Thèse en sciences de la Terre, soutenue le 4 octobre 2024 par Charlotte Wolff, rattachée à l’Institut des sciences de la Terre (ISTE) de la FGSE.
Les mouvements gravitaires, tels que les glissements de terrain, les chutes de blocks ou les laves torrentielles, font partie des aléas naturels, au même titre que les séismes ou les éruptions volcaniques. Leur prédiction, bien que présentant une part d’incertitude, est essentielle afin de protéger les populations, les bâtiments et les voies de transport susceptibles d’être touchés, surtout que certains facteurs augmentent l’exposition et le risque. Les mouvements gravitaires par exemple sont plus susceptibles d’arriver dans les zones montagneuses et le dérèglement et le réchauffement climatiques amènent également leur lot d’incertitudes dans la prédiction de ces évènements, ayant une action d’altération de la roche par l’action des précipitations plus intenses, des fontes de neige et du dégel plus précoces dans l’année et des variations thermiques plus importantes. Néanmoins, les zones d’habitation et les infrastructures continuent de s’étendre dans ces régions montagneuses.
Pour prévoir et minimiser les futurs pertes et dommages potentiels, il est nécessaire de mettre en place des stratégies afin d’identifier, d’analyser et de comprendre ces aléas gravitaires. Cela passe par une instrumentation de surveillance et des analyses spécifiques sur le terrain, ainsi que par des méthodes de traitement des données dédiées, présentées dans une première partie de ce manuscrit.
L’analyse complète d’un aléa lié à un mouvement gravitaire de grand volume peut se décomposer en deux grandes parties, à savoir
la description de scénarios de rupture de compartiments instables en justifiant leur volume, leur mécanisme et leur probabilité de se produire et
la description de scénarios de propagation en justifiant la distance maximale atteinte et la surface impactée.
Cette approche en deux étapes est appliquée dans la deuxième partie de ce manuscrit, pour l’étude d’une instabilité majeure située dans les Alpes Suisses, appelée Cima del Simano. L’étude de cette instabilité est motivée par une fracture de 500 m de long, les fréquentes laves torrentielles endommageant les infrastructures, et le glissement de terrain historique de Monte Crenone en 1513 ayant eu lieu dans la même vallée.
La détection des zones subissant des mouvements de petites amplitudes (quelques mm/an) et des chutes de blocks, couplée à une analyse de la géométrie et de la géologie du massif, a permis de proposer huit scénarios de rupture avec des probabilités de se produire différentes. La propagation de ces volumes de rupture a ensuite été simulée afin de prédire les zones potentiellement affectées ainsi que les zones d’accumulation de débris pouvant engendrer des laves torrentielles dans un second temps.
L’importance du rôle joué par des facteurs météorologiques et climatiques a également été évaluée. L’augmentation de la température entraîne la disparition du permafrost et réduit la cohésion de la roche. Les cycles de gel-dégel fatiguent la roche et induisent la propagation des fractures. L’impact des variations cycliques des températures sur la contraction et la dilatation de la roche a été tout particulièrement étudié sur la falaise de La Cornalle (située à l’Est de Lausanne, Suisse), montrant des déplacements cycliques sur 24 heures corrélés aux variations de température.
Dans le cadre du projet GreenFjord, le prof. Samuel Jaccard de l’UNIL et cinq autres scientifiques embarquent à bord du voilier Forel pour mener une campagne d’échantillonnage et d’analyses dans le SW Groenland.
L’Arctique, et le Groenland en particulier, se réchauffent bien plus rapidement que le reste du globe, notamment en raison de la fonte accélérée des glaciers et de la banquise. Ce réchauffement induit des transformations rapides de l’environnement et du cadre de vie des populations indigènes.
Financé par l’Institut polaire suisse (Swiss Polar Institute), le projet GreenFjord étudie l’impact du changement climatique dans le sud du Groenland. Il mène des campagnes de terrain se déroulant sur plusieurs années, afin de mieux comprendre la variabilité saisonnière et interannuelle de la dynamique climatique. Cette année, un effort particulier est dévolu à mieux comprendre les interactions entre les glaciers et l’océan dans un système de fjords situé dans la région de Narsaq.
Pour la première fois, une partie de la campagne de recherche sera implémentée sur un voilier, le Forel, transformé en une plateforme de recherche capable de naviguer dans les milieux polaires. Professeur à la Faculté des géosciences et de l’environnement de l’UNIL, Samuel Jaccard participe à cette expédition avec cinq autres scientifiques.
Les scientifiques à bord du Forel (à droite Samuel Jaccard, prof. à l’UNIL)
Le Forel permet l’observation des caractéristiques océaniques et atmosphériques in situ à l’aide de différents senseurs, ainsi que le prélèvement d’échantillons marins et atmosphériques tout en réduisant fortement l’empreinte écologique du projet de recherche. Une des particularités du Forel est qu’il comprend différents laboratoires, dont une salle blanche, dont l’air ambiant est ultrafiltré, permettant ainsi la manipulation d’échantillons d’eau et de matériel génétique en évitant toute forme de contamination.
Dans le cadre de cette expédition, Samuel Jaccard va effectuer des analyses qui visent notamment à déterminer la concentration et la provenance de différent métaux dissous, dont le fer (Fe), qui jouent un rôle essentiel dans la productivité biologique, car ils sont nécessaires à la survie du phytoplancton.
Pour rappel, l’océan capture environ 1/4 du dioxyde de carbone (CO2) émis dans l’atmosphère en lien avec l’utilisation de combustible fossile. Sans lui, la Terre se réchaufferait encore davantage. A l’origine de cette capture se trouvent, entre autres, des algues microscopiques vivant en surface et appelées phytoplancton, qui pratiquent la photosynthèse : elles absorbent du CO2 atmosphérique, et utilisent la lumière du soleil pour le transformer en matière organique (chlorophylle). Lorsqu’elles meurent, une partie s’exporte vers le fond de l’océan, séquestrant ainsi le carbone dans les eaux et les sédiments des fjords durant des siècles et des millénaires.
Les océanographes parlent de pompe biologique, parce ce processus permet de transférer (pomper) du carbone de la surface de l’océan vers les profondeurs océaniques, réduisant ainsi les concentrations de CO2 atmosphérique.
Des résultats préliminaires suggèrent toutefois que le fonctionnement de cette pompe biologique est altéré par la fonte des glaciers du Groenland. En effet, une fois que les glaciers se sont retirés au-delà des lignes de côtes, l’apport de Fe et de nutriment par les eaux de fonte diminue, limitant ainsi la productivité biologique avec des conséquences négative non seulement pour le cycle du carbone mais aussi pour les ressources de pêche dont les populations locales dépendent pour leur subsistance.
L’UNIL sera à bord du Forel pendant près d’une semaine. Les scientifiques lausannois continueront ensuite leur travail à bord d’un autre bateau de recherche : le Sanna.
Le projet GreenFjord est un projet de recherche multidisciplinaire financé par l’Institut polaire suisse (Swiss Polar Institute). Il associe des chercheuses et chercheurs en sciences naturelles, en ingénierie et en sciences humaines des universités de Lausanne et de Zurich, ainsi que de EPFL et de l’ETHZ.
GreenFjord a pour ambition de mieux comprendre les impacts du changement climatique sur les écosystèmes et la population du SW du Groenland.
Thèse en science de l’environnement, soutenue par Gelare Moradi, rattachée à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST) de la FGSE.
