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Le blog scientifique vulgarisé de la Faculté des géosciences et de l'environnement

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  • La relance économique risque de s’accompagner d’un rebond des émissions de CO2

    La relance économique risque de s’accompagner d’un rebond des émissions de CO2

    Dans cette interview, Augustin Fragnière, chargé de cours à l’Institut de géographie et durabililté et chef de projet au Centre interdisciplinaire de durabilité, discute des enseignements à tirer de l’épidémie du coronavirus vis à vis du changement climatique. Il y explique qu’un effet de rebond en terme d’émissions de CO2 est à prévoir après la crise, même si un effort similaire d’ampleur internationale permettrait de limiter les effets du changement climatique.

  • Réseaux de capteurs sans fil pour la surveillance des glissements de terrain: application et optimisation par analyse de visibilité sur des nuages de points 3D

    Réseaux de capteurs sans fil pour la surveillance des glissements de terrain: application et optimisation par analyse de visibilité sur des nuages de points 3D

    Thèse soutenue par Teresa GRACCHI le 21 avril 2020, Institut des sciences de la Terre (ISTE)

    Les glissements de terrain sont des phénomènes géomorphologiques fréquents et répandus avec un énorme impact sur la société, l’économie et l’environnement. Dans les zones sujettes, les dispositifs de surveillance associés aux systèmes d’alerte rapides sont un bon moyen, et parfois l’unique solution, pur réduire le risque. Pour cette raison, un intérêt particulier a été réservé aux réseaux de capteurs sans fil.

    Dans cette thèse, nous avons analysé les données d’un nouveau prototype de surveillance de l’instabilité au sol appelé Wi-GIM (Wireless Sensor Network for Ground Instability Monitoring). Il s’agit d’un réseau constitué de noeuds capables de mesurer leurs inter-distances mutuelles en calculant le temps de vol d’une impulsion ultra-large-bande. Le système a été testé dans un environnement extérieur contrôlé et appliqué pour la surveillance des déplacements d’un véritable glissement de terrain, c’est-à-dire la coulée de boue de Roncovetro en Italie, où une surveillance parallèle avec une station totale robotisée (RTS) a permis de valider le système.

    Les résultats montrent la distance de chaque couple de noeuds appartenant au même cluster. Les données extraites des tests ont révélé une précision de 2 à 5 cm. et une corrélation linéaire avec la température. La campagne a également révélé que les mesures n’étaient pas affectées par la pluie ou la neige et que le système pouvait communiquer efficacement jusqu’à 150 m. avec un angle de vue de 360° sans affecter la précision.

    Les autres caractéristiques clés du système implémenté sont une installation facile et rapide, une flexibilité, un faible coût, une surveillance en temps réel et une modification de la fréquence d’acquisition. Une comparaison entre les mesures Wi-GIM et RTS a souligné la présence d’un décalage (dans un ordre variable de centimétrique à décamétrique) constant pour chaque couple, en raison principalement de la présence d’obstacles qui vont obstruer la ligne de visée (LOS). La présence de végétation est la cause principale de la condition de non-LOS entre deux noeuds, ce qui se traduit par un trajet des signaux plus long et donc par des mesures de distance moins précises.

    Pour approfondir cette question, plusieurs tests ont été menés prouvant la forte influence de la végétation sur la quantité et la qualité des données. Pour les améliorer, une méthode de calcul MATLAB (R2018a, MAthWorks, Natick, MA, USA) appelé WiSIO (Wireless Sensor network Installation Optimizer) a été développé. L’algorithme trouve le meilleur déploiement d’appareils selon trois critères :

    1. inter-visibilité;
    2. égale répartition;
    3. positionnement dans les zones prioritaires présélectionnées.

    En ce qui concerne l’analyse du champ de vision existant, la nouveauté principale est le direct fonctionnement avec les nuages de points 3D, sans créer aucune surface. Cela conduit à ignorer le processus de génération de modèles de surface en évitant erreurs et approximations, chose essentiel en s’agissant de végétation. Une seconde installation du système Wi-GIM a donc été réalisée en considération du déploiement proposé par WiSIO. La comparaison des données acquises par le système positionné avec et sans l’aide de l’algorithme proposé a permis de mieux comprendre l’efficacité de la méthode.

