Géoblog

Le blog scientifique vulgarisé de la Faculté des géosciences et de l'environnement

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  • Voyage sismologique du centre de la Terre à votre smartphone

    Voyage sismologique du centre de la Terre à votre smartphone

    Conférence du prof. György Hetényi, Institut des sciences de la Terre, dans le cadre de la Cérémonie d’ouverture des cours pour l’année académique 2020-2021.

  • Garnet as a Monitor for Igneous Processes: Microchemistry and Diffusion Modeling Applied to the Ivrea Zone

    Garnet as a Monitor for Igneous Processes: Microchemistry and Diffusion Modeling Applied to the Ivrea Zone

    Thèse soutenue par Arnaud DEVOIR, le 2 octobre 2020, Institut des sciences de la Terre (ISTE)

    Les roches métamorphiques et magmatiques sont les composantes majeures de la croûte continentale terrestre. Parmi ces roches figure un minéral, le grenat d’un intérêt tout particulier, en ce sens, où sa composition chimique varie en fonction des conditions de pression et température à laquelle il se forme. Ce minéral rouge et de morphologie proche d’une sphère intègre aussi de nombreux éléments à l’état de trace (ppm, partie par million). En utilisant les propriétés spécifiques de chacun de ces éléments et notamment leur mobilité au sein du minéral, il est possible de déchiffrer, entre autres, les enregistrements de sa température, pression, chimie de roches environnantes, son temps de résidence à certaines températures et ses origines, s’il a été déplacé après sa cristallisation.

    La zone d’Ivrea-Verbano, en Italie du Nord, est une section de la croûte inférieure d’âge Permien, environ 290 Ma, qui a été basculée à 90° et exhumée lors de la collision alpine, il y a environ 40 Ma. Elle constitue un laboratoire naturel unique au monde permettant de se déplacer au sein de la croûte inférieure à la surface terrestre.

    Elle est constituée de roches métamorphiques ayant subi des conditions de 700 °C – 7 Kbar (~ 21 km) à 950 °C – 10 Kbar (~ 30 km) ainsi que d’un complexe magmatique de roche pauvre en Silice (gabbros) dont nombres contiennent du grenat. Le pluton granitique de Borgosesia riche en silice ayant cristallisé à des profondeurs beaucoup plus superficielles (3 Kbar, ~ 9 km) est le résultat de l’évolution et de l’interaction du complexe magmatique et des roches métamorphiques environnantes. Une caldera fossile d’environ 13 km de diamètre est associée au complexe magmatique, appelé le Supervolcan de Sesia. Un équivalent actuel est le Supervolcan de Yellowstone.

    Cette thèse est le résultat de l’observation et de l’analyse de la microchimie à l’échelle du microns (10-6 m) à haute précision (sub ppm). Il a été possible de mettre en évidence que les grenats présents dans le pluton granitique ont une origine multiple avec un coeur métamorphique et une couronne de surcroissance magmatique. Ces surcroissances et la composition en Zirconium du granite montrent une mise en place du magma au cours, au minimum, de deux pulses de magma de température de 820 ± 10 °C et 780 ± 10 °C.

    Les variations de compositions du grenat entre le coeur et ces surcroissances ont été modélisées numériquement et fournissent des informations sur la durée de persistance de ces températures de respectivement 7400 et 5800 ans suivi par une vitesse de refroidissement initial de 0.64 °C par millier d’année.

    Parallèlement, des blocs de roches métamorphiques appelés enclaves sont présents dans ce granite et contiennent eux aussi des grenats. Ils ont préservé un enregistrement de leurs conditions de croissance métamorphique, régionale pour leur coeur et induit par le magma dans leur surcroissance. Le coeur s’est formé à environ 6.8 ± 1.2 Kbar (~ 20.4 km) et 715 ± 43 °C. La comparaison de la chimie des terres rares de ces grenats avec les grenats que l’on trouve dans les roches métamorphiques environnantes ont confirmé ces résultats.

    De manière similaire, le coeur du grenat présent dans le granite a probablement une origine plus profonde proche de 9 – 11 Kbar (~ 30 km). La modélisation de la variation de composition des grenats des enclaves indique des durées similaires à celles obtenues pour les grenats du granite, 1000 à 6200 ans à 820 °C. Cela montre que les grenats peuvent cristalliser en profondeur (~ 20 à 30 Km) avant d’être entrainé et de survivre par un magma riche en silice à haute température jusqu’à des faibles profondeurs (~ 9 km). Cette étude démontre aussi la courte durée des processus de mise en place du pluton granitique à l’échelle des temps géologiques. Ces dynamiques de mise en place en de court pulses magmatiques sont de plus en plus observées à la fois dans la zone d’Ivrea- Verbano et ailleurs sur terre par des études et méthodes indépendantes.

    La mise en évidence de ces dynamiques et de ces fortes interactions entre roche métamorphiques et roches magmatiques en contexte de haute température fournissent une aide précieuse à la compréhension des phénomènes volcaniques associés. De même aux dynamiques d’éruptions volcaniques de type explosives dans de grandes calderas similaires à la caldera de Yellowstone qui constituent un risque majeur de la région. La compréhension de ces phénomènes accroit les capacités humaines à prédire des éruptions potentiellement dangereuses et catastrophiques.

