Collection de poche

La collection de poche APOCRYPHES

Un fragment de papyrus trouvé dans la tombe d’un moine copte d’Égypte, un fabliau narrant l’histoire de la crèche, une fresque romane sur un mur poitevin, un roman latin à épisodes détaillant les aventures des apôtres… tous ces documents témoignent à leur manière de l’existence et de la diffusion d’œuvres appelées apocryphes.

Tour à tour recherchés et rejetés, exploités et vilipendés, traduits et oubliés, les apocryphes ne gardent-ils pas un mystérieux pouvoir d’évocation ? N’imagine-t-on pas, à entendre leur nom, qu’une révélation insoupçonnée, jadis tenue secrète, est enfin amenée à la lumière ?

A qui se plonge dans la littérature apocryphe, avec l’ardeur parfois frénétique de savoir désormais ce qu’il cherchait depuis longtemps, ces œuvres pourraient réserver une cruelle déception. Certains apocryphes prétendent bien, en effet, en apprendre au lecteur sur Jésus ; l’un rapporte un enseignement ésotérique qu’il aurait confié à un disciple particulier, tel Thomas ; un autre, les Actes de Pilate, transcrit fidèlement le récit que deux ressuscités auraient fait de sa visite aux enfers. D’autres, en revanche, ont des prétentions beaucoup moins hautaines : la Lettre tombée du ciel a-t-elle d’autres buts que de justifier que l’on paie la dîme et que l’on observe le dimanche ? Quant aux récits qui montrent un apôtre détournant la femme d’un haut fonctionnaire romain de ses devoirs conjugaux, comme par exemple les Actes de Philippe, ne sont-ils pas avant tout le reflet de choix pratiques de morale sexuelle et un appel à faire acte de chasteté dans le mariage ? Pour qui est assoiffé d’éternité, voilà des documents de piètre importance ! Et pourtant, s’il apprend à ne pas attendre des apocryphes qu’ils lui livrent des secrets ou des révélations cachées sur Jésus et ses disciples, il retirera de sa lecture le plus grand profit.

L’intérêt de ces textes est en effet ailleurs : ils transmettent les représentations que les chrétiens de divers lieux et de divers temps se sont faites de la figure de Jésus, du rôle des apôtres, de l’origine de leurs Églises locales… Ils témoignent également des questions qui les ont agités et des réponses qu’ils leur ont données : quelle est la nature du Christ, demande l’Ascension d’Ésaïe, tandis que les Actes de Pilate s’interrogent sur les liens du christianisme avec le judaïsme et la culture romaine.

Certains apocryphes sont très anciens et reflètent des traditions contemporaines d’une partie de ce qui est devenu le Nouveau Testament. Ils constituent pour les historiens comme pour les biblistes une voie d’accès privilégiée, encore peu exploitée, à des traditions chrétiennes des origines. Pas plus que les évangiles canonisés, ils ne nous donnent accès à la vérité historique sur Jésus et sur ses apôtres. Ils nous transmettent bien plutôt des éclairages sur la vie et sur les croyances des premières communautés de chrétiens.

L’imaginaire est ici véhicule de création et de réflexion. Ainsi lorsque l’Évangile de l’enfance selon Thomas narre au milieu du deuxième siècle tous les méfaits que Jésus a pu faire étant petit, il ne cherche pas à écrire une biographie de Jésus enfant, encore moins à faire preuve d’imagination débridée – voire sacrilège –, mais il s’interroge sur les modalités de l’Incarnation et se demande comment se manifestait dans l’enfant Jésus la plénitude de la grâce divine ; c’est enfin et surtout qu’il essaie d’expliquer ce que l’Évangile de Luc voulait dire en affirmant que «l’enfant croissait et se fortifiait en esprit».

Reflets de questions exégétiques, dogmatiques et morales de la plus haute importance, les textes apocryphes que la collection APOCRYPHES propose au public dévoileront leurs richesses à qui n’y cherche pas ce qu’ils ne peuvent lui donner, mais à qui a écouté Paul Valéry lorsqu’il écrivit que «toutes les histoires s’approfondissent en fables».

