Géoblog

Le blog scientifique vulgarisé de la Faculté des géosciences et de l'environnement

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  • Pression de la roche en profondeur : une question de poids, mais pas uniquement !

    Pression de la roche en profondeur : une question de poids, mais pas uniquement !

    Un article scientifique sur les variations de pression métamorphique dans la nappe tectonique du Mont Rose alpin est paru dans la prestigieuse revue Nature Communications et résulte de la collaboration de chercheurs de l’Institut des sciences de la Terre (ISTE) et de l’Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST).

    Cindy Luisier, géologue et première auteure de l’article a démontré durant sa thèse que la pression de la roche en profondeur n’est pas seulement contrôlée par le poids de la roche du terrain, qu’on dit lithostatique, mais peut varier à la même profondeur en raison de contraintes dynamiques. Les observations sur le terrain proviennent du massif du Mont Rose dans les Alpes occidentales. La thèse de doctorat de Cindy Luisier a été financée par le FNS, le SwissSIMS et a été supervisée par les professeurs Lukas Baumgartner et Stefan Schmalholz de l’ISTE, co-auteurs de la publication. Une partie de l’analyse géochimique essentielle a été effectuée en collaboration avec le professeur Torsten Vennemann de l’IDYST.

    Le Massif du Mont Rose (© photo Wikipedia)

    En résumé, l’article remet en question ce qu’on appelle le paradigme de la pression lithostatique, qui est couramment appliqué pour convertir la pression métamorphique d’une unité rocheuse en sa profondeur d’enfouissement. La pression métamorphique peut être obtenue à partir d’assemblages minéraux dans les roches, prélevés sur le terrain, car des assemblages minéraux spécifiques ne peuvent se former que pour des pressions spécifiques.

    Clé de l’étude, le paradigme lithostatique suppose que la pression pour n’importe quelle profondeur dans la Terre peut être calculée en supposant une pression hydrostatique, comme c’est le cas dans une colonne d’eau. Cette pression lithostatique est alors essentiellement une fonction linéaire de la profondeur. Suivant ce paradigme, la pression métamorphique maximale pour une unité de roche cohérente est convertie en profondeur d’enfouissement. Au cours des dernières décennies, le paradigme de la pression lithostatique et les rapports faisant état d’estimations de pression toujours plus élevées pour des volumes de roches mineurs ont donné lieu à de multiples interprétations de l’évolution géodynamique des Alpes.

    Dans l’unité tectonique étudiée du Mont Rose, des pressions métamorphiques considérablement différentes sont déterminées dans les roches adjacentes. Luisier et ses coauteurs ont déterminé que la différence de pression était d’environ 8 kbar, ce qui correspond au poids d’une colonne rocheuse d’une hauteur de 25 à 30 km. Pour être en accord avec le paradigme lithostatique, ces différences de pression s’expliquent généralement par le mélange tectonique, la régression des minéraux à haute pression ou le manque d’équilibre des ensembles minéraux. Les chercheurs de la FGSE démontrent avec des observations de terrain microstructurelles, ainsi que la pétrologie de phase et la géochimie que ces explications communes ne sont pas en accord avec les observations.

    Ils concluent qu’il y avait une variation de pression dans l’unité tectonique du Mont Rose à la même profondeur d’enfouissement. Les auteurs montrent en outre à l’aide de deux modèles théoriques simples que de telles variations de pression peuvent être générées dans des roches mécaniquement hétérogènes, soit par des contraintes tectoniques dues à la collision du continent alpin, soit par des réactions minérales et les changements de volume associés. Les résultats obtenus par Luisier et ses collaborateurs peuvent avoir un impact significatif sur la compréhension de l’évolution géodynamique des Alpes, car ils suggèrent que les principales unités tectoniques, appelées nappes, ont été enterrées beaucoup moins profondément qu’on ne le pense généralement.

    Référence bibliographique

    Auteur : CellComDec / Nicolas Bourquin

  • Doit-on craindre l’effondrement ?

    Doit-on craindre l’effondrement ?

    Gabriel Salerno, Institut de géographie et durabilité (IGD)

    Sophie Swaton est philosophe, économiste et Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut de géographie et durabilité, Gabriel Salerno est assistant doctorant dans le même institut.

    Tous deux sont invité dans l’émission Les échos de vacarme de la RTS du dimanche 13 octobre. Ils y traitent des effondrements sociétaux, de l’urgence climatique, de l’extinction de masse des espèces et du système économique carboné dans l’émission.

