Efficacité d’une formation brève à la réparation des ruptures d’alliance thérapeutique en psychothérapie
Psychologue spécialiste en psychothérapie FSP, Diana Ho-Ortega est diplômée d’un master en psychologie de l’Université de Lausanne. Après plusieurs années de recherche et d’activité clinique à l’Institut Universitaire de Psychothérapie (CHUV), elle entreprend un doctorat en psychologie sous la direction du Professeur Valentino Pomini. Son parcours, qui allie recherche, pratique clinique, enseignement et formation des thérapeutes, est guidé par un intérêt constant pour la psychothérapie.
La recherche montre que la capacité à identifier et à réparer les ruptures d’alliance, lorsqu’elles surviennent, constitue une compétence essentielle en psychothérapie. Développer cette compétence chez les thérapeutes en formation représente donc un enjeu majeur.
Cette étude a évalué les effets d’un atelier de deux jours consacré à la réparation des ruptures d’alliance (RRA), fondé sur le modèle de Safran et Muran (2000a). Trente-sept thérapeutes en formation en psychothérapie ont été randomisés entre une condition expérimentale, bénéficiant de la formation, et une condition contrôle sur liste d’attente. Leurs compétences ont été évaluées avant et après l’intervention à l’aide de jeux de rôle standardisés avec des acteurs professionnels simulant une rupture d’alliance, puis mesurées au moyen d’un instrument hétéro-évaluatif (le 3RS). Une analyse qualitative du discours des participants a également été réalisée afin d’examiner l’intégration des concepts du modèle et le sentiment d’efficacité thérapeutique.
Les résultats montrent une amélioration significative des compétences dans le groupe expérimental, alors qu’aucun changement n’a été observé dans le groupe contrôle. Les thérapeutes formés ont davantage recours à des stratégies de résolution et parviennent mieux à restaurer l’alliance. L’analyse qualitative indique également une meilleure reconnaissance des ruptures et une mention plus fréquente des stratégies issues du modèle RRA. En revanche, les thérapeutes formés rapportent un sentiment d’efficacité moindre, suggérant une prise de conscience accrue de la complexité de la gestion des ruptures d’alliance. Ces résultats suggèrent qu’une brève formation à la réparation des ruptures d’alliance permet d’améliorer les compétences des thérapeutes en formation. Ils soutiennent l’intérêt d’intégrer plus largement ce type d’enseignement dans la formation initiale et continue des psychothérapeutes.