  • Improving Hydrologic Model Realism Using Stable Water Isotopes in the Swiss Alps

    Improving Hydrologic Model Realism Using Stable Water Isotopes in the Swiss Alps

    Thèse soutenue par Harsh BERIA, le 30 septembre 2020, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Le changement climatique modifie mondialement les schémas de précipitation et entraîne des changements sans précédent dans les différentes facettes du cycle de l’eau. Afin d’être préparés aux potentiels effets négatifs dus au changement climatique sur les ressources en eau, nous devons améliorer notre compréhension du cycle de l’eau. Les traceurs environnementaux tels que les isotopes stables de l’eau constituent un moyen pour démêler le complexe réseau des processus du système terrestre. Ces isotopes stables de l’eau sont naturellement présents aussi bien dans la pluie que dans les chutes de neige, ce qui en fait un traceur idéal pour suivre le parcours d’une particule d’eau tout au long de son cycle de vie.

    Dans cette thèse, j’utilise les isotopes stables de l’eau pour améliorer la représentation des processus hydrologiques se produisant dans les paysages montagneux dans les modèles de pluie et de ruissellement.

    Dans le premier chapitre, j’entreprends un examen complet des différentes façons dont les isotopes stables de l’eau ont été utilisés dans l’hydrologie et en particulier de la neige, en mettant l’accent particulier sur les environnements montagneux. Cette revue explique les différentes transformations qu’une particule d’eau subit une fois dans le paysage, par la pluie ou par les chutes de neige.

    Dans le deuxième chapitre, je construis un nouveau modèle mixte bayésien qui tire de précieuses informations des données isotopiques de l’eau, tout en tenant compte des nombreuses limites des données de terrain.

    Dans le troisième chapitre, je propose un nouveau cadre de modélisation hydrologique qui utilise les informations dérivées des isotopes stables de l’eau, comme illustré dans le chapitre 2, pour construire des modèles fiables de précipitations et de ruissellement, ceci en limitant à la fois la célérité et la vitesse des bassins versants. Ce cadre de modélisation est évalué de manière exhaustive dans Vallon de Nant, un bassin versant des Alpes suisse.

    Enfin, dans le quatrième chapitre, j’utilise les isotopes stables de l’eau, l’analyse par récession du débit des cours d’eau et un modèle conceptuel des eaux souterraines pour montrer comment le changement climatique pourrait augmenter la recharge souterraine en eaux dans les Alpes suisses.

    Cette thèse améliore donc notre compréhension des processus hydrologiques dominants qui se produisent dans les environnements montagneux, et fournit une nouvelle approche pour paramétrer ces processus dans les modèles de pluie et de ruissellement. Les principales conclusions sont résumées dans le dernier chapitre, où je souligne également les défis pratiques de l’hydrologie isotopique et propose des orientations de recherche pour l’avenir.

  • A New Numerical Model for Landslide-Generated Tsunami Simulation : An Efficient and Comprehensive Tool for Hazard Assessment

    A New Numerical Model for Landslide-Generated Tsunami Simulation : An Efficient and Comprehensive Tool for Hazard Assessment

    Thèse soutenue par Martin FRANZ, le 25 septembre 2020, Institut des sciences de la Terre (ISTE)

    Les tsunamis générés par des glissements de terrain sont des phénomènes complexes qui impliquent la dynamique des glissements de terrain, leurs interactions avec un plan d’eau, la génération des vagues, leurs propagations et leurs débordements sur les berges.

    Beaucoup d’évènements historiques illustrent tragiquement l’impact de tels phénomènes et de nombreuses régions dans le monde sont à risque. Dans le but d’évaluer cet aléa, les modèles prédictifs de nature numérique, sont de nos jours des outils indispensables.

    Dans le cadre de cette thèse de doctorat un modèle numérique relativement simple et efficace a été développé. Il permet de quantifier l’impact de tsunamis généré par des glissements de terrain tant pour les plans d’eau que pour les zones inondables. Le modèle numérique se base sur les équations de Saint-Venant et est constitué de deux couches. L’une simule le glissement de terrain et l’autre l’eau.

    Le modèle développé a été testé et comparé à des modèles analytiques et sur des cas réels. Il reste simple mais compense cette simplicité par la haute résolution du calcul numérique. Les comparaisons avec des expériences physique et des observations démontrent l’efficacité du modèle. La finalité d’un tel modèle est d’être prédictif. Poursuivant cette objectif, ce modèle a servi à évaluer les risques de submersion dans la région du barrage de Verbois. Cette étude était intégrative, puisque dans le même temps l’aléa de rupture du glissement de terrain pouvant générer un tsunami a été évalué. Par ailleurs, cette étude a aussi permis d’observer l’effet de la baisse d’un plan d’eau sur la réactivation d’un glissement de terrain.