Les confluences de rivières représentent un sujet de recherche complexe et il existe encore des lacunes majeures dans la compréhension scientifique de leur morphodynamique. C’est particulièrement le cas lorsque les affluents apportent une grande quantité de sédiments dans le cours d’eau principal. De telles confluences sont généralement observées dans les rivières drainant les zones montagneuses. Dans certaines situations, on les trouve également à l’aval dans des plaines inondables plus développées, canalisées pour des raisons de sécurité contre les inondations afin de protéger le développement urbain et agricole, avec des petits cours d’eau de montagne alimentant des rivières principales beaucoup plus grandes. De telles confluences peuvent devenir des contrôles majeurs sur le flux de sédiments à travers les bassins versants, affectant les écosystèmes fluviaux, la connectivité longitudinale des sédiments et la biodiversité. Malgré une meilleure compréhension de la dynamique complexe de l’écoulement et de la morphologie des confluences en général, moins d’attention a été accordée aux confluences caractérisées par un débit et une vitesse d’écoulement de l’affluent très faibles par rapport à ceux du chenal principal, mais où le débit de sédiments est important.
Les confluences sont normalement décrites selon un ratio d’inertie Mr (QtUt/QmUm, où Q = débit, U = vitesse moyenne de section et t et m spécifient l’affluent et le cours d’eau principal). Si les confluences à faible ratio d’inertie reçoivent de grandes quantités de sédiments provenant de leurs affluents, cela se produit généralement lors d’événements de débit extrême. Les sédiments se déposent aux confluences, créant une morphologie qui influence par la suite la morphodynamique également lors de débits d’affluent très faibles. De telles confluences ont été étudiées dans le cadre d’expériences en laboratoire, mais celles-ci se sont concentrées sur les conditions au cours du développement morphologique plutôt que sur les conditions héritées d’événement extrêmes, dominantes la plupart du temps sur le terrain. Pour ces raisons, la présente étude vise à approfondir la compréhension de l’hydrodynamique et de la morphodynamique des confluences fluviales des zones de montagne, à l’aide de données de terrain collectées dans ces confluences du bassin du Haut-Rhône.
Ce projet de recherche a impliqué une étude intensive et répétée de trois confluences du Haut Rhône avec des taux de livraison sédimentaire des affluents vers le chenal principal très variés, pour répondre aux questions suivantes :
dans quelle mesure les modèles classiques de morphodynamique des confluences avec des valeurs de Mr plus élevées sont conformes lorsqu’on les applique à des confluences de Mr très faibles avec des taux de livraison sédimentaire vers le chenal principal importants ;
quels autres paramètres doivent être pris en compte pour mieux comprendre la dynamique de l’écoulement dans de telles situations ;
quelles sont les nécessités en termes de méthodes de collecte de données sur le terrain pour identifier les caractéristiques des confluences de rivières avec des ratios Mr faibles.
Après une étude approfondie des confluences du Haut-Rhône basée sur des études antérieures dans cette région, trois affluents ont été choisis pour des mesures approfondies et répétées à l’aide de technologies de mesure de pointe, notamment un courantomètre acoustique Doppler (aDcp).
Premièrement, ce travail a démontré que les méthodes classiques de collecte et de traitement des données aDcp peuvent être améliorées en appliquant une approche nouvellement développée dans le cadre de ce projet de recherche.
Deuxièmement, l’importance de la correction du Mr pour inclure les effets de l’angle de jonction a été examinée et prouvée.
Troisièmement, en comparant deux confluences caractérisées par héritage sédimentaire important, et une sans héritage sédimentaire, il a été démontré que l’apport de sédiments hérités d’événements de crue antérieurs conduit à des morphologies de confluence qui peuvent générer une circulation secondaire importante même avec un ratio d’inertie peu important.
Une utilisation innovante de la provenance des sédiments a permis de déduire des hypothèses concernant les processus morphologiques susceptibles d’être à l’origine de la morphodynamique de ces confluences lors d’inondations. Des recherches plus avancées sont désormais nécessaires pour comprendre comment les sédiments se déplacent à travers ces confluences à faible ratio Mr lors d’événements extrêmes.
Thèse en géographie, soutenue le 11 septembre 2024 par Léa Canevet, rattachée à l’Institut de géographie et durabilité (IGD) de la FGSE.
La thèse questionne notre rapport à l’espace social, physique, touristique, politique. Elle propose d’aborder les communs et les processus de commoning comme un moyen de se reconnecter au territoire en tant qu’individu et en tant que communauté.
Les communs sont définis par trois critères centraux : une ressource partagée, une communauté utilisatrice et des règles de gouvernance et de gestion (Coriat, 2015; E. Ostrom, 1990; Roudaut & Cecutti, 2017; Thomé, 2016). Depuis une vingtaine d’année, l’utilisation croissante du terme de « commun » (seul ou accompagné d’un adjectif) aussi bien dans la littérature scientifique (Hess, 2008 ; Bollier, 2014 ; Coriat 2015 ; Foster & Iaione, 2015 ; Festa, 2016 ; Pusey & Chatterton, 2016 ; Bianchi & al., 2022 ; Newton et Rocco, 2022) que dans d’autres sphères (publique, politique) montre un regain d’intérêt pour le concept.
L’étude des communs permet d’aborder un vaste champ de thématiques en proposant des alternatives aux modèles dominant de gouvernance et de gestion des ressources sur les territoires (Kebir & Wallet, 2021). Certains communs produisent des biens et des services s’appuyant sur des ressources locales et participent à une forme de développement du territoire (Kebir & Wallet, 2021).
Parmi les biens et les services proposés par les communautés gérant les communs, certains sont destinés aux touristes ou sont utilisés par ces derniers. En effet, les évolutions des pratiques touristiques montrent la volonté des touristes de vivre des expériences plus authentiques que certains communs semblent proposer. En outre, le tourisme s’appuie depuis de nombreuses années sur des ressources communes (comme les paysages) pour se développer (Briassoulis, 2002 ; Holden, 2005 ; Goodwin, 2017), participant parfois à la destruction de ces dernières (Pintassilgo & Silvia, 2007 ; De & al., 2020). Cette relation entre les communs et le tourisme peut être à la fois un atout (générer des revenus, diffuser des idées, etc.) pour les communautés gérant les communs, mais peut également constituer un risque (appropriation, dévoiement, etc.).
Au vu de la revue de littérature, la problématique proposée est la suivante : quel rôle jouent les communs et les processus de commoning dans la redéfinition d’une nouvelle acception du développement territorial et touristique ? Pour répondre à cette question, deux études de cas ont été sélectionnée : Hôtel du Nord à Marseille et Darwin à Bordeaux. La première propose des balades et des chambres d’hôtes dans les quartiers Nord de Marseille et la seconde est un tiers-lieu installé dans une ancienne caserne militaire qui est devenu une attraction touristique incontournable à Bordeaux. Pour comprendre ces initiatives, des méthodes qualitatives ont été mises en place (entretiens, observations, observations participantes, etc.). En étudiant ces initiatives sous le prisme du tourisme et du développement territorial, la thèse fait émerger un certain nombre d’interrogations (en termes d’aménagement du territoire, de nouvelles pratiques touristiques et économiques et de gouvernance territoriale). Dans le contexte actuel de crises environnementale, démocratique et économique, la thèse présente les communs comme des outils d’expérimentation de nouvelles pratiques plus durables et des moyens de se relier et de trouver une place dans les territoires.
