The Rise of Professors of Economics and Business Studies in Switzerland: Between Scientific Reputation and Political Power

Nouvelle publication de Thierry Rossier, Felix Bühlmann et André Mach dans les Archives Européennes de Sociologie (European Journal of Sociology).

Résumé de l’article

Cet article étudie l’affirmation des professeurs d’économie politique et de gestion d’entreprise durant la seconde moitié du xx e siècle en Suisse. Il se centre sur trois types de ressources de pouvoir : positions dans la hiérarchie universitaire, réputation scientifique et positions extra-académiques dans les sphères économique et politique. A partir de données biographiques au sujet de N = 487 professeurs, il examine comment ces ressources se sont développées entre 1957 et 2000. Nos résultats montrent que les professeurs de sciences économiques ont de plus en plus de succès dans les trois dimensions étudiées – spécialement si on les compare à d’autres disciplines comme le droit ou les sciences humaines et sociales. Cette évolution semble infirmer la soi-disant incompatibilité entre le pôle scientifique et le pôle mondain du champ académique : en effet les professeurs d’économie et de gestion augmentent leur réputation scientifique tout en occupant de plus en plus de positions exécutives au sein et en dehors de l’académie. Cependant, si l’on se penche sur la dotation individuelle en capital, nous voyons que ce sont rarement les mêmes professeurs qui détiennent de manière simultanée un volume important de capital scientifique et institutionnel.

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Les parlementaires suisses n’ont jamais été autant liés à des lobbys

Dans son édition du 14 mai 2017, le journal dominical Le Matin Dimanche réalise une enquête sur les liens d’intérêts des élus fédéraux tirée des données des recherches d’Andre Mach et Steven Eichenberger, membres de l’OBELIS qui ont par ailleurs débouché sur la publication de deux papiers scientifiques: Interests groups in Parliament: Exploring MPs’ interest affiliations et Formal ties between interest groups and members of parliament: Gaining allies in legislative committees (accès payant).

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La nouvelle configuration du réseau des élites économiques suisses en 2015, entre persistance et déclin

Par Stéphanie Ginalski, Université de Lausanne

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Légende : Réseau (1-mode) des 110 plus grandes entreprises suisses en 2015. Chaque lien représente un administrateur commun entre deux firmes, l’épaisseur de lien variant en fonction du nombre de membres communs. La taille des entreprises varie quant à elle en fonction du nombre de liens avec les autres firmes du réseau. Les couleurs représentent les différents secteurs économiques.

Pendant la majeure partie du 20e siècle, les élites économiques suisses ont fait preuve d’un haut degré d’organisation collective ainsi que d’une forte mobilisation sur le plan politique. Loin de l’image de l’entrepreneur individualiste, largement valorisée dans le discours officiel libéral, les dirigeants d’entreprises se sont organisés grâce aux organisations patronales, mais également par le biais de structures moins formalisées et moins visibles, comme les ententes cartellaires ou les réseaux interfirmes, créés par les administrateurs siégeant simultanément dans plusieurs conseils d’administration. Cette forte mobilisation collective est cependant remise en question dès les années 1990, dans le contexte de la financiarisation et de la mondialisation accrue de l’économie, et de la mise en place d’un système plus axé sur la concurrence. On observe ainsi un déclin brusque et rapide des liens d’interconnexions entre les 110 plus grandes firmes suisses entre 1990 et 2010. [1]

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Mainmise sur l’État social. Mobilisation patronale et caisses de compensation en Suisse (1908-1960)

Par Pierre Eichenberger (2016), Neuchâtel, Alphil.

Le rôle des caisses de compensation dans le système social helvétique est aussi méconnu que décisif. Qui connaît ces caisses, dont la fonction principale consiste à collecter les cotisations et à payer les rentes de l’assurance-vieillesse et survivants à hauteur de dizaines de milliards de francs par année ? Qui sait que ce sont les
associations patronales qui organisent la majorité d’entre elles ?

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