    Le modèle développé répond parfaitement aux impératifs de la gestion des risques associés aux tsunamis générés par des glissements de terrain, à savoir un nombre de paramètres restreints, l’efficacité du calcul numérique et l’adéquation avec les expériences et les cas connus.

  • Un monde sans chimie de synthèse  ?

    Un monde sans chimie de synthèse  ?

    Nathalie Chèvre, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Une contribution de Nathalie Chèvre, Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre, tirée d’un ouvrage récemment paru : Tumulte Postcorona, qui réunit une cinquantaine d’auteurs romands autour de la crise du COVID-19 et de son après.

  • Spatially Explicit Hydrological Modelling for Water Accounting under Climate Change in the Volta River Basin in West Africa

    Spatially Explicit Hydrological Modelling for Water Accounting under Climate Change in the Volta River Basin in West Africa

    Thèse soutenue par Moctar DEMBELE, le 11 septembre 2020, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Competition for scarce water resources in the Volta River Basin (VRB) of West Africa will increase in the near future due to the combined effects of rapid population growth and climate change. Residents are dependent on subsistence, mainly rainfed agriculture that is sensitive to climate variabilities. Recurrent floods and droughts damage properties and take lives. Information on water resources and their future trends is fundamental for water actors, as the basis for proper management and implementation of adequate measures to bolster resilience to water scarcity and foster water security.

    This PhD thesis proposes a clear demonstration of combining the Water Accounting Plus (WA+) framework with hydrological modelling and climate change scenarios to report on the current and future states of water resources in the VRB. WA+ is a standardized framework that provides a comprehensive view of the water resources in terms of water availability and consumption uses with respect to different land uses.

    The adopted methodological framework addresses key challenges posed by large-scale hydrological modelling in data scarce environments such as the VRB. These challenges include the issue of missing data in of streamflow records, the reliability of satellite and reanalysis data for forcing or calibrating hydrological models as an alternative to in-situ measurements, and the accuracy of the spatial and temporal representation of hydrological processes with spatially explicit models. A novel multivariate model calibration strategy is proposed to improve the representation of hydrological flux and state variables simulated with the fully distributed mesoscale Hydrologic Model (mHM). The proposed calibration strategy relies on the use of multiple satellite and reanalysis datasets from various sources. Then, a large ensemble of climate models are used to assess the impacts of climate change on water resources under various scenarios. The outputs of the mHM model are used to feed the WA+ framework to comprehensively report on the current and future conditions of water resources in the VRB.

    The results show a clear increase in the projected exploitable water fraction while a decrease is expected in the available water fraction in the near future (2021-2050). Consequently, there is a clear need for adaptation measures to increase the water storage capacity in the VRB to facilitate a good exploitation of the projected increase in the net inflow, which would be beneficial for agriculture production and hydropower generation.

  • Interactions Between Tectonics, Climate and Erosion : A Case Study of the Central Andes Using Low-Temperature Thermochronology

    Interactions Between Tectonics, Climate and Erosion : A Case Study of the Central Andes Using Low-Temperature Thermochronology

    Thèse soutenue par Nadja F. STALDER, le 10 septembre 2020, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    La topographie de la Terre est déterminée par les forces tectoniques et les processus d’érosion. La tectonique des plaques contrôle la distribution et les positions des continents et crée les montagnes, les océans et les îles. Comme elle régit l’activité volcanique et la vitesse d’expansion des fonds océaniques, elle est aussi le contributeur principal de l’émission de CO2 dans l’atmosphère, ce qui détermine la température et donc le climat. De plus, la création des montagnes altère la circulation atmosphérique: le relief agit comme une barrière qui empêche le transport d’humidité d’un versant à l’autre. Le climat, en revanche, contrôle l’érosion et la sédimentation et peut donc changer le bilan de masse dans les chaînes de montagnes. Bien que prédites par des modèles numériques, ces interactions sont très rarement observées sur le terrain. Cette étude présente l’utilisation de la thermochronologie pour mieux comprendre les relations entre le climat, la tectonique et l’érosion.

    Les Andes d’Amérique du Sud s’étendent sur plus de 7000 km le long de la marge de subduction chilienne, traversent plusieurs zones climatiques, du désert d’Atacama à l’Antarctique, et présentent des altitudes moyennes supérieures à 4000 m.s.m. Dans ce travail, j’utilise les Andes centrales (latitude 18-36° S) pour étudier les influences respectives du climat et de la tectonique sur l’érosion à différentes échelles spatiales (quelques km à l’étendue d’une chaîne) et temporelles (milliers à millions d’années). Les taux d’érosion sont quantifiés par la modélisation des données thermochronologiques et comparés aux histoires climatiques et tectoniques issues des observations sédimentaires.

