?

Retour en haut


Jeudi 17 novembre 2016 – 18h30
Microbes: amis ou ennemis?

Prof. Gilbert GREUB

Auditoire XIX de zoologie, Palais de Rumine
(5ème niveau), Place de la Riponne 6, Lausanne

Résumé de la conférence

Commensalisme et parasitisme sont deux exemples d’association ou interaction entre deux êtres vivants pendant une certaine durée de leur existence. Dans le commensalisme, l’un des protagonistes n’est ni avantagé, ni désavantagé alors que l’autre bénéficie de l’interaction. Dans le parasitisme, un des partenaires vis aux dépens de l’autre.

De nombreuses espèces colonisent l’homme en divers endroits (flore cutanée, digestive, génitale, etc.) et ces espèces sont souvent bénéfiques. Ainsi au niveau de la peau, la production d’acides gras par certaines bactéries (corynébactéries) empêche la colonisation ou l’invasion par d’autres espèces. De même, au niveau vaginal, l’environnement acide obtenu grâce à la production d’acide lactique et de bactériocines par les lactobacilles permet la suppression de la croissance d’autres espèces et réduit la colonisation par un nombre élevé de bactéries pathogènes.

Afin de préciser les notions de commensalisme et parasitisme, le Professeur Greub prendra, dans sa conférence, l’exemple de la flore intestinale. Rappelons que les bactéries dites commensales du tube digestif, qui représente environ 300 à 500 grammes de notre masse totale sont en fait de véritables mutualistes vu que les 2 partenaires bénéficient de l’association. En effet, ces bactéries commensales (i) se retrouvent dans un endroit humide, tempéré et riche en nutriment et (ii) représentent une barrière biologique contre la prolifération de certaines bactéries grâce à la production de bactériocines. Un traitement antibiotique peut modifier l‘équilibre et la composition de la flore intestinale au profit de bactéries endogènes tel que le Clostridium difficile, qui fait partie intégrante de notre microbiote, mais qui par leur nombre accru deviennent délétères, causant des colites post-antibiotiques.

Ainsi, les microbes qui nous colonisent – nous, « autobus » pour bactéries, constituent une importante barrière biologique contre les pathogènes. Cependant, étant quotidiennement exposés aux microbes présents dans l’eau et la nourriture, nous pouvons être infectés par des virus ou bactéries pathogènes causant gastroentérites ou coliques. Nous pouvons également être exposés à divers parasites : vers plats, vers ronds ou amibes. Notons cependant que l’une des caractéristiques de ces parasites est qu’ils sont associés de manière prolongée avec leurs hôtes, parfois en restant peu ou pas symptomatiques pendant des années, ce qui leur permet de vivre aux dépens de leur hôte de manière prolongée. Cette durée d’interaction différencie d’ailleurs les parasites des prédateurs …

Retour en haut


Jeudi 24 novembre 2016 – 18h30
Immunité sociale chez les fourmis: une question de coopération

Dr. Nathalie STROEYMEYT, Université de Lausanne

Auditoire XIX de zoologie, Palais de Rumine
(5ème niveau), Place de la Riponne 6, Lausanne

Résumé de la conférence

Les colonies de fourmis sont très vulnérables face aux maladies. En effet, elles vivent en groupes très denses, ce qui favorise la transmission des parasites et des maladies par contact. De plus, les fourmis d’un même nid sont génétiquement semblables et sont donc susceptibles aux mêmes maladies. Enfin, les conditions de température et d’humidité des nids de fourmis sont très stables, ce qui permet aux maladies et aux parasites de proliférer. Du fait de cette vulnérabilité, les fourmis ont développé des mécanismes de défense collective contre les maladies, qui s’ajoutent à l’immunité individuelle : c’est ce qu’on appelle « l’immunité sociale ». Ces défenses collectives comprennent des mesures permanentes, telles que l’utilisation de cimetières et de déchetteries, la médication préventive. Une autre mesure préventive consiste en la répartition des fourmis en groupes de travail distincts. Cette mesure est particulièrement importante, car elle réduit le risque de transmission des maladies entre groupes par effet d’entonnoir et protège la reine, le couvain et les jeunes fourmis des maladies provenant de l’extérieur. D’autre part, les fourmis sont capables de détecter la présence d’un parasite ou d’une fourmi malade et de réagir en conséquence. L’immunité sociale comprend donc également des mesures curatives, telles que le traitement physique et chimique des individus infectés, ou l’isolation volontaire des individus malades ou présentant un haut risque d’infection. Tous ces comportements nécessitent une coopération étroite entre des fourmis d’un même nid et sont mis en œuvre dans des contextes variés afin de limiter à la fois l’entrée et la propagation des maladies dans les nids.