Thèse en géographie, soutenue le 2 septembre 2024 par Chalmandrier Maud, rattachée à l’Institut de géographie et durabilité (IGD) de la FGSE.
Ces dernières années, l’opposition entre ville et nature a été remise en question par la reconnaissance de l’importance de la biodiversité en ville et la prise en compte croissante des savoirs et des discours écologiques dans les politiques d’aménagement urbain. Pourtant, l’écologie s’est historiquement développée en étudiant les espaces de « nature sauvage » réputés les plus préservés des influences humaines. Comment cette réconciliation entre ville et écologie a-t-elle eu lieu ?
A la croisée de la géographie environnementale et des Science and Technology Studies, cette recherche doctorale étudie l’émergence et le développement de la ville en tant que lieu et objet de recherche de l’écologie scientifique en Suisse : quand, où et comment la ville est-elle devenue un milieu digne d’intérêt écologique et scientifique ? La thèse s’intéresse à l’activité savante écologique en relation avec l’espace urbain, afin de comprendre ce que l’écologie fait à la ville d’une part, et ce que la ville fait à l’écologie d’autre part. La recherche porte sur un contexte géographique jamais étudié par l’histoire de l’écologie urbaine – la Suisse, pays européen multilingue et multiculturel – et s’étend sur une période historique remontant jusqu’au début du XXème siècle.
L’enquête de terrain étudie les trajectoires, les pratiques, les formes d’engagement et les ancrages institutionnels des chercheurs qui ont produit des connaissances écologiques dans et sur la ville. Plusieurs types de matériaux empiriques ont été recueillis : entretiens, observations de terrain, corpus de publications, sources documentaires, et enfin bases de données institutionnelles sur les projets de recherche financés en écologie et en écologie urbaine. L’analyse croisée des matériaux permet d’identifier des moments, des lieux, des projets et des acteurs afin de retracer les conditions d’émergence de la recherche écologique urbaine en Suisse.
La thèse explore d’abord l’évolution de l’intérêt naturaliste pour la faune et la flore en ville au XXème siècle. Elle montre que dès le début du XXème siècle, les botanistes et les ornithologues se sont intéressés à des espèces et des espaces en ville, et qu’à partir des années 1980, les savoirs et l’engagement des naturalistes ont contribué à changer le regard sur la nature urbaine en remettant en question l’idée selon laquelle les villes étaient hostiles à la vie sauvage ; ils ont accompagné l’émergence des politiques de protection de la nature urbaine. La thèse analyse ensuite comment la recherche écologique urbaine a émergé dans les marges du monde académique à partir des années 1980. Elle montre que la légitimation scientifique de l’écologie urbaine a été rendue possible par son intégration disciplinaire en tant que spécialité de l’écologie et de la biologie de la conservation.
Les résultats de recherche permettent ainsi de revisiter l’histoire de l’écologie urbaine et d’interroger le récit de la négligence historique de la ville par l’écologie. Au-delà de l’image d’une Science abstraite et détachée de tout contexte, la thèse montre d’une part comment les pratiques, les identités et les modes d’organisation des collectifs scientifiques sont transformés par leur relation à l’environnement urbain ; elle permet d’autre part de mieux comprendre comment la science influence notre perception de la ville, ainsi que les enjeux contemporains liés à l’intégration croissante de l’expertise écologique dans les politiques de nature urbaine.
Selin Yilmaz, Institut de géographie et durabilité
La chercheuse de l’UNIL Selin Yilmaz collabore à la mise en place d’un projet-pilote de communautés électriques locales (CEL).
Dans différentes communes tests de Suisse, les citoyen·nes vont s’associer pour produire, vendre et consommer de l’énergie renouvelable locale, en utilisant le réseau de distribution public. L’acceptation en Suisse de la loi sur l’électricité, le 9 juin dernier, permet au projet de prendre son envol.
Afin de sortir des énergies fossiles et de réduire drastiquement sa dépendance vis-à-vis de l’étranger pour son approvisionnement en énergie, la Suisse va augmenter massivement sa production d’électricité renouvelable. C’est ce qui a été accepté par le peuple le 9 juin, lors de la votation portant sur la loi sur l’électricité. Outre le développement d’installations solaires, éoliennes et hydrauliques, la loi prévoit notamment la création de communautés locales d’électricité ou CEL.
Les CEL offrent la possibilité à chaque citoyen·ne au sein d’une commune de produire, vendre et consommer de l’électricité renouvelable à un prix intéressant à ses voisin·e·s, de façon locale et autonome. Ils et elles pourront pour cela – et c’est une première – utiliser le réseau de distribution public.
Ce système va être testé prochainement dans plusieurs communes de Suisse romande. Cette action est un sous-projet du programme Sweet-Lantern, financé par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), qui vise à établir un réseau de living labs dans toute la Suisse.
Efficacité et sobriété
Spécialisée en gouvernance des transformations énergétiques à l’UNIL, Selin Yilmaz est partie prenante de ces opérations. Elle s’occupera du volet sociologique de l’expérience. Il s’agira d’animer des ateliers de co-création et d’accompagnement, d’analyser et de mesurer les impacts sociétaux de la démarche, et de favoriser l’adhésion des participant·e·s au projet. « Il existe actuellement un gap entre les technologies disponibles et le faible taux d’acceptation et d’utilisation de ces dispositifs. Le fait d’intégrer les citoyen·ne·s dans le marché de l’énergie, de les informer des atouts, des évolutions sociales et technologiques est très important pour construire un futur durable », explique la scientifique.
Grâce à des compteurs intelligents et des interfaces permettant un suivi des flux énergétiques et une facturation en temps réel, les membres de la CEL pourront optimiser leur utilisation des ressources et leurs profits, en favorisant des périodes de consommation, ainsi que la sobriété en général. « L’énergie solaire, par exemple, est par essence intermittente, provoquant des pics et des creux de production. La création d’une tarification dynamique en ligne incite à consommer au moment le plus opportun et permet de limiter ces fluctuations », précise la chercheuse.
A l’issue de ces études pilotes, un guide devrait voir le jour pour transposer ces structures à d’autres localités. « De la même façon que nous favorisons les aliments et produits locaux, on pourrait imaginer un futur où l’on privilégie la production et consommation de proximité, avec des tarifs intéressants et un contrôle sur toute la chaîne de production », indique Selin Yilmaz. « On l’a vu récemment avec les événements en Ukraine et en Russie : la Suisse est pour l’instant trop vite déstabilisée. Une production locale et le développement de stratégies énergétiques sont indispensables pour l’indépendance du pays. »
Sweet-Lantern
Sweet (SWiss Energy research for the Energy Transition) – Lantern (Living Labs Interfaces for Energy Transition)
Le projet Sweet-Lantern est un programme de financement de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN). Son objectif est d’accélérer les innovations qui sont essentielles à la mise en œuvre de la Stratégie énergétique 2050 de la Suisse et à la réalisation des objectifs climatiques du pays. Coordonné par la HES-SO Valais-Wallis, Il réunit un large consortium d’Universités dont l’UNIL, de Hautes Ecoles spécialisées, de communes et d’entreprises.