    Tout d’abord, je présente 238 nouveaux âges thermochronologiques qui sont ajoutés à 744 âges issus de la littérature. Ces âges permettent de quantifier les taux d’érosion des Andes centrales au cours des 80 derniers millions d’années. L’étude des corrélations entre l’évolution des taux d’érosion et les changements tectoniques et climatiques révèle que l’activité tectonique soutient un taux d’érosion de base qui est fortement impacté par le climat. Les taux d’érosion dans la partie Nord-Ouest des Andes centrales sont petits (< 0.2 mm/an) à cause des précipitations réduites et de la faible activité tectonique. Au contraire, les taux d’érosion dans la partie Est reflètent le début et la propagation de la déformation vers l’Est et sont augmentés par l’établissement du système de mousson sud-américaine il y a environ 10 millions d’années. Les taux d’érosion les plus élevés sont observés pendant les deux derniers millions d’années. Ils proviennent des régions qui sont tectoniquement actives et qui reçoivent des précipitations abondantes et/ou qui étaient autrefois glaciaires.

    Dans la deuxième partie, je concentre mes recherches sur une zone d’étude plus petite (33-35° S). Elle présente un fort gradient Nord-Sud de précipitations dans un cadre tectonique déjà bien étudié. Suite à une expansion vers le Nord de l’influence des vents d’Ouest, les précipitations dans cette région ont augmenté pendant les périodes glaciales, ce qui a entraîné l’avancement des glaciers. Ici, j’applique un nouveau thermochronomètre, basé sur la thermoluminescence, qui permet d’obtenir des séries temporelles des taux d’érosion sur les dernières 100’000 années. Je constate que les taux d’érosion étaient élevés (40-60 mm/an) il y a plus de 40’000 ans et sont plus faibles (~4 mm/an) dans des périodes plus récentes. La diminution des taux d’érosion correspond à la fin de la dernière période glaciaire, lorsque les glaciers ont recouvert une grande partie de la Terre. Les taux d’érosion élevés pendant cette période sont alors expliqués par l’apparition d’érosion glaciaire et l’augmentation des précipitations. Cependant, la région étudiée est et a été tectoniquement active. Donc, on ne peut pas exclure que le soulèvement des roches, induit par la tectonique, soit le facteur principal contrôlant les taux d’érosion élevés observés au cours des deux derniers millions d’années. Pour vérifier si les âges thermochronologiques observés dans cette région peuvent être expliqués par l’activité tectonique, j’utilise un modèle pour prédire les âges attendus par cette activité. Le résultat montre un décalage important entre les âges observés et les âges prévus. Cela indique que l’activité tectonique ne peut pas être la raison principale des taux d’érosion élevés.

    Cette étude conforte l’idée que le refroidissement global et le début des glaciations ont eu un impact prononcé sur l’ampleur de l’érosion pendant les deux derniers millions d’années dans les régions montagneuses.

  • Les cartes postales de l’invisible : la pollution

    Les cartes postales de l’invisible : la pollution

    Nathalie Chèvre, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Série thématique de RTS consacrée à la science de l’invisible. Gros plan sur la pollution avec Nathalie Chèvre, Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre.

  • Filtration by heterogeneous porous media

    Filtration by heterogeneous porous media

    Thèse soutenue par Filippo MIELE le 1er septembre 2020, Institut des sciences de la Terre (ISTE)

    La filtration est un procédé de séparation permettant de séparer les composantes d’un mélange d’une phase liquide et d’une phase solide (particules, colloïdes) au travers d’un milieu poreux, un filtre. Ce phénomène est très utilisée dans le domaine de l’agroalimentaire, de la chimie, de la pharmacie et par de nombreuses espèces animales, principalement aquatiques qui trouvent leur nutriment en suspension dans le milieux aquatique.

    Cette thèse de doctorat propose un nouveau cadre théorique pour la filtration par milieux poreux caractérisé par une forte l’hétérogénéité. La théorie de la filtration classique (CFT) est formulée adopte un point de vue macroscopique dans lequel la filtration est décrite en termes de deux processus principaux : le transport et la rétention qui sont les 2 formulés à l’échelle du milieu poreux, où sa structure réelle est remplacée par un système virtuel / efficace dont les propriétés d’écoulement moyennes correspondent à celles du milieu poreux. Même si la CFT fournit une description de la filtration qui, grâce à une formulation simple et macroscopique, permet de surmonter les difficultés liées à la nature complexe de la filtration, des observations via des expériences de laboratoire en colonne ont montré que les quantités diagnostiques macroscopiques qui sont généralement définies pour décrire la filtration, les courbes de restitution et les profils de dépôt, s’écartent quantitativement et qualitativement des prédictions du CFT.

    Avec cette thèse de doctorat, nous avons l’intention de proposer un nouveau cadre théorique pour la filtration par milieu poreux en adoptant le point de vue de la particule individuelle (un colloïde ou un micro-organisme) qui circule à travers l’espace confiné (celui du milieu poreux).

    D’une part, nous formulons le problème de filtration en termes de mécanismes fondamentaux de transport et d’attachement vécus par les particules individuelles en termes de trois processus stochastiques et markoviennes : la longueur de rétention des particules, leur vitesse sur une telle longueur et le taux d’attachement. Le modèle proposé prédit des com-portements de filtration anormaux, similaires à celui rapporté dans la littérature.