  • C Politique, la suite – Intégrale avec Dominique Bourg

    C Politique, la suite – Intégrale avec Dominique Bourg

    Dominique Bourg, philosophe et professeur honoraire à l’Institut de géographie et durabilité, intervient dans l’émission de France 5 « C Politique » le 13 octobre 2019. (suite…)

  • Reconstructing Climate Patterns in Europe during the LGM from Inversions of Past Ice Extents

    Reconstructing Climate Patterns in Europe during the LGM from Inversions of Past Ice Extents

    Thèse soutenue par Vjeran Visnjevic, le 17 octobre 2019, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Le dernier maximum glaciaire (LGM), 26 à 19 ka, représente la dernière phase froide la plus récente de l’histoire de la Terre et la dernière fois que le climat des planètes était très différent de celui d’aujourd’hui. (suite…)

  • La ville de Lausanne ouvre la chasse aux perturbateurs endocriniens !

    La ville de Lausanne ouvre la chasse aux perturbateurs endocriniens !

    Nathalie Chèvre, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    La ville de Lausanne monte un programme novateur pour limiter l’exposition des enfants en bas âge dans les centres de vie enfantines. Ce programme, intitulé « Perturbateurs endocriniens: de la sensibilisation à l’action », vise à limiter l’exposition des enfants à ces substances indésirables dans les centres de vie enfantine.

    La ville de Lausanne a été accompagnée dans son projet par un groupe d’experts, dont fait partie Nathalie Chèvre, Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre.

  • La conservation d’une savane tropicale en Afrique centrale : de l’histoire et la culture à la politique

    La conservation d’une savane tropicale en Afrique centrale : de l’histoire et la culture à la politique

    Conférence de la prof. Gretchen WALTERS, Institut de géographie et durabilité, dans le cadre de la Cérémonie d’ouverture des cours pour l’année académique 2018-2019.

  • Le permafrost fond à grande vitesse

    Le permafrost fond à grande vitesse

    Christophe Lambiel, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Christophe Lambiel, Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre, est interviewé dans le 19h30 du 24 septembre sur la question du permafrost.

    Le dernier rapport du GIEC émet des prévisions alarmantes sur cette portion de terre gelée en permanence qui pourrait disparaître complétement d’ici à 2100. En Arctique, le permafrost libère par sa fonte d’immenses quantités de méthane et de CO2, ce qui renforce l’effet du réchauffement climatique. Dans les Alpes, Christophe Lambiel estime que des éboulements seront plus nombreux.

  • Sophie Swaton, présidente de la Fondation Zoein

    Sophie Swaton, présidente de la Fondation Zoein

    Sophie Swaton, Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut de géographie et durabilité, est interviewée sur le site d’actualités Heidi.news. (suite…)

  • Quelle place pour la nature sauvage ?

    Quelle place pour la nature sauvage ?

    Une émission avec la participation de Joëlle Salomon Cavin, Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut de géographie et durabilité, et de Raphaël Arlettaz, Université de Berne. (suite…)

  • On the Thermo-Mechanics of Ductile Strain Localization in the Lithosphere and New Steps towards a Nappe Theory of the Helvetic Alps

    On the Thermo-Mechanics of Ductile Strain Localization in the Lithosphere and New Steps towards a Nappe Theory of the Helvetic Alps

    Thèse soutenue par Daniel Kiss, le 10 octobre 2019, Institut des sciences de la Terre (ISTE)

    La déformation est souvent observée dans les roches, comme des plis, ou des ruptures avec des déplacements notables. L’un des exemples les plus spectaculaires à grande échelle (à l’échelle des montagnes) est situé le long de la vallée du Rhône, proche de Martigny, en Suisse. On y trouve un paquet de roches sédimentaires plissées de plusieurs km d’épaisseur et de dizaines de km de long, appelé pli de la nappe de Mordes. Il est facilement observable par exemple sur la Dent de Mordes ou sur les Dents du Midi.

    La nappe du Wildhorn, autre nappe tectonique alpine, se trouve au-dessus de la nappe de Mordes. La nappe du Wildhorn est un paquet de roche qui a été transportée par-dessus la zone de cisaillement basale ou le chevauchement (une surface de glissement avec une déformation de cisaillement intense) de plusieurs dizaines de km de sa place d’origine. Ce déplacement est observable par exemple sur le Wildhorn ou sur les Diablerets.