    Les résultats présentés montrent comment une simple élaboration peut être essentielle pour améliorant les performances du système. La limitation principale du système Wi-GIM est actuellement la précision. Ce problème vient de l’utilisation de composants économiques, et il peut être résolu si le système subit un processus d’industrialisation. De plus, étant donné que l’architecture du système est réadaptable, il peut être amélioré avec l’arrivée de nouveaux matériels à faible coût.

  • Communiquer sur le risque des substances chimiques au temps du Covid-19

    Communiquer sur le risque des substances chimiques au temps du Covid-19

    Nathalie Chèvre, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Un article paru dans le blog « Petite chimie du quotidien » de Nathalie Chèvre, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre. Cet article résume les réflexions de la chercheuse pendant cette période particulière que nous impose la lutte contre le Covid-19.

  • Présentation de Maria Klepikova, lauréate de la Bourse Egalité 2018-2021

    Présentation de Maria Klepikova, lauréate de la Bourse Egalité 2018-2021

    La Bourse Egalité GSE, a été créée en 2015 par la Commission de l’Égalité-FGSE et le Décanat dans le cadre du Plan 50/50, dont le but est d’améliorer l’égalité des chances au sein de la faculté. D’une durée de trois ans (1 an, renouvelable une fois pour 2 ans), cette bourse ouvre un poste de rang de première·er assistant·e à des personnes – homme ou femme – qui ont connu une réduction ou une interruption des activités de recherche en raison de leur situation familiale et souhaitent relancer leur carrière.

    Maria Klepikova,
    Lauréate de la Bourse Egalité GSE 2018-2021

    La Dre Maria Klepikova est la deuxième lauréate du concours. Première assistante à l’Institut des sciences de la Terre (ISTE), elle a été chercheuse postdoctorale auprès du professeur Niklas Linde à partir de janvier 2019. A l’issue de son postdoc Egalité à Lausanne, elle a obtenu en 2020 une bourse Marie Curie à l’Université de Rennes 1, puis a été recrutée au début 2022 en tant que research fellow au CNRS. En 2023, elle obtient un projet ERC sur le projet CONCRETER, Groundwater Flow Controls on Critical Zone Thermal Regime. L’interview ci-dessous a été réalisée en avril 2020, avant l’obtention de la Bourse Marie Curie puis de l’ERC.

    Ses mots clés de recherche : les milieux fracturés, la géothermie, les flux et transports dans un milieu hétérogène.

    Quelles étaient vos motivations pour faire un doctorat ?

    La Russie dont je suis originaire ne m’offrait pas de perspectives dans mes domaines de spécialités que sont l’hydrogéologie et la géothermie. Je suis partie en France, en Belgique puis en Suisse, où je travaille étroitement avec Niklas Linde, mon superviseur, professeur à l’ISTE.

    Que vous a apporté la Bourse égalité de la FGSE ?

    La Bourse m’a permis de concilier un lieu de travail agréable dans la même institution que mon mari. Notre vie familiale est plus agréable à gérer à Lausanne avec ce soutien institutionnel et financier.

    Mon mari et moi sommes en effet chercheurs et parents de quatre enfants. Nous cherchions à travailler au même endroit. J’ai pu trouver un bon équilibre à la FGSE et il y a aussi les crèches de l’UNIL qui nous facilitent la vie.

    Où en êtes-vous dans votre carrière ?

    Je cherche un poste permanent et je suis actuellement en lice pour un poste au CNRS à Rennes.

    Quel est l’input de la FGSE dans votre carrière et ses limites ?

    La FGSE m’offre un soutien financier important ainsi que la possibilité de travailler dans un centre de compétences majeur en hydrogéophysique.

    Quels sont vos prochains objectifs ?

    Bien que la FGSE m’offre une bourse très intéressante en terme de qualité de vie et que les conditions de l’UNIL sont souples et accommodantes, je souhaite travailler au CNRS pour franchir une nouvelle étape dans ma carrière.

    Quelles sont vos projections pour dans dix ans ?

    Dans l’idéal, une position professorale en Suisse ou un poste CNRS serait un bel aboutissement.

    FOCUS : En savoir plus sur le travail de Maria Klepikova

    De nos jours, les efforts mondiaux pour optimiser les méthodes d’extraction de l’énergie géothermique sont motivés par la nécessité de produire une énergie propre et renouvelable. Dans ce contexte, comprendre le transport de la chaleur dans le milieu souterrain est essentiel pour développer et tester de nouvelles technologies pour la production de chaleur et d’électricité d’origine géothermique. Dans ce projet, nous souhaitons améliorer une compréhension quantitative des processus de transport de chaleur dans les réservoirs fracturés, généralement caractérisés par une forte hétérogénéité. Grace aux modélisation multi physique que je développe associés aux nouveaux algorithmes d’inversion développés par la groupe de Niklas Linde, le projet contribuera à avancer sur une question importante: l’impact des principales structures (failles, fissures, fractures) sur les écoulements et le transport de chaleur a différents échelles.