    D’autre part, nous développons une nouvelle configuration expérimentale, basée sur la microfluidique et la vidéo-microscopie qui per-met d’étudier la nature multi-échelle du phénomène de filtration des colloïdes et des micro-organismes et, enfin, l’agrégation des bactéries en agrégats que nos expériences indiquent être responsables de l’apparition des streamers.

  • Appréhender les dangers naturels, un an après le drame de Chamoson

    Appréhender les dangers naturels, un an après le drame de Chamoson

    Emmnanuel Reynard, Institut de géographie et durabilité

    En 2019, un torrent de boue faisait deux victimes à Chamoson (VS). Il est patent que le rechauffement climatique favorise la fréquence de ces catastrophes naturelles.

    Interview d’Emmanuel Reynard, professeur ordinaire à l’Institut de géographie et durabilité et directeur du Centre interdisciplinaire de recherche sur la montagne.

  • Seismology at school in Nepal : Building an operational low-cost seismic network to establish an educational seismology program

    Seismology at school in Nepal : Building an operational low-cost seismic network to establish an educational seismology program

    Thèse soutenue par Shiba SUBEDI le 8 septembre 2020, Institut des sciences de la Terre (ISTE)

    La chaîne himalayenne se forme depuis plus de 50 millions d’années, à la suite de la collision de la plaque Inde avec l’Eurasie. Actuellement, l’Inde glisse sous l’Himalaya et le plateau tibétain à peu près 2 centimètres par an, générant des contraintes qui sont relâchées régulièrement sous forme de grands séismes. Ces évènements sont connus tout au long de l’histoire humaine car les traces historiques et géologiques au Népal, ainsi qu’au Bhoutan et au nord de l’Inde, en font preuve. La plus récente de ces catastrophes est survenue en 2015 : le séisme de magnitude 7.8 au Népal, près de Gorkha a fait 9’000 morts, 22’000 blessés, et 10 milliards de dollars de dégâts (50% du PIB annuel du Népal). Malgré ces conséquences désastreuses ces chiffres sont plus favorables que celles du scénario le plus probable.

    Comment faire pour mieux protéger et préparer la population locale à de telles situations ? Les projets de recherche fournissent des résultats très importants pour mieux comprendre les chaînes de montagnes, cependant les connaissances modernes en sciences de le Terre n’atteignent qu’une très petite partie de la population locale. Le défi principal reste donc à augmenter le niveau de conscience et de préparation par rapport aux séismes. Pour créer le lien manquant entre la recherche académique et les communautés locales, des efforts éducatifs touchant une grande partie de la population jeune sont cruciaux.

    C’est dans ce but que nous développons dans cette thèse un programme de sismologie éducative au Népal, autour de deux axes clés :

    1. un réseau de détection sismique installé dans des écoles à un prix bas,
    2. une initiation à l’enseignement des sujets sismologiques en classe.

    Ceci est mis en œuvre au Népal pour la première fois, en combinant divers éléments d’exemples réussis à travers le monde.

    Nous avons débuté le programme au centre du Népal, entre la région du séisme de 2015 et celle où aucun séisme majeur n’a eu lieu depuis 1505. Ici nous avons installé le Réseau Sismologique Scolaire du Népal, avec 22 stations dans des écoles locales, et des instruments de type Raspberry Shake qui ont montré la meilleure performance lors de nos tests et comparaisons. Ce réseau enregistre et fournit des données ouvertes à tous presqu’en temps-réel, qui sont utiles à la fois pour des activités en classe et pour la surveillance des séismes.

    Parmi les résultats scientifiques, nous avons construit un diagramme sur le seuil de détection des séismes. Ensuite, nous avons calibré une nouvelle équation de magnitude pour le Népal, lié à la distance entre la station et le séisme, et la vitesse maximale du sol enregistrée lors d’un séisme. Cette équation fonctionne bien pour les événements ultérieurs.

    Pour la partie éducative, nous avons préparé et adapté plusieurs matériels au système d’éducation népalais, et nous sommes allés dans chaque école pour initier des activités dans les classes. Nous avons également formé les enseignants à leurs nouvelles tâches avec les capteurs sismiques, et à une meilleure prise de conscience vis-à-vis des séismes. Depuis le printemps 2019, les sismomètres ont été utilisés dans chaque école pour enregistrer des séismes locaux et globaux, pour des activités d’apprentissage par la pratique, et pour estimer la distance et la magnitude des séismes récents et proches, souvent ressentis par la communauté locale.

    Nous avons évalué l’effet de notre projet sur les étudiants des écoles à l’aide des questionnaires avant et après le début du programme. Le niveau de conscience par rapport aux séismes, ainsi que la préparation aux séismes futurs ont clairement augmenté ; cependant, la perception du risque n’a pas changé. Globalement, notre approche a été très bien accueillie, et l’impact positif de notre programme est encourageant pour continuer et étendre les efforts à travers le Népal.