Doté d’un financement de 10 millions de francs, le programme s’étendra sur 8 ans (2022-2030) A l’UNIL, Selin Yilmaz est chargée, grâce aux projets pilotes, d’établir in fine des processus d’implémentation de réseaux de coopération énergétiques, pouvant s’appliquer à diverses localités. Elle étudiera également les interactions humains-technologie, la résilience des utilisateurs par exemple, et leur impact sur la collecte de données et l’optimisation des réseaux.
Quel est le travail d’un·e aménagiste ? Quelles compétences un·e aménagiste doit-il avoir ? De quelle marge de manœuvre dispose-t-il ou elle dans l’élaboration de solutions ?
Dans le cadre du cours « Aménagement du territoire » de Joëlle Salomon Cavin (Maître d’enseignement et de recherche à l’IGD) et avec l’accompagnement de l’assistant doctorant Quentin Rihoux, les étudiant·e·s de 2e année de Bachelor ont mené l’enquête afin de définir le métier d’aménagiste en Suisse.
Les 20 groupes de 3 à 5 étudiant·e·s ont ainsi rencontré chacun un·e aménagiste travaillant dans l’administration publique cantonale ou communale ou dans des bureaux privés, principalement en Suisse romande, mais également au Tessin. Un nombre non négligeable de leurs interlocuteur·rices se sont trouvés être d’ancien·nes étudiant·e·s Uniliens de l’orientation « Urbanisme durable et aménagement des territoires » du Master en géographie. L’enquête des étudiant·es met en lumière une double dimension du travail de l’aménagiste. D’une part, celle de conseiller et d’accompagner les autorités à différents niveaux — communales, cantonales et fédérales — en proposant des idées de transformation des espaces et des plans d’aménagement. D’autre part, celle de planifier et gérer des projets à différentes échelles, depuis l’élaboration et la révision de plans d’affectation des zones (à bâtir, agricoles, à protéger…) jusqu’à la coordination de projets de développement urbain en collaboration avec une diversité d’acteur·rices –tel·les que les élu·es, ingénieur·es, acteur·rices économiques ou riverain·nes.
Outre des compétences techniques (représentations spatiales, cartographie, modélisation) et juridiques (connaissance des lois en vigueur, hiérarchie des normes, maitrise des procédures), ces entretiens ont montré combien les facultés de communication et de médiation sont au cœur du métier d’aménagiste. Ils·elles cherchent continuellement des compromis entre des acteurs·rices aux intérêts souvent divergents. Soutien politique et créativité constituent des éléments clés de leur marge de manœuvre, quand le cadre légal, les contraintes du site et la durée de procédure, au contraire, la limitent. L’aménagiste est finalement de plus en plus amené·e à organiser et animer des ateliers participatifs et des consultations publiques pour impliquer les citoyen·nes dans les projets.
« Nous pouvons donc conclure que l’une des compétences les plus importantes dans ce travail est la communication. »
Groupe d’étudiant·e·s 25
« Il est clair que ce domaine exige une compréhension approfondie des cadres légaux, une capacité à négocier et une expertise technique. »
Groupe d’étudiant·e·s 17
« Un·e aménagiste doit avant tout être un·e bon·ne pédagogue et vulgarisateur·rice. (…) Pour pouvoir expliquer et convaincre, il ou elle doit simplifier son discours sans pour autant dénaturer ses propos. »
Groupe d’étudiant·e·s 6
« Il convient ainsi de savoir persuader et trouver des stratégies pour que les projets soient acceptés. »
Groupe d’étudiant·e·s 2
« Il a beaucoup plus de contacts avec tous les autres acteur·rices, que ce soit avec la population ordinaire sans connaissances spécifiques, ou avec d’autres profils professionnels de l’instance publique. Ces grandes différences dans les domaines de compétences de chaque partenaire de négociation rendent la communication plus complexe, car il faut s’adapter à tous. »
Groupe d’étudiant·e·s 16
Les résultats de ces entretiens corroborent en particulier ce qui est souvent identifié dans la « Planning Theory » comme un tournant communicationnel ou tournant narratif de l’urbanisme. La mise en récit des projets d’aménagement se révèle en effet une façon de stabiliser un discours de politique publique, d’assurer une certaine cohérence de l’action, de « vulgariser » des documents de planification, mais aussi d’approcher des publics variés pour les faire participer à la fabrique de la ville.
Un groupe de 4 étudiant·e·s (Lynn Bauermeister, Guillaume Charlot, Aude Duchoud, Aurélie Fornerod) a synthétisé le fruit de son entretien avec un aménagiste sous forme de vidéo. Nous les remercions, ainsi que l’urbaniste Lionel Tudisco qui a aimablement accepté de répondre à leurs questions, de nous donner la possibilité de montrer leur travail !
Thèse en géographie, soutenue le 3 juillet 2024 par Hannah Widmer, rattachée à l’Institut de géographie et durabilité (IGD) de la FGSE.
Chaque jour, dans l’espace public, les citadin·e·s d’une ville font l’expérience de la diversité. Dans un environnement urbain, nous rencontrons au quotidien d’innombrables « étranger·ère·s » dans notre vie quotidienne. Du fait que les villes sont caractérisées par une diversité de modes de vie culturels et socio-économiques, ces étranger·ère·s sont, d’une part, inconnus, et d’autre part étranges parce qu’ils proviennent de milieux très différents des nôtres.
Dans un contexte urbain, l’espace public joue un rôle important en tant que lieu de loisirs, d’activités sportives, de mobilité et de détente. Il sert également de lieu où une identité culturelle et l’appartenance à un quartier ou à une autre communauté se créent et s’expérimentent, par exemple dans le cadre de célébrations. Il convient de souligner tout particulièrement la fonction de l’espace public en tant que lieu de rencontre. Cependant, la mobilité des personnes fait que certains groupes ne se rencontrent jamais dans les espaces publics, même s’ils habitent dans un quartier mixte. En outre, les rencontres avec des étranger·ère·s, même si elles ne sont que fugaces, sont ambivalentes : elles peuvent être effrayantes ou inquiétantes d’une part, mais aussi inspirantes et passionnantes d’autre part.
Cette thèse a donc pour objectif d’explorer la mesure de la diversité sur les places publiques à l’échelle du quartier, la perception et l’expérience de la diversité par les usager·ère·s, et le rôle de l’aménagement à ces égards. Elle propose un outillage conceptuel et une méthodologie innovante pour étudier l’utilisation des places publiques. Les places Lindenplatz, Hallwylplatz, et Idaplatz à Zurich (Suisse) ont été analysées à l’aide d’une approche mixte. Des comptages, des observations et une enquête (n=1 474) ont été combinés à des entretiens qualitatifs (n=63) avec des personnes qui utilisent les trois places de différentes manières.
Les résultats montrent que les usager·ère·s des trois places de quartier sont assez diversifié·e·s en termes d’origines culturelles, de classes sociales, d’âges, de niveaux d’éducation et de statuts professionnels. La répartition entre hommes et femmes est équilibrée. L’aménagement des places joue un rôle important pour les activités optionnelles (rencontrer la famille ou des amis, se détendre, manger, boire, etc., par opposition aux « activités nécessaires » telles que le passage ou les achats): plus il y a de places pour s’asseoir, plus la proportion de personnes qui restent, et ne se contentent pas de traverser les places, est élevée.