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    Auteur : CellComDec / Nicolas Bourquin

  • Présentation d’Annegret Larsen, lauréate de la Bourse Egalité 2015-2018

    Présentation d’Annegret Larsen, lauréate de la Bourse Egalité 2015-2018

    La Bourse Egalité GSE, a été créée en 2015 par la Commission de l’Égalité-FGSE et le Décanat dans le cadre du Plan 50/50, dont le but est d’améliorer l’égalité des chances au sein de la faculté. D’une durée de trois ans (1 an, renouvelable une fois pour 2 ans), cette bourse ouvre un poste de rang de premier·ère assistant·e à des personnes (homme ou femme) qui ont connu une réduction ou une interruption des activités de recherche en raison de leur situation familiale et souhaitent relancer leur carrière.

    Annegret Larsen,
    lauréate de la Bourse Egalité GSE 2015-2018

    La première lauréate est Mme Annegret Larsen. Elle a débuté son contrat postdoctoral le 1er septembre 2015 à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST).

    Née en 1980, de nationalité allemande Mme Annegret Larsen conduit des recherches sur la géomorphologie et sur les adaptations humaines aux changements environnementaux. Elle a maintenant obtenu un poste de professeure assistante à l’Université de Wageningen (Pays-Bas) et maintient des contacts étroits avec plusieurs chercheurs de l’IDYST côtoyés durant son séjour à l’UNIL.

    La Dre Annegret Larsen nous présente brièvement son parcours et son travail de recherche :

    What were your motivations for doing a PhD?

    I always wanted to find out something new, and I have been fascinated by landscapes, soil, rivers, and archaeology. Hence my PhD was on how humans changed surface processes in the Holocene, with a focus on Medieval Times.

    What has the Bourse Egalité brought to you?

    It gave me the possibility to get back into science after a break I had to take after my first son was born.

    How far along are you in your career?

    I am now 8 years out of my PhD, but took in total about 3 years of break for my children, hence I am offcially 5 years post-PhD.

    What have been the difficulties related to your personal situation in regard to your career path?

    I had to take more time than usual off when my first son was born due to health issues of the baby. Career grants from research foundations/national funds did not account for this longer-than-usual break, and this has limited my chances to continue in science. I have found this highly discriminating, and I will continue to raise this issue in the future if it persists.

    What was the input of the FGSE in your career and its limits?

    I have to thank FGSE that have given me the possibility to get back into science, which was priceless. When looking back, I found limiting that I wasn’t able to apply for SNF grants. Also, I am doing field-based research including environmental monitoring, and hence a three-year position was a little short. I would have probably needed another year to publish the results and make the most of the dataset I established. But in my view the overall outcome and experience is extremely positive.

    Can you say a word on your future professional and private life goals?

    I want to continue to do interesting and novel research, and continue on my path to better understand how the pre-human, natural environment was functioning. This links in with environmental restoration and conservation, e.g. into the topic of re-wilding. Privately, I want to enjoy the time with my two kids, and return paddle boarding on beautiful Lake Geneva, which I miss very much.

    What are your projections for ten years from now?

    At the moment I am working towards publishing the collected datasets, and based on this I will continue filling in the evident knowledge gaps. One goal is e.g. to establish a permanent monitoring side. I have just started a tenure track position at Wageningen University and Research in the Netherlands. For now, I would like to settle down, do interesting and novel research, and learn the secret of the successful teaching strategies over here. Wageningen University employs a very different approach to teaching, and from my first experience students seem to be highly motivated and competent.

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    Auteur : CellComDec / Nicolas Bourquin

  • De l’écologie en troisième à l’écologie en première personne

    De l’écologie en troisième à l’écologie en première personne

    Gérald Hess, Institut de géographie et durabilité

    Gérald Hess, Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut de géographie et durabilité, a entrepris la rédaction d’une trilogie qui nous plonge dans une nouvelle approche de l’écologie conjuguée à la première personne. Fondée sur l’expérience subjective, cette éco-phénoménologie est un précieux complément à l’approche objective et théorique des sciences cognitives.

