
© Rut Mayo de la Iglesia, used with permission
Thèse en sciences de la Terre, soutenue le 2 mars 2026 par Sinéad Lynch, rattachée à l’Institut des sciences de la Terre (ISTE) de la FGSE.
Les arthropodes (crabes, araignées, insectes, etc.) constituent le groupe animal avec le plus d’espèces sur la planète, et occupent des milieux allant des abysses marins jusqu’aux milieux terrestres. Apparue il y a environ 500 Ma, cette lignée possède un registre fossile remarquable, incluant les trilobites, suivis des limules, encore présentes aujourd’hui, puis les décapodes (crevettes, crabes, etc.), présents dès l’époque des dinosaures.
Un trait fondamental des arthropodes est la présence d’un exosquelette rigide qu’ils doivent périodiquement renouveler pour grandir, régénérer les structures endommagées, ou se métamorphoser. Dans le registre fossile, distinguer une mue (l’exosquelette vide) d’une carcasse est essentiel, car une mauvaise interprétation peut fausser les reconstructions de la biodiversité passée et notre compréhension de ce processus clé développement des arthropodes (voir chapitre 1).
Le chapitre 2 présente la structure des données paléontologiques de MoultDB, une base de données développée collaborativement afin de regrouper et partager les données relatives à la mue des arthropodes modernes et fossiles. Dans les chapitres suivants, la mue est étudiée chez différents groupes d’arthropodes fossiles, à travers plusieurs études de cas couvrant des lignées et des périodes géologiques variées. Chaque chapitre met l’accent sur un aspect particulier de la mue : les postures associées à la mue (chapitre 3), les mécanismes de mue (chapitre 4) et les différences de composition entre mues et carcasses (chapitre 5).
Chez un trilobite (Cambrien, Pologne – chapitre 3), les spécimens en positions étendues sont majoritairement des mues, tandis que les spécimens enroulés sont plus souvent des carcasses, suggérant que la seconde pourrait refléter un comportement de protection. L’analyse d’une limule (Ordovicien, Maroc – chapitre 4), révèle un changement de mécanisme de mue entre les stades juvéniles et adultes, contrairement aux limules actuelles. Chez une espèce de crevette (Crétacé, Maroc – chapitre 5), l’étude examine les différences potentielles de composition, de structure de la cuticule et de réflectance entre les mues et les carcasses. Dans l’ensemble, cette thèse met en évidence l’intérêt d’une approche intégrée combinant données fossiles, observations des espèces actuelles et ressources collaboratives telle que MoultDB.
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