  • Bruit sismique : nette diminution sur l’ensemble de la planète due au confinement COVID-19

    Bruit sismique : nette diminution sur l’ensemble de la planète due au confinement COVID-19

    Le fort ralentissement des activités humaines en raison de la pandémie de COVID-19, qualifié d’«anthropause» ressort d’un article publié dans la prestigieuse revue Science, dont le professeur en géophysique György Hetényi et son doctorant Shiba Subedi en FGSE sont co-auteurs au sein d’une importante équipe internationale. Ils y démontrent que les mesures de confinement visant à lutter contre la propagation du COVID-19 ont entraîné, entre le début et le milieu de l’année 2020, une réduction moyenne de 50% du bruit de fond observé dans le monde entier, une baisse sans précédent.


    György Hetényi
    professeur associé à l’Institut des sciences de la Terre


    Shiba Subedi
    doctorant à l’Institut des sciences de la Terre

    La période de « silence » de la vibration du sol de 2020 est la plus longue et la plus importante réduction du bruit sismique anthropique jamais enregistrée au niveau mondial. C’est en analysant des séries de données sur plusieurs mois et années, en provenance de plus de 300 stations sismiques disséminées sur le globe terrestre, que cette étude a pu caractériser la réduction du bruit sismique dans de nombreux pays et régions. C’est un véritable phénomène de « vague de calme sismique » que les auteurs de cette étude ont pu constater, ce phénomène se déplaçant à travers la Chine, puis en Italie, et dans le reste du monde au même rythme que la propagation des mesures liées à l’épidémie de COVID-19. Ce « verrouillage » sismique est représentatif de l’effet global des mesures d’éloignement physiques et sociales, ainsi que de la réduction de l’activité économique, industrielle, de la baisse du tourisme et des voyages au niveau mondial. 

    Même dans des endroit cachés du monde, ici au Mustang dans le haut Himalaya, l’activité humaine impacte sur la vibration de fond du sol (© Shiba Subedi)

    Les sismomètres sont des instruments scientifiques sensibles permettant d’enregistrer les vibrations qui se propagent dans le sous-sol sous forme d’ondes sismiques. En temps normal, la sismologie se concentre surtout sur la mesure des ondes sismiques suivant les tremblements de terre. Les enregistrements sismiques provenant de sources naturelles sont toutefois parasités par les vibrations à haute fréquence (vrombissement) des activités humaines de surface, telles que la marche, les vibrations des véhicules ou des trains qui, ensemble créent toutes des signatures sismiques dans le sous-sol ; l’industrie lourde et les travaux de construction génèrent également des ondes sismiques enregistrées par les sismomètres. 

    L’étude mise à l’honneur dans Science a vu le jour après que l’auteur principal, le Dr Thomas Lecocq, ait décidé de partager sa méthode d’analyse avec la communauté sismologique au niveau international. Portée par cet élan, une collaboration inédite est ainsi née avec 76 auteurs issus de 66 institutions dans 27 pays sur tous les continents. 

    La baisse du traffic routier, comme dans la ville de Butwal lors de la saison des fêtes religieuses, contribue également à la baisse du bruit ambiant sismique (© Shiba Subedi)

    Il existe des milliers de stations de surveillance sismique dans le monde entier, et il a fallu un travail d’équipe d’importance pour télécharger, traiter et analyser l’ensemble des données disponibles. Les données provenaient de réseaux de surveillance sismique de pointe, ainsi que de capteurs sismiques citoyens que les particuliers et les écoles ont installés eux-mêmes, partageant ainsi les données avec une communauté mondiale.

    Les plus fortes réductions du bruit sismique ont été constatées dans les zones urbaines, atteignant parfois 80%. Plus surprenant, cette étude a également mis en lumière des signatures de verrouillage sur des capteurs enterrés à des centaines de mètres dans le sol et dans des zones plus éloignées, comme en Afrique subsaharienne.

    Niveau de bruit sismique normalisé à huit capteurs sismiques au Népal, et la chute suite aux mesures de confinement (©Thèse de doctorat de Shiba Subedi)

    Ce travail de recherche a révélé une forte concordance entre les réductions du bruit sismique et les ensembles de données sur la mobilité humaine, tirées des applications cartographiques des téléphones mobiles mises à la disposition du public par Google et Apple. Cette corrélation est un indicateur précieux de l’activité humaine en temps réel. Il permet d’appréhender les effets du verrouillage et de la reprise des activités en cas de pandémie tout en respectant la vie privée dans les données traitées.

    Les effets environnementaux du confinement lié à la pandémie sont vastes et variés, comme notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et la diminution de la circulation et de la pollution sonore ayant un impact sur la faune. Cette période a été baptisée « anthropause ». Cette étude pionnière est une première mondiale sur l’impact de ce phénomène dans le sol sous nos pieds.

    La période de « silence » de 2020 en matière de bruit sismique permettra-t-elle de détecter de nouveaux types de signaux ? L’étude montre pour la première fois que les signaux sismiques précédemment voilés, surtout pendant la journée, apparaissent beaucoup plus clairement sur les capteurs sismiques des zones urbaines en période calme. Les auteurs de l’étude espèrent que leurs travaux donneront lieu à d’autres recherches sur le verrouillage sismique. L’un des principaux objectifs sera ainsi par exemple d’identifier des signaux précédemment cachés par les tremblements de terre et les volcans, ce qui pourrait permettre de mieux cerner les risques sismiques à partir de signaux plus clairs.