  • La croissance économique ne semble pas compatible avec la biodiversité, mais les politiques de conservation la défendent

    La croissance économique ne semble pas compatible avec la biodiversité, mais les politiques de conservation la défendent

    Résumé d’article « Biodiversity policy beyond economic growth » Otero Iago et al. (2020) Conservation Letters.

    Une équipe dirigée par Iago Otero du Centre interdisciplinaire de recherche sur la montagne (CIRM) a analysé les relations entre croissance économique et conservation de la biodiversité. Ces deux composantes étant des objectifs politiques actuellement prioritaires, cette étude questionne leur compatibilité. Les auteurs démontrent qu’en augmentant la consommation des ressources et l’émission de polluants, la croissance économique contribue à la perte de la biodiversité. Paru dans Conservation Letters cette semaine, l’article est une synthèse co-écrite par 22 co-auteurs de 12 pays provenant d’institutions de recherche dotées de compétences fortes en écologie de la conservation et en économie écologique.

    Le travail montre aussi que la plupart des politiques internationales sur la biodiversité et la durabilité prônent la croissance économique. Pour remédier à cette situation contradictoire, cette étude présente des propositions de mesures politiques qui pourraient assurer la prospérité indépendamment d’une croissance, contribuant ainsi à freiner la perte de la biodiversité. Entre autres mesures, on peut citer l’adoption de limites nationales aux ressources échangées et la mise en place de programmes de réduction et de partage du travail dans les entreprises.

    Enfin, l’étude recommande que l’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques) incorpore une trajectoire surmontant la question de la croissance économique dans son travail de projection de l’état futur de la biodiversité. Pour ce faire, plusieurs indicateurs (économiques, sociaux et écologiques) devraient être considérés. Tout en prenant l’exemple des États-Unis durant les 170 dernières années, le travail montre que la croissance économique peut être corrélée avec une perte de la biodiversité, mais qu’en revanche, elle n’a pas forcement amené plus de prospérité. Alors pourquoi continuer à croître indéfiniment ?

    DOI : 10.1111/conl.12713

    Coordonnées de contact
    Iago Otero
    Centre interdisciplinaire de recherche sur la montagne
    iago.otero@unil.ch
    076 510 45 58

  • Le coronavirus, un bienfait pour la nature… mais pas seulement

    Le coronavirus, un bienfait pour la nature… mais pas seulement

    Dans cet interview, Sophie Swaton, Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut de géographie et durabilité, discute des liens entre coronavirus et nature. Elle explique à quel point le vivant est résilient tout en pondérant les effets collatéraux de la pandémie sur le climat.

    A l’exemple de Fukushima, quand les dégradations humaines sur l’environnement diminuent, le monde naturel reprend ses droits. Il faut toutefois rester prudent, selon la scientifique, car même si l’on arrêtait complètement les émissions de CO2 aujourd’hui, le réchauffement climatique atteindrait tout de même plus 2 degrés mondialement.

  • Non, le COVID-19 n’est pas « bon pour le climat » … mais il devrait nous faire réfléchir

    Non, le COVID-19 n’est pas « bon pour le climat » … mais il devrait nous faire réfléchir

    Augustin Fragnière, chargé de cours à l’Institut de géographie et durabililté et chef de projet au Centre interdisciplinaire de durabilité, nous livre ses réflexions sur les parallèles et enseignements à tirer entre la crise actuelle du coronavirus et les conséquences à long terme du changement climatique. Il propose notamment des pistes pour décarboner l’économie de nos sociétés industrielles.

  • La pollution de l’air, facteur aggravant du coronavirus ?

    La pollution de l’air, facteur aggravant du coronavirus ?

    Nathalie Chèvre, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Un article paru dans le blog « Petite chimie du quotidien » de Nathalie Chèvre, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre.

    Mi-mars, des chercheurs italiens de la société italienne de médecine environnementale, de l’Université de Bologne et de celle de Bari, ont émis l’hypothèse que la pollution de l’air jouait un rôle prépondérant dans la pandémie de coronavirus, et notamment sur son impact en Italie.

  • Le philosophe Dominique Bourg se penche sur la crise du Coronavirus

    Le philosophe Dominique Bourg se penche sur la crise du Coronavirus

    Selon le philosophe Dominique Bourg, professeur honoraire à l’Institut de géographie et durabilité « C’est le début d’une déstabilisation en cours, il n’y aura pas d’après ».

