Interroger la relation entre chercheur·es et participant·es: Penser et dépasser les logiques extractivistes en recherche

La Journée de la recherche 2026 vous propose d’interroger la relation qui lie chercheur·es et participant·es d’étude. Au sein de notre Faculté, ces dernier·es ont divers visages: patient·es, professionnel·les de santé, élites, enfants et adolescent·es, groupes vulnérables ou marginalisés. Tous et toutes donnent de leur temps, partagent leurs expertises, racontent leurs expériences vécues et dévoilent parfois leurs fragilités les plus intimes, contribuant ainsi à la production des savoirs scientifiques. Mais une fois les données récoltées et analysées, que reste-il de ce lien établi pendant le projet ? Qu’est-ce qui est effectivement restitué ou reconnu aux participant·es ? Si donner revient à créer du lien, le principe de réciprocité est-il réellement respecté ?

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© Alexandra Rubleva | Dreamstime.com

Ces questions ouvrent sur des enjeux plus larges, car les relations entre participant·es et chercheur·es ne sont jamais neutres. Elles se déploient dans des espaces relationnels où se négocient positions, attentes et savoirs situés, mais aussi des rapports de pouvoir parfois asymétriques. Dans ce contexte, les discours et savoirs des personnes participant à l’étude sont souvent appropriés, puis réinjectés dans des circuits académiques fermés, excluant de facto les communautés concernées. Ces dynamiques relèvent de ce que certain·es qualifient d’extractivisme scientifique – un ensemble de processus par lesquels les savoirs sont extraits, décontextualisés de leur écosystème d’origine et rarement restitués aux personnes ou instances qui en sont la source. Bien que ces dynamiques aient initialement été adressées par des approches critiques postcoloniales, ces logiques d’exploitation ne se limitent pas à certains contextes et concernent de nombreux champs de recherche, que ce soit en psychologie, ou en sciences sociales, politiques et du sport. Tous les modes de production de savoirs scientifiques – quel que soit le domaine de recherche – sont concernés, car aucun n’échappe aux rapports de pouvoir asymétriques qui structurent les interactions entre les personnes.

Les entraves à un travail de restitution, de reconnaissance et d’inclusion de communautés directement concernées sont multiples. En effet, cet effort n’est pas explicitement requis. Ni les bailleurs de fonds, ni les revues scientifiques, ni les institutions de recherche n’en font une exigence. A cela s’ajoutent des contraintes temporelles – trop de temps peut s’écouler entre la participation à l’étude et la communication des résultats. S’ajoute également une crainte d’un effort vain : que faire si le retour des chercheur·es ne suscite pas l’intérêt escompté auprès chez les participant·es ? Et si, en fin de compte, ma recherche n’intéressait vraiment que moi ?

La Journée de la recherche 2026 aura lieu le jeudi 30 avril 2026, dans l’après-midi. Elle propose d’interroger ces pratiques, de mettre en lumière leurs effets, et d’ouvrir un espace de réflexion collective sur des formes plus éthiques, intègres et collaboratives de production et de circulation des savoirs.

Le programme et les inscriptions seront prochainement disponibles sur le site web de la Journée de la recherche.