La créativité et la création dans la recherche

Alors que dans les imaginaires collectifs la science se retrouve souvent réduite au seul vecteur de la raison équipée de méthodes et d’outils, elle n’est pourtant pas dépourvue de curiosité, d’imagination, d’étonnement, de prise en compte de l’inattendu, du plaisir de la découverte – en somme de créativité. A des degrés divers, celle-ci est au cœur de nos manières de « faire science », de faire exister les choses, les phénomènes, les idées, les réalités. Le potentiel créatif engendre des collaborations fructueuses et permet de naviguer au travers des frontières disciplinaires, conceptuelles ou méthodologiques. En ce sens, la créativité dans la recherche fait figure de liant entre les cultures et les pratiques scientifiques.

Au début d’une étude, lorsque vient le temps d’élaborer un questionnement, le·la chercheur·e se lance dans l’entreprise de proposer une manière originale et inexplorée de (conce)voir le monde. Au moment d’élaborer une méthodologie, iel navigue entre la posture de l’artisan et de l’artiste, entre la maitrise rigoureuse des techniques traditionnelles et l’exploration de nouvelles manières de faire.

Une recherche originale peut ainsi assembler des méthodes disparates, ou en inventer de nouvelles, qui permettront de répondre de façon innovante aux questionnements. Par exemple, identifier et/ou créer des corpus inattendus ou inexplorés, récolter les données sur des supports originaux tels la photographie, le dessin, l’audio ou encore des dispositifs numériques, ou encore prendre en compte la corporeité, la sensibilité ou les émotions (autant des chercheur·e·s que des participant·e·s), sont autant d’action créatives en sciences sociales. La créativité peut aussi être au rendez-vous quand vient le moment de valoriser par le partage les résultats auprès des personnes concernées, des institutions, du grand public et créer par la-même le dialogue avec Cité.