    On relèvera en particulier que le travail effectué dans le cadre du programme d’éducation aux phénomènes et risques sismologiques dans des écoles népalaises, élaboré et mise en œuvre par M. Subedi et le prof. Hetényi s’est révélé fort précieux pour cette étude. Les stations au Népal sont parmi celles qui enregistrent les plus fortes diminutions, notamment due à la fermeture des écoles et la baisse des transports locaux. Sur le diagramme suivant on perçoit également que la date de verrouillage au Népal a été respectée avec beaucoup de discipline.

    La fermeture des écoles au Népal, comme ces exemples dans le district de Palpa et de Pokhara, a beaucoup contribué à la baisse de la vibration du sol à des capteurs installés à des fins éducationnelles (© Shiba Subedi)

    Avec l’urbanisation croissante et l’augmentation de la population mondiale, de plus en plus de personnes vivent déjà et vivront dans des zones géologiquement dangereuses. Il sera donc plus vital que jamais de caractériser le niveau et les variations des bruits anthropiques afin que les sismologues puissent mieux écouter la Terre, en particulier dans les villes, et surveiller les mouvements du sol sous nos pieds.

    Référence bibliographique
    • Thomas Lecocq, Stephen P. Hicks, Koen Van Noten, Kasper van Wijk, Paula Koelemeijer, Raphael S. M. D, & alii, Global quieting of high-frequency seismic noise due to COVID-19 pandemic lockdown measures, Science eabd2438, 2020
      DOI: 10.1126/science.abd2438
    Revue de presse

    Auteur : CellComDec / Nicolas Bourquin

  • Travaux de bachelor millésime 2020

    Travaux de bachelor millésime 2020

    Nathalie Chèvre, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Ce semestre de printemps 2020 fut spécial pour l’enseignement universitaire. En effet, dès le 16 mars, les cours sont passés complètement en ligne, avec la difficulté que cela peut représenter pour les enseignants, mais également pour les étudiants. Un article paru dans le blog de Nathalie Chèvre, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre.

  • The politics of sustaining tuna, fisheries and livelihoods in the Western Indian Ocean – A marine political ecology perspective

    The politics of sustaining tuna, fisheries and livelihoods in the Western Indian Ocean – A marine political ecology perspective

    Thèse soutenue par Mialy ANDRIAMAHEFAZAFY le 13 juillet 2020, Institut de géographie et durabilité (IGD)

    Cette thèse vise à élargir les connaissances sur les aspects socio-économiques et politiques liés à la pêche au thon dans l’océan Indien occidental (OIO) afin de mieux comprendre les décisions de gestion. Une approche political ecology est utilisée pour la recherche. En tant que domaine d’étude, la political ecology accorde une attention particulière aux aspects politiques dans les interactions entre l’homme et l’environnement et la dégradation de l’environnement. L’étude se concentre sur trois pays de l’OIO : Madagascar, Maurice et les Seychelles.

    La thèse présente trois arguments principaux.

    En premier lieu, elle démontre que les pêcheurs locaux de l’OIO, avec le support des ONG et des médias, ont développé de fortes revendications discursives qu’ils utilisent à différents niveaux pour contester l’exploitation par les acteurs industriels. En revanche, les acteurs industriels, qui fournissent des données permettant d’établir l’état des stocks au niveau de l’océan Indien, se considèrent comme injustement accusés d’être les principaux responsables de la dégradation des ressources en thon dans la région.

    Deuxièmement, la thèse souligne que les mécanismes d’accès à la ressource actuels engendrent un accès déséquilibré et inégal entre les différents acteurs de la pêche. Cette situation produit des relations de pouvoir et des conflits qui sont aggravés par la matérialité du thon et de l’Océan Indien.

    Troisièmement, la thèse met en évidence l’importance des contextes socio-économiques et locaux, des interactions géopolitiques et de leur rôle dans la promotion ou non de la coopération et de l’identité régionales. La thèse démontre également que pour que le régionalisme existe réellement dans l’OIO, il est essentiel de renforcer les liens entre les pays et les peuples de l’OIO malgré les difficultés que cela présente en matière de pêche au thon.

    Les contributions académiques et empiriques de la thèse sont les suivantes : elle montre comment la pêche au thon illustre un cas de croissance bleue où le discours gagnant-gagnant ne peut se réaliser et où l’utilisation durable des ressources devient un défi socio-économique et politique. Elle fournit également un cas intéressant d’interactions des acteurs à plusieurs niveaux et montre la difficulté de mettre en œuvre les politiques de gestion des ressources à différentes échelles. Enfin, il est souligné la nécessité d’accorder une plus grande attention aux non-humains lorsqu’il s’agit d’analyser les activités se tenant dans nos océans.

