The Paradox of Just Transitions: Rare Earth Mining in Myanmar’s Civil War

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Rare earth mining next to the stream in Pangwa, Kachin State, Myanmar. Photo by author (2023)

Thèse en géographie, soutenue le 3 février 2026 par Thi Thi Han, rattachée à l’Institut de géographie et durabilité (IGD) de la FGSE.

Les technologies liées aux énergies propres, telles que les éoliennes et les voitures électriques, nécessitent des éléments de terres rares (ETR). Plus de la moitié de l’approvisionnement mondial en ETR « lourds », les plus précieux, provient du Myanmar. Cette étude examine l’impact de l’exploitation minière de ces minéraux sur les communautés locales, en se concentrant sur les villes de Chipwe et Pangwa, dans l’État de Kachin, au nord du Myanmar.

Les observations sur le terrain et les entretiens avec les habitants, les organisations communautaires et les experts du secteur révèlent des tendances inquiétantes : les terres agricoles sont détruites, les rivières polluées, les familles perdent leurs moyens de subsistance et des communautés entières sont reconfigurées. Les populations, y compris les femmes et les enfants, sont déplacées ou contraintes d’accepter des emplois dangereux et mal rémunérés, et sont souvent victimes d’exploitation sexuelle. L’État de Kachin est déjà touché par la guerre civile, et cette étude explore les liens entre l’exploitation minière des terres rares et les relations complexes entre le pouvoir, les conflits et la faiblesse de la gouvernance dans la région. Elle montre que les défis posés par l’exploitation minière des terres rares vont au-delà des préoccupations environnementales et sociales : ils sont profondément politiques et liés à la question de savoir qui profite de ces ressources et qui en subit les conséquences.

Bien que le monde encourage « l’approvisionnement responsable » en minerais pour un avenir plus vert, la réalité à Kachin est très différente. L’exploitation minière est contrôlée par des groupes armés et des réseaux puissants, tandis que les réglementations officielles sont quasi inexistantes. Les discussions internationales se concentrent sur la sécurisation d’un approvisionnement régulier en minerais pour les technologies vertes, ignorant les coûts humains et environnementaux sur le terrain.

Mon étude soutient que les terres rares provenant du Myanmar devraient être considérées comme des « minerais de conflit », à l’instar des diamants ou de l’or extraits dans les zones de guerre. Pour lutter véritablement contre le changement climatique de manière équitable, les gouvernements et les entreprises doivent veiller à ce que les minerais qui alimentent les énergies propres ne soient pas liés à la violence, à l’exploitation ou à la destruction écologique.

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