Le regard d’une chercheuse au cœur de l’ECSS 2026

Statisticienne de formation et ancienne athlète de haut niveau en trail, Esther Eustache développe des méthodes innovantes pour mieux comprendre la performance, la santé et l’activité physique. À l’occasion du Congrès européen des sciences du sport (ECSS) 2026 à Lausanne, elle revient sur son parcours, ses recherches et son expérience au sein de cet événement international auquel elle a participé en tant que première assistante à l’Institut des sciences du sport (ISSUL).

esther eustache
Esther Eustache première assistante à l’ISSUL

Vous êtes à la fois chercheuse et grande sportive d’endurance. Comment ces deux dimensions – scientifique et sportive – se nourrissent-elles mutuellement dans votre parcours ?

Mon expérience dans le sport de haut niveau et les sports d’endurance m’a donné une compréhension concrète de la pratique sportive, de ses exigences et de ses enjeux. Elle m’amène à m’intéresser à des problématiques variées, de la performance et de la gestion de l’effort à la motivation ou aux enjeux psychologiques.

En tant que statisticienne, cette expérience me permet de mieux comprendre les données que j’analyse, de les replacer dans leur contexte et de mieux appréhender les questionnements des chercheur·euses en sciences du sport. Cela me permet de ne pas être uniquement dans une posture de statisticienne qui traite des données, mais de mieux comprendre la question scientifique dans son ensemble.

À l’inverse, la recherche enrichit aussi ma pratique sportive. Elle me permet de rester dans un environnement où je suis en veille scientifique et d’apprendre beaucoup de choses sur le sport au sens large, au-delà de la seule question de la performance. Cela nourrit ma réflexion sur ma propre pratique et me permet de mieux comprendre ce que je peux observer ou ressentir en tant que sportive.

Ces deux dimensions se complètent donc naturellement : mon expérience sportive nourrit mon regard de chercheuse, tandis que mon activité scientifique enrichit ma compréhension et ma pratique du sport.

Qu’est-ce qui vous a conduite vers les sciences du sport et la statistique appliquée, et qu’est-ce qui continue à nourrir votre motivation pour ces thématiques ?

J’ai toujours adoré les mathématiques. Avec l’essor de l’apprentissage statistique, je me suis assez naturellement orientée vers un parcours en statistique. Passionnée de sport depuis mon plus jeune âge et sportive de haut niveau pendant mes études, j’ai terminé mon doctorat avec l’envie de poursuivre dans le milieu académique, mais aussi avec le sentiment qu’il me manquait une dimension plus concrète et porteuse de sens. J’avais envie de pouvoir mettre mes compétences au service d’un domaine qui me passionne et qui fait partie de ma vie depuis toujours.

Pouvoir aujourd’hui faire des statistiques appliquées au sein d’un institut des sciences du sport représente pour moi une forme d’aboutissement. Cela me permet de faire le lien entre mes compétences scientifiques et ma passion pour le sport, tout en continuant à apprendre et à m’épanouir pleinement dans mon travail.

Le Congrès ECSS 2026 met en avant les collaborations entre sciences du sport, ingénierie, médecine et sciences sociales. Pouvez-vous nous racontez votre expérience à l’événement ? Comment y avez-vous contribué ?

L’ECSS est l’un des grands rendez-vous internationaux des sciences du sport. Cette année, plus de 3 000 chercheur·euses du monde entier se sont retrouvés à Lausanne, et le congrès a été une belle réussite. J’ai eu la chance d’y contribuer à la fois comme bénévole et comme chercheuse.

J’ai notamment présenté oralement un travail mené avec des collègues de l’ISSUL sur les déterminants de l’abandon en ultratrail et les différences entre hommes et femmes. C’était une belle occasion de présenter ce projet dans un contexte international et d’échanger avec des scientifiques de disciplines et d’horizons différents.

Être bénévole m’a permis de vivre le congrès de l’intérieur, de découvrir les coulisses d’un événement scientifique de cette ampleur, mais aussi de rencontrer davantage de participants et de contribuer à son bon déroulement. Cette double expérience a rendu le congrès particulièrement riche et m’a vraiment donné le sentiment de prendre part à une communauté scientifique internationale autour des sciences du sport.