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  • Les feuilles de vignes : de précieux indicateurs de déficit hydrique des sols

    Les feuilles de vignes : de précieux indicateurs de déficit hydrique des sols

    Jorge Spangenberg, Institut des dynamiques de la surface terrestre

    Le Dr Jorge Spangenberg, démontre dans un récent article que la composition chimique des feuilles de vigne – ici de chasselas et de pinot noir – conditionne leurs premières réponses aux manques d’eau dans le sol, le stress hydrique, ce qu’il est essentiel de comprendre dans le cadre des changements climatiques.

    Le Dr Spangenberg, privat-docent à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST), est en outre convaincu que les conclusions de ses travaux sont applicables à d’autres types de plantes, comme un indicateur important de déficit hydrique lorsque mises en corrélation avec des données saisonnières, sachant que la vigne est parmi les plantes les plus sensibles à la carence en eau du sol.

    Concrètement, cette étude de cas est le fruit de l’analyse de deux cépages (chasselas et pinot noir) de vignobles de la station de recherche de l’Agroscope à Leytron, en Valais.

    Pour ce faire, le Dr Spangenberg a étudié les isotopes de carbone et d’azote ainsi que leur concentration au niveau moléculaire des cires épicuticulaires (la graisse couvrant l’épiderme des feuilles). Cette méthodologie novatrice étudie les modifications des rapports isotopiques et fraction molaire de carbone et d’azote lors de la réponse de la vigne au stress hydrique. Il utilise comme marqueurs complémentaires le taux d’accumulation des lipides couvrant la surface des feuilles et l’apparition de biomarqueurs – comme les acides linoléique et linolénique, précurseurs de la synthèse des molécules spécifiques (principalement l’acide jasmonique) – impliqués dans la signalisation de situations de stress abiotique.

    C’est ce qui ressort de l’analyse de deux cépages (chasselas et pinot noir) de vignobles dans la station de recherche de l’Agroscope à Leytron. En d’autres termes, les isotopes de carbone et d’azote des feuilles de vigne et les lipides à leur surface sont des indicateurs de déficit hydrique précoce ; ces relevés sont pratiqués sur des vignes cultivées sur le terrain même sous différents régimes hydriques, aussi bien en irrigation abondante qu’en absence totale d’eau. Ces données sont particulièrement significatives sur la période qui s’étend de juin à septembre et jusqu’aux vendanges.

    Il est aussi très intéressant de noter que les analyses isotopiques, plus simples, plus rapides et moins coûteuses à réaliser que les analyses des lipides, permettraient une cartographie biogéochimique de la disponibilité en eau dans les sols au niveau de l’ensemble des vignobles (terroirs). 

    Finalement, cette étude complète les travaux du Dr. Spangenberg et des autres coauteurs et collaborateurs au projet, qui démontrent ainsi que la composition isotopique de carbone et d’azote des vins issus de trois cépages (chasselas, petite arvine et pinot noir) et six millésimes (2009–2014) des vignobles expérimentaux de Leytron, permettent de reconstruire l’évolution climatique des régions viticoles (voir publications ci-dessous de 2017 à 2019).

    La composition chimique des feuilles des plantes et aussi de ces produits (i.e. des vins) donne de précieuses indications périodiques sur l’évolution du climat, et devrait permettre de tracer et de cartographier l’évolution de la disponibilité d’eau dans les sols à une échelle régionale. Cette innovation en termes de méthode pourrait ainsi s’appliquer au monitoring de l’évolution de la chaleur et de la sécheresse, assez vital dans un contexte de changement climatique rapide, ainsi qu’au management de la ressource en eau dans différents environnements viticoles ou agricoles.

    Référence de l’article

    Spangenberg, J.E., Schweizer, M., Zufferey, V., 2020. Shifts in carbon and nitrogen stable isotope composition and epicuticular lipids in leaves reflect early water-stress in vineyards. Science of the Total Environment, Volume 739, 140343. doi: 10.1016/j.scitotenv.2020.140343.

    Autres travaux sur le sujet

    Spangenberg, J.E., Zufferey, V. 2019. Carbon isotope compositions of whole wine, wine solid residue and wine ethanol, determined by EA/IRMS and GC/C/IRMS, can record the vine water-status – A comparative reappraisal. Analytical and Bioanalytical Chemistry, Volume 411, pp. 2031–2043. doi: 10.1007/s00216-019-01625-4.

    Spangenberg, J.E., Zufferey, V., 2018. Changes in soil water availability in vineyards can be traced by the carbon and nitrogen isotope composition of dried wines. Science of the Total Environment, Volume 635, pp. 178–187. doi: 10.1016/j.scitotenv.2018.04.078.

    Spangenberg, J.E., Vogiatzaki, M., Zufferey, V., 2017. Gas chromatography and isotope ratio mass spectrometry of Pinot Noir wine volatile compounds (d13C) and solid residues (d13C, d15N) for the reassessment of vineyard water-status. Journal of Chromatography A, Volume 517, pp. 142–155. doi: 10.1016/j.chroma.2017.08.038.