    Bien que ces nappes sont observées depuis plus de cent ans, les mécanismes physiques qui forment ces nappes sont encore mal compris. A l’échelle globale, la déformation des roches est caractérisée par des zones de déformations intenses et la localisation de la déformation est séparée par des domaines de petites déformation ou des domaines sans déformation.

    Ce mode de déformation est reflété par la tectonique des plaques. La couche dure la plus externe de la Terre (la lithosphère) est constituée de plusieurs plaques tectoniques, qui flottent sur une couche plus faible (l’asthénosphère), chacune de ces plaques bougent entre elles en suivant leur propre direction. La déformation lithosphérique est typiquement localisée en bordure de plaque, ou deux plaques se rencontre.

    Ce comportement de localisation de la déformation est naturel dans le régime de déformation cassant (lorsque des roches se brisent au quotidien). Toutefois, en régime ductile (lorsque les roches s’écoulent ou fluent lentement, généralement à quelques dizaines de km de profondeur), la déformation a tendance à se répartir.

    Comprendre les processus physiques qui favorisent la localisation de la déformation ductile par rapport à la distribution de la déformation ductile est une clé pour mieux comprendre la tectonique des plaques.

    L’objectif de cette thèse est de formuler et d’appliquer des modèles, basés sur la mécanique des milieux continus, pour comprendre la localisation spontanée des contraintes ductiles et la formation des nappes.

    Dans le premier article de cette thèse nous étudions la génération spontanée des zones de cisaillement ductiles par ramollissement dû à la température (thermal softening) et par chauffe de frottement (shear heating) c’est-à-dire à la conversion du travail dissipatif en chaleur. Sur la base d’un modèle simple ID, nous avons déterminé une nouvelle formule analytique pouvant être utilisée pour estimer la température des zones de cisaillement.

    Dans le deuxième article, nous présentons les résultats de simulations numériques 2D sur l’initiation de la subduction. L’initiation à la subduction se produit lorsqu’une nouvelle limite de plaque se forme, ou les deux plaques se rapprochent l’une de l’autre, et ou l’une des deux plaques passe en dessous de l’autre et plonge dans l’asthénosphère. Nous démontrons que la génération spontanée des zones de cisaillement ductile est un mécanisme possible pour l’initiation de la subduction. Nous montrons que la formule analytique présentée dans notre premier article peut s’appliquer aux scénarios à l’échelle lithosphérique avec une rhéologie et une géométrie complexe.

    Dans le troisième article de cette thèse, nous présentons un nouveau modèle mécanique de détachement, de transport et d’empilement de nappes tectoniques, appliqué au système des nappes helvétiques. Les structures modélisées et le champ de température concordent avec les données du système des nappes helvétiques, caractérisé par l’empilement de la nappe de charriage du Wildhorn au-dessus de la nappe plissée de Mordes.

  • Changements climatiques et environnementaux au cours du Jurassique inférieur: une comparaison entre les bassins de Wessex, sud Alémanique et Lombard

    Changements climatiques et environnementaux au cours du Jurassique inférieur: une comparaison entre les bassins de Wessex, sud Alémanique et Lombard

    Thèse soutenue par Iris Schöllhorn, le 2 octobre 2019, Institut des sciences de la Terre (ISTE)

    De la fin du Trias au Jurassique inférieur, deux grands évènements ont profondément bouleversés la Terre :

    1. la crise de la fin du Trias (201.56 Ma),
    2. l’événement anoxique du Toarcien (˜ 183 Ma).

    La crise du Trias terminal, qui est une des cinq plus grandes extinctions de masse, a provoqué la disparition de 50-75 % des espèces, laissant ainsi de nombreuses niches écologiques à la disposition des dinosaures qui ont dès lors dominé durant le Jurassique. Elle fut causée par la mise en place d’une grande province magmatique (Central Atlantic Magmatic Province, CAMP) située sur les bordures de l’Atlantique, de l’actuel Canada au Brésil et du Portugal au Sénégal.

    L’événement anoxique du Toarcien inférieur, lui, a été marqué par une forte réduction de la concentration en oxygène dans de nombreux bassins océaniques affectant ainsi la vie marine. Cet événement est également lié à un volcanisme induit par une gigantesque province magmatique (Karro-Ferrar) mais cette fois- ci située plus au Sud en Afrique du Sud et en Antarctique.

    Bien que ces deux évènements aient été intensément étudiés, l’intervalle entre ces deux crises a reçu moins d’attention et est donc encore relativement méconnu. Cette période est caractérisée par la dislocation de la Pangée qui était encore un continent unique à la fin du Trias.