  • Le philosophe Dominique Bourg parlent des crises qui mettent nos démocraties à l’épreuve

    Le philosophe Dominique Bourg parlent des crises qui mettent nos démocraties à l’épreuve

    Dominique Bourg, professeur honoraire à l’Institut de géographie et durabilité, réagit à la situation de crise due au Coronavirus. Il évoque la question des risques, des responsabilités politiques en temps de crise et des parallèles qu’on peut tirer avec la destruction des écosystèmes. Un interview réalisée par Manuela Salvi.

  • Axelle Grégoire renouvelle l’art et l’imaginaire de la cartographie

    Axelle Grégoire renouvelle l’art et l’imaginaire de la cartographie

    L’architecte copublie un livre-atlas qui dessine non plus les sols sans les vivants mais les vivants partageant le sol. (suite…)

  • Une solution pire que le problème ?

    Une solution pire que le problème ?

    Nathalie Chèvre, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Dans cet article paru sur son blog de Nathalie Chèvre « Petite chimie du quotidien » s’interroge sur les conséquences de l’emploi massif de désinfectants dans la crise actuelle du coronavirus.

  • La co-­production des lieux touristiques à Lashi Hai (Yunnan, Chine) : Une étude ethnographique sur les représentations de l’ethnicité et identité

    La co-­production des lieux touristiques à Lashi Hai (Yunnan, Chine) : Une étude ethnographique sur les représentations de l’ethnicité et identité

    Thèse soutenue par Seraina HUERLEMANN 25 mars 2020, Institut de géographie et durabilité (IGD)

    Cette thèse explore les processus de fabrication des lieux touristiques à Lashi Hai, une zone rurale du nord-ouest de la province du Yunnan en Chine. Comme la région est située à proximité de l’une des destinations touristiques nationales les plus importantes de Chine, cette dernière attire de nombreux touristes journaliers qui apprécient la beauté naturelle des zones humides, les promenades à cheval, ainsi que la culture locale.

    Les endroits visités par les touristes sont le résultat direct de processus de négociations entre divers acteurs, et ce souvent dans le but de correspondre aux attentes des visiteurs. En effet, le contenu de ces attentes est formé par divers imaginaires touristiques de la région qui sont actuellement perpétrés par l’industrie touristique, les médias officiels ainsi que les réseaux sociaux. Dans le même temps, de multiples stéréotypes, parfois contradictoires, subsistent encore sur cette région frontalière peuplée par des minorités – désignées comme telles par gouvernement central chinois.

    Afin de mieux comprendre la construction sociale de ces lieux ainsi que les types de valeurs et d’acteurs sont impliqués, je conceptualise le lieu comme étant une « scène » à travers laquelle des valeurs, des normes et des idées liées à la culture, à l’ethnicité et à l’identité sont constamment négociées et contestées parmi les acteurs. Des discours sont incorporés à différents niveaux par ces acteurs et matérialisés dans leurs actions. Les processus observés sur cette « scène » reflètent en somme des tendances globales, nationales et régionales, renégociées à leur tour par les acteurs présents « sur scène ».

    Les chapitres dans cette thèse met en lumière ce processus complexe du « place making » à chaque fois sous un angle différent et à travers une approche théorique permettant d’analyser les enjeux sociaux en question.

    Le premier chapitre dévoile les différentes significations et connaissances qui ont été créé autour de cette région ; une perspective historique est mise en place afin de décrire les discours dominants qui persistent encore jusqu’à ce jour sur la région.

    Le deuxième chapitre adopte une approche critique des discours sur la patrimonialisation en démontrant à travers les narrations touristiques que ces derniers font partie intégrante d’un projet étatique visant à promouvoir une certaine identité nationale. Par ailleurs cette section révèle également les effets de ces discours lors de la rencontre entre les résidents et les touristes.

    Dans le troisième chapitre, mes co-chercheurs me conduisent dans le monde spirituel des résidents de Lashi Hai et on découvre alors comment leur pratique quotidienne a développé une manière distincte de coexister avec des versions officielles, plutôt coercitives de la culture locale.

    Le quatrième chapitre adopte une perspective très intime et personnelle sur la manière dont les acteurs individuels négocient des aspects de l’ethnicité dans leur vie quotidienne et les incluent ou les dissimulent dans leur construction d’identité sociale.

    Finalement, le dernier chapitre présente les tendances plus récentes en matière de création de lieux touristiques en Chine et montre comment celles-ci sont liées aux processus de modernisation qui concernent également la culture ethnique locale.