Retour en haut

Capture et stockage du CO2

Lundi 3 octobre 2016 à 18h30

Capture et stockage du CO2: le bon, la brute et le truand

Conférence du Prof. Berend SMIT, Directeur de l’Energy Center de l’EPFL

Auditoire XIX, Palais de Rumine (5ème niveau), Lausanne.

Conférence publique – Entrée libre


Résumé de la conférence

La meilleure façon d’éviter l’augmentation des niveaux de CO2 dans l’atmosphère est de laisser tous les combustibles fossiles dans le sol. La plupart des scénarios énergétiques prédisent que le rôle des combustibles fossiles dans notre consommation d’énergie diminuera en termes relatifs. Cependant, ces scénarios prévoient également qu’en raison de l’augmentation continue de la consommation mondiale d’énergie, il est très peu probable qu’en termes absolus nous consommions moins de combustibles fossiles dans un avenir proche. La seule technologie viable pour atténuer les émissions de CO2 associées à ces combustibles fossiles est la capture et le stockage du carbone. Dans cette présentation, un aperçu de cette technologie est donné. En outre, cette présentation démontre comment la recherche de nouveaux matériaux peut contribuer à réduire les coûts de capture du carbone.


Le conférencier

Prof. Berend SMIT

Berend Smit est un chercheur d’origine néerlandaise. Formé aux Universités de Delft et d’Utrecht, aux Pays-Bas, passé par les laboratoires de Royal Dutch Shell, Berend Smit œuvre dans l’ingénierie chimique et biomoléculaire à l’Université de Berkeley en Californie. Il a été nommé Directeur du Centre de l’énergie, ou Energy Center de l’EPFL, en 2014. Il s’est notamment illustré par des travaux sur la capture du CO2.

Le Jardin des pharaons

Mardi 21 juin 2016 à 18h

Le Jardin des pharaons

Visite commentée de l’exposition des Musée et Jardins botaniques cantonaux par Esther Wolff, François Felber, Anne-Marie Rachoud-Schneider et Christophe Randin.

Rendez-vous à 18h à l’entrée du Musée.

Visite commentée publique – Entrée libre


Résumé de la visite

Cette exposition présente des plantes vivantes cultivées en Egypte ancienne aux Jardins botaniques et, au Musée, les très rares guirlandes de fleurs trouvées dans les tombes ainsi que des objets égyptiens. Elle décrit le travail des archéobotanistes qui ont épaulé les égyptologues et qui décodent encore aujourd’hui les restes des végétaux du passé. Finalement, elle compare les civilisations égyptienne et européenne dans leur contexte climatique et nous renvoie au monde occidental actuel dans une perspective de changements climatiques rapides.


Le Moustique dans tous ses états

Mardi 3 mai 2016 à 18h30

Le Moustique dans tous ses états

Conférence du Dr. Francis SCHAFFNER, entomologiste et chercheur associé à l’Université de Zurich

Auditoire XIX, Palais de Rumine (5ème niveau), Lausanne.