    Sa fracturation a créé de nombreux nouveaux bassins et passages océaniques provoquant ainsi de grands changements dans les courants océaniques et dans la répartition des climats à échelle mondiale. L’Europe a alors été submergée et recouverte de mers tropicales peu profondes. En outre, le climat a également été influencé par des variations des paramètres orbitaux et par des événements volcaniques. Cependant, beaucoup de questions restent encore ouvertes :

    Comment la biosphère a-t-elle récupéré après l’importante crise à la fin du Trias ?
    Comment le climat a-t-il évolué lors de l’ouverture de la Pangée ?
    A-t-il varié de façon homogène à travers l’Europe ?
    Quelle est la répartition et l’ampleur des anoxies durant cet intervalle de temps ?
    Le climat était-il influencé par des évènements volcaniques ?

    Afin d’apporter des éléments de réponses à ces questions, nous avons étudié cette période entre ces deux crises. Dans ce but, nous avons effectué une vaste gamme d’analyses géochimiques, sédimentaires et palynologiques sur des échantillons de roches allant de l’Hettangien jusqu’au Pliensbachien (201.35 à 183.8 Ma) et représentant trois domaines paléogéographiques distincts en Europe (bassin de Wessex – S.O. de l’Angleterre ; bassin Alémanique S.-N. de la Suisse; bassin Lombard – S. de la Suisse).

    Ces analyses nous ont permis de reconstituer un climat qui était changeant plutôt que stable. Durant le tout début du Jurassique des conditions appauvries en oxygène et une chute de la production carbonatée occasionnées par des conditions plus hydrolisantes en climat chaud et humide ont été enregistrées dans les bassins de Wessex et Lombard. Des conditions climatiques et environnementales stressantes ont donc perduré après la crise jusque dans le jurassique inférieur dans ces deux bassins.

    Un autre événement a été enregistré à la limite Sinémurien-Pliensbachien. Ce dernier était caractérisé, aux alentours du bassin de Wessex, par des conditions plus sèches et probablement plus froides tandis que le bassin Lombard, au contraire, a enregistré des conditions plus hydrolisantes et probablement un climat plus chaud.

    Par la suite, durant le Pliensbachien, les alentours du bassin de Wessex étaient caractérisés par des conditions globalement plus arides que l’Hettangien et le Sinémurien entrecoupées par des périodes plus humides. Cette évolution reflète des changements à long-terme impliquant soit une diminution de la pression partielle du dioxyde de carbone atmosphérique due à une réduction des émissions de gaz à effet de serre d’origine volcanique soit des variations dans les courants océaniques liés à l’ouverture de la Pangée.
    Des analyses en mercure ont permis de mettre en évidence de potentiels évènements volcaniques durant cette période.

    Un autre aspect, améliorant la compréhension des changements paléocéanographiques, a été l’étude de sédiments très condensés et riches en phosphore dans le sud du bassin Alémanique (Jura Est). Ces observations et leur comparaison avec d’autres études laissent supposer que le Jurassique inférieur pourrait être considéré comme un précurseur ayant mené à la mise en place d’un événement de phosphatogenèse global durant le Jurassique moyen et supérieur.

  • Ecologie politique d’un fleuve sacré : cycle hydrosocial et gouvernance du Gange en Inde

    Ecologie politique d’un fleuve sacré : cycle hydrosocial et gouvernance du Gange en Inde

    Thèse soutenue par Flore Lafaye de Micheaux, le 13 septembre 2019, Institut de géographie et durabilité (IGD)

    Cette recherche s’inscrit dans une démarche de political ecology qui vise à interroger la formulation d’un problème environnemental, pour comprendre les ressorts de sa construction. (suite…)

  • La mondialisation peut-elle s’écrire en vert ?

    La mondialisation peut-elle s’écrire en vert ?

    Une émission de la RTS, avec la participation de Dominique Bourg, philosophe et professeur honoraire à l’Institut de géographie et durabilité.

  • Chamoson : voiture recherchée au magnétomètre

    Chamoson : voiture recherchée au magnétomètre

    Deux collaborateurs de l’Institut des sciences de la Terre sont intervenus dans le 19h30 de la RTS du 23 août 2019. (suite…)

  • Les feux en Amazonie et ailleurs

    Les feux en Amazonie et ailleurs

    Dans un article paru dans Le Courrier / La Liberté, le Prof. de géographie Christian Kull détaille avec bon sens les effets actuels des immenses incendies en Amazonie et dans d’autres régions du globe. (suite…)