Si l’on compare la diversité des usager·ère·s des places à celle de la population du quartier, il est évident qu’il existe un écart de diversité. La diversité sur les places est plus faible que dans le quartier si l’on tient compte de l’origine nationale, du revenu et de l’éducation. La « société mainstream », c’est-à-dire les personnes non issues de l’immigration, disposant d’un revenu moyen et d’un diplôme de l’enseignement supérieur, est surreprésentée sur les places.
Les personnes qui fréquentent les trois places perçoivent être entourées de personnes qui diffèrent d’elles-mêmes à bien des égards. Toutefois, cette situation ne pose généralement pas de problème pour les personnes s’y trouvant confrontées et ne les incite que rarement à modifier leur comportement. Si des personnes ou certains comportements sont perçus comme gênants, des éléments d’aménagement permettant de choisir librement sa distance par rapport aux autres (par exemple des chaises mobiles ou des bancs placés à différents endroits et orientés différemment) facilitent la cohabitation sur les places.Pour encourager les rencontres entre inconnus et au-delà des différences, la conception des places publiques pourrait offrir des possibilités qui conviennent à différents groupes de population, par exemple à travers une variété d’utilisations des rez-de-chaussées ou des éléments tels que des jeux d’eau, universellement attrayants. Ces espaces pourraient également offrir des adaptations flexibles de la distance entre les usager·ère·s de la place par un aménagement approprié, tout en promouvant la coexistence dans les espaces publics – quelle que soit la distance à laquelle elle se produit.
Thèse en géographie, soutenue le 2 juillet 2024 par Irem Ince Keller, rattachée à l’Institut de géographie et durabilité (IGD) de la FGSE.
Ce projet de doctorat vise à identifier et à analyser le rôle de l’incertitude dans la gestion des risques en examinant les interactions entre les acteurs, les lieux et la loi. Ma recherche explore un changement intervenu dans la loi de gestion des risques sismiques en Turquie, à la suite de la catastrophe du tremblement de terre d’octobre 2011. Le tremblement de terre, d’une magnitude de 7,2 MW, a causé la mort de 644 personnes et endommagé 11 000 bâtiments dans la ville de Van. La loi 6306 sur la transformation des zones à risque est entrée en vigueur en mai 2012 afin de prévenir, pour le futur, d’autres dommages catastrophiques en Turquie.
Onze ans après la promulgation de cette loi, mon objectif principal est d’explorer comment la ville d’Izmir – et son réseau hétérogène de relations entre les pratiques humaines et les matérialités non humaines (par exemple, les titres fonciers, les plans directeurs d’urbanisme, les tremblements de terre) – répond aux risques sismiques et à la loi encadrant les stratégies de gestion des risques sismiques.
Cette thèse de doctorat vise à combler les lacunes de la gestion traditionnelle des risques, qui se concentre principalement sur la surveillance des risques liés aux enjeux géophysiques du territoire et n’aborde pas le rôle des pratiques humaines et des matérialités non humaines dans la production et la gestion des risques. En outre, elle ne tient pas suffisamment compte de la nature profondément incertaine du risque et de la capacité du territoire à résister aux mesures. Les questions relatives à la gestion des risques forment l’épine dorsale de cette recherche en se référant à deux cadres théoriques principaux : la géographie du droit et la théorie de l’acteur-réseau (ANT).
La géographie du droit est utilisée comme cadre théorique et méthodologique central pour explorer les relations juridiques/sociales/spatiales engagées dans le processus de gestion des risques. La prémisse méthodologique de l’ANT – « suivre les acteurs » – est utilisée pour retracer le réseau hétérogène de relations entre les humains et les non-humains au sein des assemblages urbains qui se développent en lien avec la mise en œuvre de la loi. En utilisant cette perspective, la thèse de doctorat étudie les incertitudes qui découlent des relations socio-matérielles complexes dans la pratique de la gestion des risques. Elle se concentre, au travers d’enquêtes approfondies, sur les enjeux, les arènes, les acteurs (humains et non humains) et les pratiques qui régissent la définition des zones à risque sismique et déclenchent des processus de transformation urbaine en vertu de la loi 6306.
En recourant à une étude de cas et à des analyses qualitatives, la recherche explore le cas de Karabağlar, İzmir, l’une des plus grandes zones à risque de Turquie, qui est actuellement confrontée à divers défis en raison des incertitudes accrues dans le processus de transformation urbaine. Par conséquent, cette étude se concentre sur l’interaction mutuelle entre la loi 6306 et les zones à risque sismique que la loi exige de désigner, et non sur la préparation ou l’amélioration de la résilience. Dans l’ensemble, cette thèse de doctorat vise à apporter un nouvel éclairage sur l’incertitude dans la gestion des risques au travers de la géographie du droit et d’une approche relationnelle (ANT).
Les résultats de la recherche explorent les succès, les échecs et les changements de la loi 6306 en Turquie en termes d’impact sur les villes – et son réseau hétérogène de relations entre les pratiques humaines et les matérialités non humaines. Considérant l’impact plus large de la loi sur la société et les lieux, cette thèse de doctorat fournit un retour d’information sur la gestion des risques sismiques qui est utile aux gestionnaires des risques et aux praticiens, aux décideurs politiques, aux citoyens, aux membres d’ONG, aux activistes et aux chercheurs engagés dans les approches socio-juridiques aux niveaux local, national et international.
Thèse en sciences de la Terre, soutenue le 12 juin 2024 par Chiara Recalcati, rattachée à l’Institut des sciences de la Terre (ISTE) de la FGSE.
La recherche présentée dans cette thèse se concentre sur l’exploration de la nature des processus de flux et de transport à travers les géomatériaux poreux et de leurs interactions/rétroactions avec la matrice solide. Les roches naturelles sont le milieu poreux à travers lequel les flux d’eau (et d’autres fluides) et le transport de solutés s’effectuent à travers le sous-sol terrestre.
Dans ce contexte, la dissolution est un processus clé qui entraîne les transformations minérales qui ont lieu dans la croûte supérieure de la Terre. Ce processus contribue à la formation de voies préférentielles à travers le sous-sol. Les roches carbonatées sont d’un intérêt particulier. Cela est dû à leur abondance dans le sous-sol et à leur haute réactivité. Elles entraînent l’altération de la surface de la Terre, interagissent avec la propagation des polluants dans les aquifères souterrains, et favorisent la capture du carbone par processus comme la minéralisation.
Les principales questions de recherche abordées dans cette thèse de doctorat sont liées à
l’amélioration de notre capacité à observer directement les taux de réaction de précipitation/dissolution grâce à des nouvelles expériences d’imagerie à l’échelle nano-/micro-
la fourniture d’une interprétation des taux observés grâce à des approches stochastiques rigoureuses capables de quantifier l’incertitude.
Ces questions sont abordées avec un mélange unique de théoriques/modélisation et d’expériences de laboratoire. En tant que tel, les méthodes sont basées sur des développements théoriques fondamentaux (avec des approches soit analytiques que numériques) et des manipulations. Les approches théoriques sont de nature stochastique, étant donné l’incertitude omniprésente sur les mécanismes qui entraînent la dynamique de l’altération de la surface des minéraux en contact avec les fluides. Des expériences originales sont effectuées directement à l’échelle micro- et nano- pour observer par imagerie la physique fondamentale de l’interaction entre les fluides et la surface minérale.
La thèse est structurée le long des cinq chapitres brièvement décrits dans ce qui suit.