Conférence publique – Entrée libre


Résumé de la conférence

Qui n’a pas été confronté aux piqûres de moustiques Aedes lors d’une soirée d’été ou au bzzzzzz nocturne d’une femelle Culex dans sa chambre à coucher ? Avec plus de 3 500 espèces connues, les moustiques (famille des Culicides) se sont adaptés à presque tous les environnements, et restent la première cause de mortalité chez l’homme. Mais en fait, pourquoi les moustiques piquent-ils ? Quelles maladies peuvent-ils transmettre ? Comment s’en protéger et peut-on s’en débarrasser ? Comment les moustiques passent-ils l’hiver ? Sont-ils attirés par la lumière ? Ont-ils une vie sexuelle ? Observe-t-on des changements dans nos régions ? Quelle est l’influence du climat ? Mais à quoi servent les moustiques ? Ces questions font sens, particulièrement dans le contexte actuel de transmission du virus Zika. Celui-ci, tout comme les virus chikungunya et dengue, sont transmis par des moustiques invasifs Aedes, dont l’un est déjà présent en Suisse. Le moustique tigre Aedes albopictus poursuit inexorablement sa progression en Europe, tandis que le moustique de la fièvre jaune Aedes aegypti s’installe aux portes de l’Europe. Le moustique japonais Aedes japonicus, moins dangereux pour ce qui concerne la transmission de virus mais mieux adapté à notre climat, a déjà envahi presque toute la Suisse ainsi qu’une bonne partie de l’Europe. Par ailleurs, les moustiques indigènes ne sont pas en reste : les Culex sont responsables d’épidémies de virus West Nile chez les chevaux et l’homme, ou de virus Usutu chez les oiseaux, et les Anopheles peuvent transmettre le paludisme humain. Cette dernière maladie était encore transmise en Suisse au début du 20e siècle, et les Anopheles sont toujours présents. Ce contexte changeant justifie de se pencher sur le moustique, ce minuscule et meilleur ennemi…


Le conférencier

Dr. Francis SCHAFFNER

Francis Schaffner, Français, Docteur ès Sciences, est entomologiste médical et vétérinaire, spécialisé dans les moustiques, mais également les moucherons piqueurs culicoïdes et phlébotomes. Il a consacré la première partie de sa carrière à la lutte contre les moustiques et à la taxonomie en France, d’abord en Alsace, puis sur la côte Méditerranéenne. De 2007 à 2013, il a travaillé comme chercheur à l’Université de Zurich, Institut de Parasitologie, développant des programmes de surveillance et de recherche sur les insectes vecteurs. Il reste attaché à cet institut Suisse en tant que chercheur associé. Actuellement, il travaille pour Avia-GIS, une société belge de consultance, qui développe des outils pour la surveillance des vecteurs, et assiste les gouvernements et agences internationales (ECDC, EFSA, WHO) pour leur préparation au risque des maladies à transmission vectorielle. Francis a 30 années d’expérience dans la surveillance, le contrôle, la taxonomie, l’écologie des insectes vecteurs, et l’épidémiologie des maladies à transmission vectorielle humaines et animales. Il est un leader européen en matière de taxonomie des moustiques et durant sa carrière il a consacré beaucoup de temps à la formation et au développement de compétences. Il a publié plus de 130 articles scientifiques, fascicules, chapitres d’ouvrages, cédérom, et a contribué à de nombreuses conférences scientifiques à travers le monde.

L’Ephémère: un outil précieux pour la recherche?

lundi 21 mars 2016 à 18h30

L’Ephémère: un outil précieux pour la recherche?

Visite commentée de l’exposition « Aqualogue » au Musée cantonal de zoologie, par
le Dr. Jean-Luc Gattolliat, commissaire de l’exposition.

Musée cantonal de zoologie, Palais de Rumine (5ème niveau), Lausanne. Rendez-vous devant l’Ours blanc.

Cette conférence se prolongera le samedi 30 avril par une excursion au bord d’un cours d’eau afin d’observer éphémères et autres insectes aquatiques dans leur milieu naturel.

Visite publique – Entrée libre


Résumé

Depuis 35 ans les éphémères font l’objet d’études intensives au musée de zoologie. Qu’a-t-on découvert ? Pourquoi sont-ils si passionnants? Existe-il encore des perspectives de recherches?

