Gina-Julia Westenberger

Unequal shifts in regions’ job structure and political attitudes in Europe

Titulaire d’un master en sciences politiques et administration publique de l’Université de Constance, Gina-Julia Westenberger a travaillé en tant que doctorante FNS à l’Institut des sciences sociales entre 2022 et 2026. À l’automne 2025, elle a effectué un séjour académique au Nuffield College, à l’Université d’Oxford. Elle a soutenu sa thèse sous la direction du Professeur Daniel Oesch le 25 juin 2026.

Dans le contexte d’un regain d’intérêt pour la polarisation géographique des attitudes politiques et du comportement électoral dans les pays occidentaux, sa thèse examine la structure et les conséquences politiques des changements professionnels régionaux en Allemagne entre les années 1990 et 2020. Elle teste également, à l’échelle européenne, deux mécanismes souvent avancés pour expliquer le lien entre déclin économique régional et vote pour l’extrême droite : le pessimisme individuel face au marché du travail et les ressentiments culturels.

Ses analyses s’appuient sur un échantillon de 2% des biographies professionnelles intégrées, sur des données d’enquête individuelles issues du German Socio-Economic Panel, de l’European Social Survey et du projet Welfare Priorities, ainsi que sur plusieurs bases de données économiques administratives.

Les résultats remettent en question les hypothèses générales de la littérature sur la « géographie du mécontentement ». En Allemagne, l’évolution professionnelle de long terme suit globalement un clivage urbain-rural, mais les héritages est-ouest et nord-sud introduisent une forte hétérogénéité. Ce changement structure le soutien aux partis sur tout l’échiquier politique : une faible progression professionnelle est associée à un soutien accru aux sociaux-démocrates et à l’extrême droite, tandis qu’une forte progression favorise les verts et les libéraux. À l’échelle européenne, aucun lien constant n’apparaît entre le fait de vivre dans une région en déclin économique et un pessimisme individuel accru ou des ressentiments culturels plus marqués. En somme, cette thèse montre que le changement professionnel régional est un outil utile pour étudier les inégalités territoriales, qu’il structure le soutien politique au-delà de l’extrême droite, et que les deux mécanismes individuels souvent invoqués pour expliquer la géographie du mécontentement n’opèrent pas de manière uniforme selon les contextes.