
© Pierre-Antoine Grisoni/Strates
Directrice administrative et opérationnelle du Festival international Visions du Réel depuis novembre 2022, Mélanie Courvoisier a envisagé plusieurs carrières avant d’entamer ses études: «Je m’imaginais dans la psychologie, la logopédie ou encore journaliste», se rappelle-t-elle en souriant avant de poursuivre: «J’aime travailler avec les gens». Elle a donc tissé sa carrière d’un fil rouge: son goût des autres.
Au moment de décider de son orientation professionnelle, elle s’inscrit aux Préalables de l’Unil pour passer les examens d’entrée de l’Université – «J’ai terminé le gymnase en section diplôme; j’ai donc poursuivi en passant par l’école PrEP de Lausanne. À notre arrivée, nous avions le choix entre trois facultés – Lettres, SSP et HEC. Chacune ayant ses propres examens, il fallait décider d’une voie dès le départ.» Le cinéma l’intéresse, mais certaines branches la retiennent de rejoindre les Lettres. Direction les SSP.
Une fois sa licence en poche – «J’ai participé à la dernière volée à avoir connu le système pré-Bologne!» –, elle fait un détour par des organisations non gouvernementales avant de s’impliquer dans l’insertion professionnelle. Vient ensuite un séjour aux États-Unis, d’où elle rentre en maîtrisant l’anglais. De retour en Suisse, elle s’engage à nouveau dans le social, mais l’envie de se lancer dans le cinéma la rattrape.
De là, elle trace son chemin, de la production à la programmation en passant par la distribution, jusqu’à ce qu’une nouvelle opportunité s’offre à elle dans le travail social: «J’ai retrouvé un ami d’université, se remémore-t-elle. Il concevait des cours de français pour les personnes issues de la migration et avait besoin de quelqu’un qui maîtrise les rouages de l’insertion.» Elle y reste cinq ans: «Le concept était innovant – il s’agissait d’enseigner le français en le mettant en lien avec le métier des participantes et participants ou leurs recherches d’emploi.» Elle poursuit: «J’ai alors développé toute la partie liée à l’insertion de l’Association 1951, tout en gardant un pied dans le monde du cinéma.» Elle multiplie les casquettes, œuvrant notamment pour Ciné-Doc, Sister Distribution et participe au Comité de sélection des Journées de Soleure.
En 2020, elle décide de suivre un CAS HES-SO en gestion d’équipe et conduite de projets. À ce moment, elle s’interroge sur la tournure qu’elle souhaite donner à sa carrière et réalise qu’elle a besoin d’un défi nouveau. Elle postule donc à Visions du Réel. On connaît la suite.
Dans cette manifestation, essentiellement consacrée au cinéma du réel, elle apprécie le fait de retrouver des traces de ses précédents emplois: «Nous portons une attention redoublée à la participation culturelle et cherchons à inclure tous les publics, des personnes en situation de handicap à celles issues de la migration.»
Du 17 au 24 avril, elle a vécu sa 4e édition du Festival. À mesure que l’ouverture se rapprochait, le nombre de ses collègues a augmenté. D’une douzaine de personnes à l’année, l’équipe passe à «une trentaine aujourd’hui, deux mois avant. Pendant le festival, nous sommes 350, dont 170 bénévoles», se réjouit-elle.
Dans ce contexte, se ressourcer est essentiel; elle pratique le yoga ou se balade en nature – «cette connexion avec le vivant est importante pour moi». Elle apprécie également les voyages. Prochaine destination: l’Amérique latine – les deux derniers l’avaient emmenée en Colombie et au Mexique.