Ce sont quelques unes des questions auxquelles nous tenterons de répondre tout en déambulant dans la salle consacrée à l’exposition temporaire Aqualogue, sous l’oeil vigilant d’un éphémère agrandi 500 fois.

La recherche sur les éphémères a débuté au musée par des travaux de faunistique et de systématique en Suisse et dans des pays limitrophes. Puis elle s’est rapidement étendue à des contrées plus exotiques. Les intrépides scientifiques du musée sont partis capturer des insectes sur toutes les latitudes : Madagascar, Israël, la Péninsule Arabique, l’Afrique du Sud, Bornéo ou la Guadeloupe. Plus d’une centaine d’espèces nouvelles ont été décrites au musée. Notre collection comprend plus d’un millier d’espèces (sur les 3493 espèces actuellement connues dans le monde), ce qui en fait l’une des collections majeures au niveau mondial. L’alpha-taxonomie (découverte et description de nouvelles espèces) est par essence une discipline de musée. Elle n’en reste pas moins une étape indispensable pour de nombreuses études et est une connaissance incontournable pour la conservation de la biodiversité.

En ne vivant qu’un seul jour, les éphémères possèdent des capacités de colonisation extrêmement limitées. Ils sont donc d’excellents sujets pour des études biogéographiques. Ils réservent tout de même quelques facéties : comment sont-ils arrivés à coloniser des îles volcaniques isolées comme Madère ou La Réunion ? Comment se fait-il que la même espèce se trouve en Afrique du Sud, à Madagascar et au Brésil ? Pourquoi n’y a-t-il que des femelles sur l’île de Vanuatu ?

Les éphémères sont parmi les insectes les plus primitifs. La reconstruction de leur phylogénie est donc un défit majeur que nous tentons de relever en utilisant des outils moléculaires et morphologiques. Ces reconstructions phylogénétiques sont également des outils précieux pour comprendre les mécanismes de colonisation et de spéciation. Elles permettent de révéler une diversité souvent insoupçonnée même pour des faunes réputées bien connues comme celle de la Suisse. Elles nous ont permis de découvrir que chaque île des Canaries possède sa faune propre. Cet endémisme insulaire est extrêmement important en terme de conservation de biodiversité.

L’extrême sensibilité de certains éphémères aux conditions environnementales en fait les témoins privilégiés de la qualité de l’eau et des changements climatiques. Ils sont donc d’excellents bio-indicateurs, utilisés notamment pour évaluer la qualité des rivières suisses.

 


Le conférencier

Dr. Jean-Luc Gattolliat

Le Dr. Jean-Luc Gattolliat est biologiste, chargé de recherches au Musée cantonal de zoologie et spécialiste des Ephémères.

Réflexions sur les sciences à l’heure de l’Anthropocène

Mardi 16 février 2016 à 18h30

Réflexions sur les sciences à l’heure de l’Anthropocène

Conférence du Prof. Jacques GRINEVALD, ancien profeesuer à l’EPFL et l’IUED de Genève

Auditoire XIX, Palais de Rumine (5ème niveau), Lausanne.

Conférence publique – Entrée libre


Résumé de la conférence

Le terme et le concept d’Anthropocène, très discutés depuis le début du 21e siècle, semblent poursuivre le débat sur la géographie et de l’écologie humaines, et la crise de l’environnement, c’est-à-dire de la perturbation de la Biosphère par la Noosphère (selon Teilhard, Le Roy ou Vernadsky).

