Le profil socio-professionnel du nouveau Parlement fédéral

Par Andrea Pilotti, Karim Lasseb & Roberto Di Capua, Université de Lausanne

Préambule

La nouvelle composition du Parlement à la suite des derniers 2èmes tours du 24 novembre 2019 se caractérise par un important renouvellement du Parlement fédéral. On ne compte pas moins de 79 nouvelles et nouveaux élu·e·s, à savoir 32,5% des sièges de l’Assemblée fédérale, dont 68 au Conseil national et 11 au Conseil des États[1]. Ce taux de renouvellement est particulièrement élevé pour deux raisons : d’une part, cela est tributaire d’un certain nombre de sortant·e·s qui ont décidé de ne pas se représenter (49, dont 29 au Conseil national et 20 au Conseil des États) et, d’autre part, en raison d’un nombre élevé de non réélu·e·s (30, dont 27 au Conseil national et 3 au Conseil des États). Relevons par ailleurs que les élections fédérales 2019 ont vu 12 membres sortant·e·s du Conseil national être élu·e·s au Conseil des États, ce qui représente une nouveauté par rapport au passé. Depuis 1999 au moins, jamais un nombre autant élevé d’ancien·ne·s député·e·s sortant·e·s avait réussi le passage direct de la Chambre basse à la Chambre haute.

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Le profil socio-professionnel du nouveau Conseil national

Par Andrea Pilotti & Roberto Di Capua, Université de Lausanne

Préambule

La nouvelle composition du Parlement au soir du 20 octobre 2019 se caractérise par un important renouvellement de la Chambre basse. On ne compte pas moins de 61 nouvelles et nouveaux élu·e·s, à savoir 30,5% des sièges au Conseil national. Ce taux de renouvellement est particulièrement élevé pour deux raisons : d’une part, cela est tributaire d’un certain nombre de sortant·e·s qui ont décidé de ne pas se représenter (30) et, d’autre part, en raison d’un nombre élevé de non réélu·e·s (31). Le taux de non-réélection des candidat·e·s sortant·e·s de ces dernières élections (18%) n’a jamais été aussi élevé depuis 1999 (22%).

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Résultats de l’étude relayés par les quotidiens Le Temps et La Regione.

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Compte-rendu du panel « Wealthy cities and local elites : Basel, Geneva and Zurich, 1880-2010 »

Dans le cadre des Cinquièmes Journées suisses d’histoire qui se sont tenues du 5 au 7 juin 2019 à l’Université de Zurich, Stéphanie Ginalski et Matthieu Leimgruber ont organisé un panel intitulé « Wealthy cities and local elites : Basel, Geneva and Zurich, 1880-2010 » présentant le nouveau projet de recherche Synergia piloté par des membres de l’OBELIS.

Un compte rendu écrit par Jérémy Ducros (Université de Genève) des différentes interventions du panel est disponible sur le site Infoclio.

L’élite du pouvoir en Suisse, un bastion masculin

Par Stéphanie Ginalski, Université de Lausanne

 

À l’occasion de la grève du 14 juin, ce post revient sur la place des femmes parmi les élites suisses depuis le début du siècle passé. Les chiffres sont frappants : jusqu’au début des années 1970, elles sont presque totalement exclues des cercles du pouvoir. On trouve quelques femmes dans les conseils d’administration des plus grandes firmes : il s’agit d’entreprises familiales, marquées cependant globalement par un système de gouvernance patriarcal. Jusqu’en 1971, date à laquelle les femmes accèdent enfin au droit de vote et d’éligibilité au niveau national, ces dernières sont par ailleurs totalement absentes des sphères politiques et administratives : « l’État, c’est l’homme »[1]. L’année 1971 constitue donc bien sûr un tournant fondamental. Les sphères politique et administrative s’ouvrent progressivement aux femmes, même si la parité est aujourd’hui encore loin d’être atteinte. C’est dans la sphère économique que les progrès sont les plus lents. En outre, dans les plus grandes entreprises suisses, les femmes se heurtent encore fortement au plafond de verre et n’accèdent que rarement aux plus hautes fonctions dirigeantes. L’élite du pouvoir en Suisse reste donc un bastion masculin, auquel d’autres catégories de la population ont par ailleurs peu accès, comme la classe populaire.

Les femmes parmi les élites suisses, en pourcent

1910

N=1088

1937

N=1092

1957

N=1208

1980

N=1355

2000

N=1326

2010

N=1413

2015

N=1503

Elites économiques 0,5 0,8 0,6 1,9 6,9 8,9 15,0
Elites politiques 0,0 0,0 0,0 9,4 22,7 27,6 29,5
Elites administratives 0,0 0,0 0,0 1,7 9,3 17,9 22,0

Sources : Base de données sur les élites suisses

Note : Elites économiques : membres des conseils d’administration et dir. exécutifs des 110 plus grandes entreprises suisses, ainsi que membres des comités directeurs des principales associations économiques faitières et des principaux syndicats ; Elites politiques : membres du Parlement fédéral, du Conseil fédéral et des comités directeurs des partis politiques gouvernementaux ; Elites administratives : membres de la chancellerie fédérale, secrétaires généraux et adjoints des départements fédéraux, directeurs d’offices des départements fédéraux, membres du directoire de la Banque nationale suisse et membres du Tribunal fédéral.

[1]Studer, Brigitte (1996). « ‘L’État c’est l’homme’ : politique, citoyenneté et genre dans le débat autour du suffrage féminin après 1945, » Revue Suisse d’histoire46 : 356-382.

Conférences de Ashley Mears à l’Université de Lausanne

MARDI 28 MAI, 13h15-14h45, INTERNEF 232
Ashley Mears (Sociology, Boston University)
«The Potlatch Revisited: Doing Display among the New Global Elite», co-organisé par le CEG et les ALE

MERCREDI 29 MAI, 17H15-19H, GÉOPOLIS 2121
« The New Sociology of Elites », panel de discussion trinational co-organisé par le CEG et l’OBELIS, avec Ashley Mears (Boston University), Bruno Cousin (SciencesPo Paris), Felix Bühlmann (Obelis) et Isabel Boni Le Goff (Ceg Unil).
Modération :
Sébastien Chauvin (Ceg Unil) et Thomas David (Obelis)

Le Centre en études genre (CEG), l’Observatoire des élites suisses (OBELIS) et les Ateliers lausannois d’ethnographies (ALE) vous invitent à deux conférences à l’occasion de la venue d’Ashley Mears à l’Université de Lausanne les 28-31 mai.

Ashley Mears est professeure associée au département de sociologie et au Women’s, Gender and Sexuality Studies Program de Boston University. Ses recherches et son enseignement portent sur le genre, la culture et la vie économique. Elle est l’autrice de Pricing Beauty: The Ma- king of a Fashion Model (University of California Press 2011). Son livre à paraître chez Princeton University Press est une anthropologie économique de la consommation de luxe. Ses articles sont notamment parus dans les revues Poetics, American Sociological Review et Social Forces. Elle a également écrit pour le New York Times, ELLE, et The Week. Elle a obtenu son doctorat de New York University.