Thèse en géographie, soutenue le 29 janvier 2026 par Anne-Sophie Gavin, rattachée à l’Institut de géographie et durabilité (IGD) de la FGSE.
Face aux crises écologiques et sociales de notre époque, il devient urgent de former de futur·es citoyen·nes capables de comprendre la complexité du monde et d’agir de manière responsable. Pourtant, l’éducation à la durabilité reste peu présente dans les programmes scolaires et les pratiques en classe.
Cette thèse propose de repenser l’enseignement de la géographie pour en faire un levier puissant d’éducation à la durabilité. À partir d’un exemple concret, l’aménagement des cours d’eau, elle explore comment enseigner cette thématique complexe et actuelle en mobilisant la créativité des élèves. Elle s’intéresse à leurs représentations de la durabilité, aux savoirs mobilisés en classe, et au processus d’élaboration avec des enseignant·es et des expert·es d’un dispositif d’enseignement innovant.
La démarche repose sur une enquête auprès de 219 élèves vaudois·es, des entretiens avec des spécialistes, et l’observation dans cinq classes vaudoises. Les résultats montrent qu’initialement, les élèves ont souvent une vision limitée de la durabilité, centrée sur des écogestes. L’aménagement des cours d’eau, en tant que question socialement vive, permet d’élargir cette vision en développant une pensée complexe et la créativité, notamment grâce à un enseignement ancré dans les réalités des élèves et pratiqué à l’extérieur. En classe, l’élaboration collective et argumentée de projets favorise la créativité des élèves. Les enseignant·es jouent un rôle central dans la construction des apprentissages, même si certaines de leurs pratiques, notamment dialogiques, peuvent parfois freiner l’autonomie des élèves dans leur construction de savoirs en géographie et en éducation à la durabilité.
La thèse a également une visée pratique : elle propose un dispositif d’enseignement sur l’aménagement des cours d’eau, conçu dans une perspective d’éducation à la durabilité et destiné aux enseignant·es du secondaire I. Élaboré de manière collaborative, ce dispositif mobilise des savoirs académiques, professionnels et locaux, et offre des pistes concrètes pour une géographie scolaire ancrée dans les territoires, transdisciplinaire et engagée.