Le patrimoine exceptionnel du château de La Sarraz

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La grande bibliothèque du château de La Sarraz. Elle compte plusieurs milliers d’ouvrages, centrés sur l’histoire
et la littérature. © MCAH, photo Nadine Jacquet

Au cours des siècles, les propriétaires du château de La Sarraz ont rassemblé des milliers d’objets dans leurs murs. Près de 3000 d’entre eux ont été donnés à l’État de Vaud. Un ouvrage rend compte de l’intérêt de ces collections familiales.

L’édifice médiéval de La Sarraz a pour particularité rare d’avoir été la propriété d’une seule famille, les Gingins-La Sarraz, depuis le milieu du XVIe jusqu’au début du XXe siècle. Au fil des années, des milliers d’objets furent rassemblés dans les murs par les membres de cette dynastie. Dès la première moitié du XIXe siècle, Frédéric de Gingins soulignait déjà leur intérêt historique. Le dernier héritier de la lignée, Henry de Mandrot (1861-1920), émit le vœu d’ouvrir son château au public, ce qui arriva en 1922. Son épouse Hélène de Mandrot-Revilliod (1867-1948), passionnée d’art contemporain, installa une Maison des Artistes.

Prise de conscience

Bien plus récemment, des difficultés financières, une inondation survenue en 2012 ainsi que la fermeture des lieux au public deux ans plus tard, débouchent sur «[…] une prise de conscience plus large de l’importance historique et scientifique des collections», comme le relève Lionel Pernet, directeur du Musée cantonal d’archéologie et d’histoire (MCAH), dans la préface du récent numéro de la revue PatrimoineS.

Entre 2012 et 2015, à l’occasion d’un séminaire en Lettres mené par le professeur Dave Lüthi, des étudiantes et des étudiants de l’Unil ont établi un inventaire d’une partie des trésors du château de La Sarraz. Allez savoir! en a rendu compte dans son no 61 (septembre 2015). Dessins, tableaux, armes, meubles & malles, porcelaine, argenterie & horloges, sans oublier la bibliothèque… Les collections, reliées entre elles par les fils invisibles des goûts de la famille propriétaire, et enrichies de dons plus tardifs, donnent le tournis. Le no 7 de PatrimoineS propose justement nombre de textes rédigés par les universitaires.

Mobilier de prestige

Par exemple, Gilles Prod’hom décrit une commode Louis XV datée des environs de 1765, sans doute réalisée par l’ébéniste réputé Matthäus Funk. Les collections sarrazines proposent un bel ensemble de mobilier bernois prestigieux. Cette présence ne doit rien au hasard, car, comme l’explique Denis Decrausaz dans un autre chapitre, les Gingins, qui nourrissaient de très bons contacts avec Leurs Excellences, souhaitaient appartenir à «une élite du goût».

En 2023, notamment pour des raisons de conservation, 3000 objets ont été donnés à l’État de Vaud par la Fondation du Château de La Sarraz. Certains d’entre eux jalonnent le parcours muséal actuel tandis que d’autres ont rejoint les dépôts du MCAH. Un important travail scientifique doit encore être effectué.

Lire également la notice sur le site de Labelettres

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Le château de La Sarraz et ses collections. Revue PatrimoineS. Collections cantonales vaudoises no 7 (2025), 184 p. Contact patrimoine.dgc@vd.ch

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