Julia Kolly

L’annonce d’une progression de la maladie en oncologie : un défi collectif entre professionnel·le·s de la santé, patient·e·s et proche(s)

Titulaire d’un bachelor en psychologie et d’un master en psychologie de la santé de l’Université de Lausanne, Julia Kolly est psychologue FSP. Elle a poursuivi son parcours académique par un doctorat réalisé sous la co-direction de la Professeure Sophie Lelorain (Université de Lausanne) et du Dr Kristopher Lamore (Université de Lille). Sa thèse s’inscrit dans le cadre du projet international RESIST et porte sur les enjeux communicationnels et psychosociaux liés aux annonces de progression du cancer. Julia Kolly a soutenu sa thèse le 18 mars 2026.

Les progrès médicaux notamment en matière de traitement en oncologie et l’allongement de l’espérance de vie ont profondément transformé les trajectoires de la maladie. Si les traitements se multiplient et prolongent parfois la survie, ils s’accompagnent aussi de situations répétées de progression de la maladie. L’annonce qu’un traitement n’est plus suffisamment efficace constitue ainsi un moment charnière du parcours de soins : elle confronte patient·e·s, proches et professionnel·le·s de santé à une réalité incertaine, tout en ouvrant la possibilité d’une nouvelle option thérapeutique. Ces consultations cristallisent des enjeux émotionnels, relationnels et décisionnels majeurs, encore peu explorés dans la littérature scientifique.

Inscrite dans le cadre du projet international RESIST, cette thèse examine les consultations d’annonce de progression du cancer en Suisse et en France au travers des regards croisés des professionnel·le·s de la santé (oncologues, chirurgien·ne·s et infirmier·ère·s) qu’ils/elles soient expérimenté·e·s ou en formation, ainsi que des patient·e·s atteint·e·s de cancer et de leur(s) proche(s). S’appuyant sur des approches qualitatives, cette thèse interroge la manière dont ces annonces sont préparées, formulées, reçues et mises en sens. Les résultats mettent en évidence les tensions auxquelles sont confronté·e·s les professionnel·le·s, partagé·e·s entre impératifs biomédicaux, contraintes institutionnelles et volonté d’empathie. Du côté des patient·e·s et des proches, la progression est décrite à la fois comme un choc et comme une étape progressivement intégrée dans un parcours marqué par l’incertitude. Les analyses révèlent également les dynamiques de pouvoir et les négociations implicites qui traversent les discussions autour des choix thérapeutiques, questionnant les idéaux contemporains de décision partagée.

Ancrée dans la discipline de la psychologie critique de la santé, cette thèse contribue à une compréhension fine de ces consultations et propose des pistes concrètes pour améliorer l’accompagnement des personnes confrontées à de telles situations, tout en interrogeant les cadres institutionnels et sociétaux qui structurent ces échanges.