Le Chapitre 1 fournit une introduction au travail, y compris une description générale des paramètres hydro-géo-chimiques analysés. Le Chapitre 2 donne un aperçu du cadre expérimental considéré et conçu pendant le parcours de doctorat. Ils ont illustrés les protocoles expérimentaux, conçus pour acquérir des images de Microscopie à Force Atomique (AFM), imitant les paramètres naturels typiques des processus de dissolution de la calcite qui se produisant dans divers scénarios d’ingénierie/environnementaux. Une variété de configurations et de protocoles expérimentaux sont aussi conçus pour ressembler aux conditions associées à (i) des réactions dominées par la diffusion et (ii) des réactions contrôlées par la surface qui sont typiques des régions stagnantes ou d’écoulement dans les géo-matériaux poreux. Ces protocoles sont documentés pour permettre d’obtenir des données expérimentales qui peuvent être rapidement utilisées pour l’évaluation des distributions spatio-temporelles de la topographie de surface du minéral en contact avec le fluide en mouvement. Celles-ci sont à leur tour utilisées pour évaluer les distributions spatio-temporelles des taux de réaction qui s’ensuivent. Ces derniers sont alors soumis à des caractérisations stochastiques originales. En ce sens, le Chapitre 3 comprend tous les détails du cadre théorique stochastique utilisé pour l’analyse et l’interprétation des manipulations expérimentales. L’approche, et les formulations qui en dérivent, intègrent l’évaluation conjointe de la distribution de probabilité d’une variable « target » et de ses incréments spatiaux associés, pris entre des emplacements séparés par une distance (« lag ») donnée. Le champ aléatoire associé aux taux de réaction est interprété à travers un modèle de mélange bimodal généralement non-Gaussien. Les modes de ce dernier correspondent à un champ aléatoire indicateur qui est à son tour lié à l’occurrence de différents processus à l’intérieur du domaine d’observation. Le modèle intègre dans un cadre théorique unique les principaux traits qui se dégagent de l’analyse stochastique du système. Le Chapitre 4 est consacré à la présentation des résultats détaillés des investigations expérimentales et théoriques, tandis que les conclusions et les perspectives sont offertes dans le Chapitre 5.
Qui sont les premiers ancêtres des scorpions, des araignées et des limules ?
Un doctorant de la Faculté des géosciences et de l’environnement de l’Université de Lausanne (UNIL), avec le soutien d’un scientifique CNRS, a identifié un fossile qui fait le lien entre les espèces modernes et celles du Cambrien (-505 millions d’années), résolvant ainsi un mystère qui a très longtemps taraudé les paléontologues.
Les scorpions, araignées et limules modernes font partie de la très grande famille des arthropodes, apparue sur terre il a près de 540 millions d’années. Plus précisément, ils appartiennent à un sous-embranchement qui réunit les organismes dotés de pinces, servant notamment à mordre, traîner les proies ou leur injecter du venin – les chélicères, d’où leur nom de chélicérates. Mais quels sont donc les ancêtres de ce groupe bien spécifique ?
Depuis le début des études de fossiles anciens, cette question a intrigué les paléontologues. Impossible en effet d’identifier avec certitude, parmi les arthropodes primitifs, des animaux ayant suffisamment de points communs avec les espèces modernes, pour faire figure d’ancêtre. Le mystère était par ailleurs accentué par le manque de fossiles disponibles pour la période clé comprise entre -505 et -430 millions d’années, qui auraient facilité l’enquête généalogique.
Alors doctorant de la Faculté des géosciences et de l’environnement de l’Université de Lausanne (UNIL), Lorenzo Lustri a apporté la pièce manquante à ce puzzle. En étudiant avec ses encadrants une centaine de fossiles datant de -478 millions d’années et issus du gisement de Fezouata au Maroc, il a mis en lumière le candidat qui fait le lien entre les organismes modernes et ceux du Cambrien (-505 millions d’années). L’étude est parue dans Nature Communications.
Le site de Fezouata a été découvert au début des années 2000, et a été l’objet de très nombreuses analyses. Le fossile illustré dans la publication, l’un des plus abondants dans le gisement, n’avait toutefois encore jamais été décrit. D’une taille de 5 à 10 millimètres, il a été baptisé Setapedites abundantis. Cet animal permet ainsi, pour la première fois, de retracer la lignée entière des chélicérates, depuis l’apparition des premiers arthropodes jusqu’aux limules, araignées et scorpions modernes.
« Initialement, il était seulement prévu de décrire et nommer ce fossile. Nous n’imaginions absolument pas qu’il renfermerait tant de secrets », confie Lorenzo Lustri, le premier auteur de l’article, qui a soutenu son doctorat en mars 2023. « C’était donc une surprise exaltante de réaliser, après de minutieuses observations et analyses, qu’il comblait également une lacune importante dans l’arbre de la vie. »
Le fossile n’a toutefois pas encore fini de livrer tous ses secrets. En effet, certains de ses traits anatomiques permettent d’aller plus loin dans la compréhension de l’évolution précoce du groupe des chélicérates, et peut-être même de rattacher à ce groupe d’autres formes fossiles dont les relations de parenté restent très débattues.
Une exposition temporaire sur le biote de Fezouata, en collaboration avec l’UNIL, se tiendra par ailleurs prochainement au Palais de Rumine, à Lausanne.
Pour obtenir ces résultats, les scientifiques ont étudié une centaine de fossiles et recouru à l’utilisation d’un scanner à rayons X pour reconstituer en détail, et en 3D, leur anatomie. Ils ont ensuite pu mener des comparaisons avec de nombreux chélicérates fossiles provenant d’autres sites, et avec leurs plus anciens cousins. C’est enfin à l’aide d’analyses phylogénétiques, qui permettent de reconstituer de façon mathématique l’arbre généalogique de différentes espèces à partir du « codage » de l’ensemble de leurs traits anatomiques, que l’importance du fossile de Fezouata est vraiment apparue.
Thèse en sciences de l’environnement, soutenue le 27 mai 2024 par Samantha Sithole, rattachée à l’Institut de géographie et durabilité (IGD) de la FGSE.
Cette thèse examine le rôle des jeunes au sein de la gouvernance de la conservation, des salles de conférence animées du Congrès Mondial de la Nature aux routes étroites du Parc National Kruger. Elle explore, à plusieurs niveaux, comment les jeunes sont définis et comment ils sont mobilisés au sein de gouvernance de la conservation.
L’étude menée comporte deux objectifs. Premièrement, il s’agit d’interroger les perspectives des jeunes concernant la conservation en fonction de leur mobilisation par d’autres acteurs ou de leur auto-mobilisation. Deuxièmement, il s’agit d’analyser comment les différentes manières de catégoriser les jeunes influencent leur engagement en faveur de la conservation.
La perspective analytique des youth studies est mobilisée pour étudier la conservation, la gouvernance et l’engagement du point de vue des jeunes. Des recherches antérieures dans ce champ d’étude soutiennent que le point de vue des jeunes peut aider à étudier ce que signifie être jeune en lien avec divers phénomènes mondiaux et locaux.
Cette recherche présente les expériences de jeunes du Sud global, en se focalisant plus spécifiquement sur la jeunesse africaine. Cette étude repose sur une analyse qualitative de données collectées via des entretiens semi-structurés, des observations participantes, une ethnographie événementielle et une analyse documentaire.