A première vue, le thème de l’influence de l’action humaine sur la Terre et l’idée de l’Homme civilisé comme nouvelle force géologique d’un nouvel âge de la Terre, semblent prolonger la grande tradition naturaliste depuis la fameuse Septième époque de Buffon (‘Lorsque la puissance de l’homme a secondé celle de la nature’).
Mais cette impression est victime du ‘virus du précurseur’ et de la ‘logique de la rétrospection’ (Bergson, ‘La Pensée et le Mouvant’). En fait, nos sciences de la Terre et de la Vie ont connu, depuis la Deuxième Guerre mondiale et la Guerre froide, une série de révolutions épistémologiques aussi fondamentales que les sciences physiques et chimiques avec la découverte de la radioactivité et de l’énergie nucléaire. Après une phase de forte division du travail et de spécialisation à outrance des disciplines, la dynamique des sciences modernes est entrée, avec l’âge de l’espace et de l’écologie globale, dans une phase de fertilisation croisée, d’interdisciplinarité et de convergence qui débouche sur un nouveau paradigme : la Science du Système Terre (‘Earth System Science’). Dans cette actualité de la coopération scientifique internationale, la modification humaine du ‘système climatique’ et l’accélération des transformations anthropogéniques planétaires, remettent en question le ‘développement’ mondialisé du modèle occidental de ladite ‘croissance économique moderne’ qui avait tout simplement ignoré notre appartenance à la Biosphère de l’Holocène (cette époque relativement stable et douce du Quaternaire).


Le conférencier

Prof. Jacques Grinevald

Le Professeur Jacques Grinevald est philosophe et historien, ancien professeur à l’EPFL et à l’IUED de Genève.

Changements climatiques: état des connaissances à l’ère de la COP 21

Mardi 19 janvier 2016 à 18h30

Changements climatiques:

état des connaissances à l’ère de la COP 21

 

Conférence du Prof. Martin BENISTON, Université de Genève

Auditoire XIX, Palais de Rumine (5ème niveau), Lausanne.

Conférence publique – Entrée libre


Résumé de la conférence

La COP-21 s’est achevée le 12 décembre dernier sur un succès, politique du moins, avec un projet d’accord ambitieux et juridiquement contraignant. Dans cet exposé, on reviendra sur les questions scientifiques-clé qui ont fini par convaincre les décideurs de l’urgence d’agir, et notamment la quasi-certitude que l’humain est en partie responsable de l’évolution rapide du climat depuis quelques décennies. On verra pourquoi le Protocole de Kyoto, signé en 1997 et en vigueur depuis 2005 n’est plus un instrument adéquat pour résoudre la question climatique, et pourquoi il est essentiel de maintenir la hausse future des températures planétaires à bien moins de deux degrés de plus par rapport aux valeurs préindustrielles comme le prévoit l’accord de Paris. Au-delà des aspects scientifiques, un message clair qui est ressorti de la COP-21 est que de tenter de résoudre le problème du réchauffement planétaire n’est pas synonyme d’une régression sociale et économique, mais est au contraire porteur d’espoir, car de nouvelles technologies vont devoir émerger pour progressivement se retirer d’une économie à base de carbone, avec à la clé des nouveaux investissements, de nouveaux emplois et de nouveaux marchés. La mise en place de mesures destinées à lutter contre le réchauffement climatique devra impliquer non seulement les gouvernements, mais aussi les autorités locales ou régionales, les entreprises et la société civile. Même si les résultats de la COP-21 de Paris, comme premier accord universel sur le climat, peut réellement être qualifié d’historique, la mise en œuvre de l’accord ne sera pas aisée, car de nombreux obstacles politiques et économiques se profilent. Parmi eux, les prix des carburants fossiles, à la baisse depuis plusieurs mois, qui n’incitent pas à investir dans des technologies énergétiques autres que le charbon, le pétrole, ou le gaz. Il va donc falloir concilier un conservatisme économique avec une politique pro-environnement et pro-climat particulièrement agressive si l’on veut atteindre les objectifs fixés…


Le conférencier

Prof Martin BENISTON

Martin Beniston a fait ses études universitaires en Angleterre et sa thèse de doctorat à Paris et enfin son Habilitation à l’École Polytechnique Fédérale de Zurich. Il a travaillé dans la recherche climatique en Australie, en France, au Canada, en Allemagne et en Suisse. De 1993 à1996, il a partagé son temps entre la recherche sur le climat à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (ETH-Zurich) et la vice-présidence du groupe « Impacts » de l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change, en français le GIEC, co-récipiendaire du Prix Nobel de la Paix 2007) avant d’être nommé professeur à l’Université de Fribourg, où il a dirigé l’Institut de Géographie. En 2006, il déménage à l’Université de Genève comme professeur et directeur de l’Institut des Sciences de l’Environnement. Parmi les nombreux projets qu’il a conduits, le grand projet européen ACQWA (www.acqwa.ch) sur les ressources en eau dans un climat qui change. Il a à son actif près de 170 publications scientifiques et siège dans de nombreuses commissions internationales. En 2000, il est élu membre de l’Académie Européenne des Sciences.

