L’avenir d’un programme d’activités physiques adaptées pour les personnes atteintes de lésions médullaires

Conçue par Jérôme Barral (MER, Institut des Sciences du Sport de l’Université de Lausanne), Jennifer Masset (Haute École de Santé Vaud) et Bertrand Léger (Clinique Romande de Réadaptation), l’étude SPRALT * veut analyser l’impact d’un programme d’exercices physiques supervisés sur l’état de santé des personnes tétra- ou paraplégiques. Le programme SPRALT a été développé pendant quatre ans dans les locaux du Swiss Recovery Center, sous la supervision de Yves Vionnet, le fondateur. L’avenir de ce centre repose à présent sur une évaluation objective des bienfaits procurés par ces entrainements très spécifiques.

* Suivi Post Réhabilitation A Long Terme.

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Le réveil sonne, il est 6h. Florent s’apprête à faire son premier transfert hors du lit pour ses soins quotidiens. Depuis qu’il s’entraine au centre, il dort mieux mais aussi plus longtemps. Ce matin, ses émotions sont mélangées entre excitation de rejoindre l’équipe et détresse de vivre son dernier entrainement. En effet, le Swiss Recovery Center (SRC) doit fermer ses portes en raison d’un manque de moyens et d’une pandémie toujours menaçante. Florent appréhende de revivre seul avec son fauteuil-roulant comme unique compagnon, de perdre le bien-être procuré par ses entrainements et surtout il redoute le retour des douleurs et des médicaments.

Une solution pour remettre en route durablement les entrainements du SRC viendrait d’une étude scientifique visant à évaluer les bienfaits du programme SPRALT. Suggérée dans un postulat déposé par le conseiller national Philippe Nantermod suite à sa visite au centre en 2019, le projet vient de recevoir ses premiers financements. Les trois partenaires romands impliqués dans cette étude vont récolter et analyser des données pendant deux ans auprès de 25 personnes tétra- ou paraplégiques qui suivront des entrainements personnalisés sur 6 mois à raison de 2 à 4 heures par semaine. Ce projet est soutenu par le comité d’organisation SWISCI, l’étude de cohorte suisse pour les personnes atteintes de lésions médullaires, qui fournira aux chercheur·e·s un accès à sa base de données. Une comparaison avec des mesures similaires réalisées dans l’étude SPRALT permettra de renforcer l’impact de ce programme et d’ouvrir un espace de discussion avec les assurances-santé sur les avantages, notamment économiques, qu’il représente. Pour Florent, comme pour ses ami·e·s du centre, ce sont de très bonnes nouvelles. Ses inquiétudes ne seraient que temporaires et il a bon espoir que 2022 soit l’année qui verra naitre ce projet de recherche tant attendu.

« Pour réaliser l’étude, la Fondation Suisse pour Paraplégiques a déjà octroyé en septembre 2021 un soutien de CHF 210’000.- pour financer un poste de doctorant·e, et le Département de la santé et de l’action sociale du canton de Vaud a proposé une aide de CHF 50’000.- » explique Jérôme Barral, MER à l’Institut des sciences du sport et coordinateur du projet SPRALT. « Cette étude, unique en Suisse, pourrait confirmer les bienfaits de la méthode SPRALT sur la santé biopsychosociale des personnes atteintes d’une lésion de la moelle épinière et fournir des arguments solides pour pérenniser et déployer un tel programme dans différentes régions de Suisse » conclut-il.

Pour couvrir entièrement les frais de l’étude, les chercheur·e·s doivent encore récolter CHF 400’000.-.

Dr. Jérôme Barral, Institut des Sciences du Sport de l’Université de Lausanne