Les résultats de cette recherche démontrent que la manière dont les jeunes sont catégorisés dans les récits et les cadres de référence globaux affecte leur capacité à participer aux efforts de conservation. L’étude suggère que les interventions de gouvernance concernant la jeunesse sont influencées par la manière dont les organisations environnementales catégorisent initialement les jeunes. De plus, les expériences subjectives des jeunes mettent en évidence des intersections entre le genre, l’âge et la culture, ce qui révèle de multiples défis mais aussi des opportunités de collaboration par le biais de la formation entre pairs, du mentorat et du renforcement des capacités.
Dans l’ensemble, les possibilités pour les jeunes de naviguer au sein de la gouvernance de la conservation sont entravées par leur engagement inégal et stratifié aux niveaux mondial, régional et local. Les perspectives des jeunes suggèrent que leur mobilisation devrait se concentrer sur la promotion de la confiance, la cession de l’autorité et sur le respect dans des espaces sûrs de gouvernance. Cette étude propose ensuite un modèle adapté d’engagement des jeunes qui insiste sur l’importance de dépasser les classifications uniformisées des jeunes et d’embrasser leur diversité.
Bastien Ruols, doctorant à l’Institut des sciences de la Terre, a remporté ce printemps un prix du Fonds national suisse (FNS) récompensant les meilleures images de la recherche en Suisse.
Primé dans la catégorie « lieux et instruments », son Cold Camping illustre un moment insolite de ses recherches, durant lequel les scientifiques ont campé sur un glacier.
Le prix SNSF Scientific Image Competition est organisé annuellement depuis 2017. Il a pour objectif de mettre en évidence l’importance croissante de l’image dans la recherche, illustrer le travail des scientifiques, et mettre un visage sur les chercheuses et chercheurs. Depuis sa création, près de 3’000 clichés ont été soumis au jury, composé de spécialistes de l’image et des media, ainsi que de représentant.e.s des musées ou de la recherche. Dans le cadre de l’édition 2024, Bastien Ruols a concouru dans la catégorie « lieux et instruments ». Bien lui en a pris puisque qu’il a remporté une distinction du jury.
La photo primée a été prise par un drone volant au-dessus du glacier d’Otemma, en Valais. Les scientifiques avaient décidé de camper directement sur le glacier pour être opérationnels dès le matin et le plus tard possible dans la journée afin de collecter un maximum de données, d’où son intitulé : Cold Camping.
Pour Bastien Ruols, cette photo évoque un instant inédit. « Camper sur un glacier était quelque chose de nouveau et de surprenant pour moi, alors que je travaille dans ce domaine depuis 3 ans déjà. J’ai donc pensé qu’il pourrait l’être encore plus pour des néophytes ».
Sa participation au concours concrétise l’habitude qu’il a prise, de réaliser des clichés lors de ses expéditions. « Je suis fier d’avoir remporté cette distinction car je m’adonne à la photographie depuis mon premier appareil reçu en cadeau de mes parents pour mes 25 ans. Ce que j’aime, c’est réfléchir à la composition du cliché, et ces dernières années les drones procurent de nouvelles perspectives grâce aux points de vue uniques qu’ils offrent. Les motifs visibles à la surface de la glace sont par exemple difficiles à retranscrire en photo depuis la surface. »
Le dispositif développé par Bastien Ruols combinant le potentiel de mesure du géoradar et la mobilité du drone
Dans le cadre de ses recherches dans le groupe Cold Regions Applied Geophysics, Bastien Ruols a développé un dispositif innovant associant un géoradar à un drone (différent de celui utilisé pour prendre la photo). Le géoradar envoie des ondes à travers les couches de glace, qui sont réfléchies par le substrat rocheux ou des structures intra-glaciaires. On peut ainsi mesurer l’épaisseur de la glace, mais aussi localiser les structures internes des glaciers comme des rivières sous-glaciaires et des cavités d’air par exemple.
Le drone permet d’obtenir des mesures d’une précision impossible à acquérir par hélicoptère ou avion, et de gagner en efficacité par rapport aux mesures effectuées à pied ou à ski (tout en évitant toute prise de risque). De plus chaque trajet effectué étant enregistré, il peut être reproduit exactement d’une mesure à l’autre, ajoutant une dimension temporelle aux observations. Nous ne parlons donc plus de modèles 3D, mais bien 4D grâce à cette dimension de temps additionnelle. Les modélisations de glaciers déjà réalisées grâce aux mesures fournies par ce système sont d’une qualité sans précédent.
Pour plus de détails, voir la présentation de Bastien Ruols lors du concours Ma Thèse en 180 secondes – 2024.
L’économie contemporaine aspire à une croissance continue, alors que les ressources terrestres sont limitées. Par conséquent, les productions de biens et de nourriture doivent se réorienter vers des modèles plus soutenables.
Nicolas Bissardon, alumni de la FGSE, a conçu et testé un outil d’évaluation inédit pour mesurer la durabilité des entreprises. Son travail a été couronné par le Prix Durabilis à l’automne 2023, qui récompense des travaux de bachelor ou de master intégrant une réflexion approfondie sur la durabilité.
D’un concept théorique à son application pratique
Prenons une ferme modèle : le Panier à 2 roues (P2R). Cette coopérative, créée en 2010, fonctionne en Agriculture Contractuelle de Proximité (ACP). Elle livre ainsi à fin 2022 environ 330 paniers dans 19 points de livraison répartis sur l’agglomération lausannoise, et propose des produits maraîchers (mais aussi du pain, des œufs, du tofu ou du fromage) issus d’une culture respectueuse de l’environnement, tout en favorisant les liens sociaux entre producteurs et consommateurs. Le panier à 2 roues repose sur des pratiques agricoles, telles que la minimisation du travail du sol, la promotion de la biodiversité ou des conditions de travail respectueuses (salaires équitables, gouvernance partagée). Des événements sociaux sont également organisés pour renforcer les liens entre les coopérateurs et les producteurs.
Ce modèle semble donc à priori cocher toutes les cases pour assurer un haut niveau de durabilité et d’éthique. Comment le quantifier, identifier les biais cachés et aller encore plus loin ?
Nicolas Bissardon ancien étudiant du Master en fondements et pratiques de la durabilité, a justement eu pour mission de créer et tester une nouvelle méthode qui permettrait de faire ce point de situation. Dans le cadre de son travail, qui lui a valu le prix Durabilis, il a choisi d’analyser cette entreprise déjà fortement engagée dans la durabilité, afin de déterminer où se situent les actions potentielles (et les freins) pour que le modèle atteigne une quasi-neutralité environnementale, tout en garantissant un fonctionnement respectueux du personnel et un ancrage dans le tissu social local. Pour ce faire il a utilisé un outil inédit basé sur le concept théorique de la permacircularité.
Permacircularité : qu’est-ce que cela signifie ?
Le concept a été énoncé en 2017 par Dominique Bourg et Christian Arnsperger, alors tous deux enseignants au master en fondements et pratiques de la durabilité de FGSE. Il propose une réinscription des activités humaines dans les limites planétaires et d’en assurer le « non-dépassement obligatoire ». Le nom de permacircularité provient de la contraction entre permanence, qui évoque le fait que les activités humaines doivent viser la durabilité pour le temps long et circularité, qui évoque le fait que les flux soutenant les activités humaines sont aujourd’hui principalement linéaires.