 

Les tsunamis du Léman

Lundi 7 décembre 2015 à 20h

Les tsunamis du Léman

Conférence du Dr. Stéphanie Girardclos, Université de Genève

Aula, Palais de Rumine (3ème niveau), Lausanne.

Conférence publique – Entrée libre

Cette conférence est organisée en partenariat avec la Société académique vaudoise.


Résumé de la conférence

Pour analyser la fréquence des catastrophes naturelles, tels que les forts tremblements de terre, les grands écroulements rocheux, les crues millénaires et les tsunamis, les données issues des archives historiques sont parfois insuffisantes. En effet, elles ne couvrent qu’une période de temps limitée et ne permettent pas de calculer avec précision les temps de retour des événements naturels extrêmes d’ordre millénaire. Pour étendre notre connaissance sur ces phénomènes, nous nous tournons vers les archives naturelles, comme les sédiments lacustres, qui peuvent enregistrer les changements environnementaux et les événements géologiques sur de longues périodes.

En parallèle à l’analyse des archives naturelles, il est possible de modéliser numériquement les phénomènes extrêmes pour tester les hypothèses issues des résultats empiriques. C’est avec cette double approche, qu’une équipe de Zurich a montré, dès 2002 pour le lac des Quatre-Cantons, que l’aléa de tsunami en Suisse est une réalité. Les tsunamis catastrophiques de l’Océan Indien (2004) et du Pacifique (2011) ont encore augmenté l’intérêt pour cette thématique de recherche.

Dans le cas du Léman, nos recherches ont permis de reconstruire le lieu, le processus, l’âge, et parfois la cause de grands glissements de terrain sous-lacustres. Ces glissements sous-lacustres ont pu être identifiés par plusieurs méthodes. La cartographie bathymétrique multifaisceaux a défini l’emplacement et la taille d’anciennes loupes d’arrachement et l’imagerie par sismique réflexion a confirmé le lieu et le volume des dépôts associés aux glissements. L’analyse de carottes de sédiment et la datation de macro-restes végétaux par radiocarbone a permis d’identifier la source géographique et de donner un âge à ces couches. Les importants volumes déplacés (106 – 108m3) indiquent que les glissements sous-lacustres ont généré d’importantes vagues sur le Léman, dont les hauteurs pluri-métriques ont pu être confirmées par modélisation numérique.

Six tsunamis ont pu être reconstruits par cette approche pour les derniers 3695 ans, indiquant une fréquence de 0.0016 tsunami /an dans le Léman. Parmi eux, deux tsunamis sont avérés, puisqu’ils sont décrits par les archives historiques et liés à des événements connus : l’écroulement de la montagne du Tauredunum en 563 ap. JC et le tremblement de terre d’Aigle de 1584. Les quatre événements restants sont plus mystérieux puisqu’ils ont eu lieu durant la Préhistoire (30 ± 120, 235 ± 85, 700 ± 150 et 1733 ± 128 av. JC) et que seuls les sédiments témoignent de leur possible existence.

En conclusion, les recherches en sciences de la Terre ont montré que l’aléa de tsunami est non négligeable sur le Léman, et par extension sur les lacs du Plateau Suisse. Ces résultats suggèrent qu’une réflexion collective est à mettre en route sur la façon dont la société peut, ou non, envisager de gérer de tels événements extrêmes mais dont la fréquence est faible.


La conférencière

Dr. Stéphanie Girardclos

Maître d’enseignement et de recherche, Département des sciences de la Terre, Université de Genève.