Qui gouverne les usages du sol ? Le rôle politique des organisations environnementales
Après un Bachelor en relations internationales à l’Université de Genève, puis un Master en administration publique, Lauriane Cailleux a poursuivi un doctorat en science politique à l’UNIL, enrichi par des expériences de recherche à l’international, notamment en Australie. Politologue et chercheuse à l’Université de Lausanne, où elle étudie les politiques publiques et les dynamiques de gouvernance environnemental, Lauriane Cailleux a soutenu sa thèse intitulée le vendredi 26 juin 2026, sous la supervision du Professeur Martino Maggetti (Institut d’études politiques).
Face aux défis du changement climatique, de l’urbanisation et de l’érosion de la biodiversité, le foncier est devenu une ressource stratégique au cœur de nombreux conflits d’usage. Si les politiques foncières relèvent traditionnellement de l’État, les organisations environnementales jouent aujourd’hui un rôle croissant dans leur élaboration et leur mise en oeuvre. Au-delà du plaidoyer, elles acquièrent des terrains, participent à la mise en œuvre des politiques publiques et mobilisent le droit pour influencer les décisions d’aménagement du territoire.
Cette thèse examine comment ces organisations influencent les politiques foncières et contribuent à transformer leur gouvernance. Elle repose sur un dispositif comparatif entre la Suisse et l’Australie, centré sur Pro Natura et The Nature Conservancy et combinant plusieurs méthodes (entretiens semi-directifs, analyse documentaire, process tracing et analyses quantitatives des recours en justice) afin de saisir les différentes formes d’influence exercées par ces organisations.
Les résultats montrent que l’acquisition de terrains ne constitue pas seulement un outil de conservation de la nature, mais également une stratégie politique. En devenant propriétaires fonciers, ces organisations acquièrent de nouvelles capacités d’action et interviennent à la fois comme groupes d’intérêt, partenaires des autorités publiques et acteurs de la régulation.
Cette recherche met ainsi en évidence l’émergence de formes hybrides de gouvernance et ouvre une réflexion sur les enjeux de légitimité, de transparence et de responsabilité démocratique liés à l’influence croissante d’acteurs non étatiques.