La permacircularité repose sur une vision décomposée en 3 niveaux distincts permettant « de ne pas perdre de vue les complexités systémiques d’une authentique permacircularité » afin de créer des modèles d’activités humaines durables, respectueuses de l’environnement et socialement responsables. Elle vise à instaurer des boucles vertueuses où les déchets deviennent des ressources, où les processus de production imitent les cycles naturels, et où la prise en compte des aspects sociaux est intégrée dès la conception des activités.
Nicolas Bissardon, comment avez-vous initié cette démarche ?
Dans la pratique, la première étape a consisté à identifier des indicateurs pertinents pour évaluer la durabilité des activités de la ferme. Ces indicateurs devaient être facilement testables et en nombre raisonnable vis-à-vis des ressources disponibles au P2R. J’ai d’abord considéré les indicateurs spécifiques aux activités agricoles (indicateurs contextuels), tels que la consommation d’eau, les bilans des apports azote et phosphore, ou la préservation de la biodiversité des sols. Au final 17 indicateurs contextuels ont été retenus.
J’ai ensuite considéré des éléments d’ordre plus général et les aspects socio-économiques des activités de la ferme (indicateurs universels, potentiellement applicables à toute activité) : consommation énergétique (électricité, essence etc), relations avec les clients et les fournisseurs, ancrage de l’entreprise dans son environnement et sa région, raison d’être de l’entreprise. Au total 36 indicateurs universels se sont ajoutés aux 17 contextuels. L’évaluation de ces 53 indicateurs sous l’angle de la durabilité m’a permis debrosser un portrait complet de la soutenabilité des activités de la ferme.
Figure 1 : Évaluation de la permacircularité du P2R, indicateurs manquants mis en évidence
Sur la base de votre analyse, quelles améliorations ou freins identifiez-vous pour l’évolution du modèle à haut standard de P2R ?
Le bilan effectué sur la base des indicateurs a permis d’identifier rapidement des actions concrètes à entreprendre, comme l’aménagements d’espaces favorables à la biodiversité (haies par exemple) l’utilisation de fertilisants produits sur la ferme ou la mise en oeuvre d’un plan de formation pour le personnel.
Des freins à l’accroissement de la durabilité ont également émergé : l’usage de matériel plastique est par exemple très difficile à contourner, les alternatives étant rares et généralement plus chères. Si dans l’absolu, aucun carburant fossile ne devrait être utilisé sur le long terme, une analyse fine de l’empreinte globale de l’utilisation très raisonnée de machines thermiques ou l’investissement dans de nouvelles à propulsion électriques (avec toutes les questions d’extraction associées) devrait être effectuée avant d’arbitrer. Le cadre d’évaluation de la permacircularité n’exclut ainsi pas des analyses ponctuelles utilisant d’autres méthodes (analyse du cycle de vie, analyse des flux de matière, etc…) afin d’arbitrer des problématiques précises.
La démarche a également souligné l’importance de prendre en compte l’échelle considérée. L’indicateur lié à la biodiversité de l’écosystème pourrait par exemple positivement évoluer, en incluant les pratiques en arboriculture d’une ferme voisine. On ne peut pas s’attendre à ce que chaque structure fasse de tout, mais quedans une zone donnée les différentes activités se complètent en créant des synergies positives. Il est donc primordial d’analyser la permacircularité à des échelles variées afin de détecter synergies et manquements.
Cette démarche a montré qu’une approche holistique telle que celle menée ici, permet de mettre en évidence des angles mortsqui restent bien souvent cachés lors de l’appréciation de la durabilité des activités d’une entreprise par d’autres méthodes. Par exemple, la caractérisation des liens entre le P2R et son environnement extérieur permet de réinscrire les activités de la coopérative, très locales, dans les enjeux plus globaux. Cette approche systémique aide à mettre en évidence des points de leviers qui pourraient être actionnés et dont l’influence serait plus large que l’echelle du P2R lui-même.
Dans quelle mesure cet outil pourrait-il être développé et appliqué à d’autres entreprises ?
Cet outil a été conçu afin d’être applicable à toute activité humaine. Néanmoins, des adaptations mineures sont nécessaires. Il faudrait ainsi redéfinir les indicateurs contextuels (liés à la branche de l’entreprise) afin de les adapter à chaque situation spécifique. Les indicateurs universels s’appliquent quant à eux à n’importe quelle structure. Des synergies ont été relevées lors des recherches avec des méthodologies déjà mises en œuvre comme celle proposée en 2021 par Sylvain Breuzard dans son livre décrivant le modèle de “perma-entreprise“ inspiré de la permaculture. Il y préconise le développement des entreprises autour de trois principes éthiques : « prendre soin des humains », « préserver la planète », « se fixer des limites et partager équitablement », piliers qui relèvent pleinement de la permacircularité.
Cette démarche permet d’offrir à l’entreprise un regard lucide sur les implications climatiques, sociales et géopolitiques de ses activités.
Nicolas Bissardon
L’évaluation de la permacircularité pour une entreprise ne se concrétise pas systématiquement par un gain financier direct. Cependant, elle lui offre une vision des enjeux liés aux ressources consommées et au système dans lequel elle opère et lui permet de réfléchir à des stratégies de résilience face aux incertitudes futures. S’il n’y a actuellement pas de projet actif utilisant cet outil, de nouvelles mises en pratiques pourraient être étudiées dans le cadre d’un autre travail de master ou d’un projet de recherche par exemple.
Bio express
Nicolas Bissardon a suivi un parcours atypique : ingénieur de formation, il a travaillé durant 10 ans dans le domaine de l’aéronautique. Face à la crise climatique, il s’est retrouvé confronté au manque de perspective d’améliorer la durabilité de manière significative dans son domaine. Désireux de compléter son bagage avec des sciences humaines, sociales et économiques et dans l’optique d’une reconversion professionnelle, il s’est inscrit au master en fondements et pratiques de la durabilité. Durant son cursus il a pu acquérir « les outils d’analyse et de réflexion ainsi que les savoir-faire nécessaires pour articuler les principes théoriques à des pratiques innovantes, capables de répondre aux défis de la transition écologique ».
Actuellement consultant en mobilité, il mène à bien des projets divers permettant notamment de diminuer la part de la voiture individuelle (réaménagement de rues, aménagements cyclables, plan de mobilité d’entreprise).
Dominique Bérod, Head of the Earth System Monitoring Division, World Meteorological OrganizationFranz Prettenthaler, Director of the Institute for Climate, Energy and Society, Joanneum ResearchPhilippe Naveau, CNRS Research Director, LSCERomain Pilon, Postdoc. researcher, Grégoire Mariéthoz, Prof. at FGSE and ECCE, and Dominique Bérod, Head of the Earth System Monitoring Division, World Meteorological OrganizationDiane von Gunten, Project manager at the Office cantonal de la durabilité et du climat, Etat de VaudEric Jondeau, Professor at HEC and ECCE, UNILErwan Koch, Director of ECCE, UNILFelicitas Morhart, Professor and HEC Vice-Dean Outreach and ImpactSonia Seneviratne, Professor ETH ZurichMichael Tippett, Professor Columbia UniversityNiklas Linde, Professor and FGSE DeanValérie Chavez, Professor at HEC and ECCE, Juraj Bodik, PhD student at HEC, Michael Lehning, Prof. EPFL and WSL, Academic Co-Director, CLIMACTRomain Pilon, Postdoc. researcher, Grégoire Mariéthoz, Prof. at FGSE and ECCE, and Isabelle Bey, Head of the Regional Center in Geneva, MeteoSwiss