Loin d’offrir une image unifiée de la religion chrétienne, les apocryphes nous introduisent à sa diversité doctrinale, mais aussi mythologique et linguistique. Le christianisme, dès ses origines, se présente, en effet, sous la forme d’un ensemble de communautés étonnamment diverses. De nombreux apocryphes en témoignent, qui nous sont parvenus en de multiples versions. Ainsi la Doctrine d’Addaï nous a-t-elle été transmise en grec, en syriaque, en copte, en éthiopien, en arabe, en arménien, en géorgien et en slavon. Chacune de ces versions porte la marque du milieu qui a produit cet apocryphe, qui l’a conservé ou transmis. Chacune d’elles témoigne à sa manière du foisonnement doctrinal des premiers siècles du christianisme.

Voilà pourquoi, à l’heure où, le christianisme devenant religion de l’empire, les autorités tentaient d’en donner une image unifiée, certains Pères ont vilipendé les apocryphes comme porteurs d’hérésies. En un moment où la recherche redécouvre l’extraordinaire foisonnement des premiers siècles du christianisme, il était urgent de mettre à la portée du public des textes qui en portent si clairement la trace et qui, parfois en quelques lignes, nous éclairent un pan de l’histoire encore méconnu.

Au sein de cette diversité, le choix de l’Église ancienne fut difficile. L’Apocalypse dite de Jean a bien failli ne pas être retenue dans le canon. Quant au Pasteur d’Hermas, il a, lui, manqué de peu d’y entrer. Il n’y a aucune différence intrinsèque entre écrits canoniques et apocryphes. Le Nouveau Testament résulte du choix que les autorités ecclésiastiques ont dû opérer parmi des dizaines de textes pour fixer un corpus de référence de la foi chrétienne. D’autres œuvres, non retenues, continuèrent longtemps à alimenter la piété chrétienne, au point qu’elles sont à la source de nombreuses traditions encore vivaces. Qui donc sait que les lectures monastiques pour les fêtes des apôtres puisent dans le Martyrologe des récits édifiants tirés des Actes apocryphes des apôtres ? Qui pense apocryphe lorsqu’on évoque Gaspard, Melchior et Balthazar, ces trois mages que la tradition évangélique se garde de nommer mais dont les noms sont déjà sur les peintures coptes dans l’oasis égyptienne de Bawit ?

Oublier les apocryphes équivaudrait à vouer les vitraux de nos cathédrales et les fresques de nos églises romanes au silence, à rendre à jamais incompréhensible l’Enfer de Dante ou certaines pages de Flaubert. En un moment où l’on découvre avec inquiétude la méconnaissance que nos contemporains ont de l’histoire religieuse, il devenait urgent de traduire et de diffuser ces textes qui sont partie intégrante de notre mémoire.

Les volumes de la collection APOCRYPHES traduisent les textes originaux publiés ou en voie de publication dans la Series Apocryphorum du Corpus Christianorum. Une introduction au texte et des notes précises mais simples guident le lecteur de ces œuvres ; il sera amené à en découvrir l’intérêt, au-delà de ses préjugés, et apprendra à goûter le plaisir d’une lecture sereine des apocryphes.

Volumes parus

1.L'évangile de Barthélemy par Jean-Daniel KAESTLI et Pierre CHERIX
2.Ascension d'Isaïe par Enrico NORELLI
3.Histoire du roi Abgar et de Jésus par Alain DESREUMAUX
4.Les Odes de Salomon par Marie-Joseph PIERRE
5.L'Épître des Apôtres et le Testament de notre Seigneur et notre Sauveur Jésus-Christ par Jacques-Noël PÉRÈS
6.Salomon et Saturne. Quatre dialogues en vieil-anglais par Robert FAERBER
7.Actes de l'apôtre André par Jean-Marc PRIEUR
8.Actes de l'apôtre Philippe par Frédéric AMSLER, François BOVON et Bertrand BOUVIER
9.L'Évangile de Nicodème par Rémi GOUNELLE et Zbigniew IZYDORCZYK
10.Les Reconnaissances du pseudo Clément. Roman chrétien des premiers siècles par André SCHNEIDER et Luigi CIRILLO
11.Les Actes de Mari Mari. L'apôtre de la Mésopotamie par Christelle et Florence JULLIEN
12.La Gloire des rois, ou l'Histoire de Salomon et de la reine de Saba par Robert BEYLOT
13.Les Apôtres Thaddée et Barthélemy. Aux origines du christianisme arménien : Martyre et Découverte des reliques de Thaddée. Martyre et Découverte des reliques de Barthélemy par Maroutha par Valentina CALZOLARI
14.The Syriac Pseudo-Clementines. An Early Version of the First Christian Novel, Translated into English by F. Stanley JONES

14. The Syriac Pseudo-Clementines. An Early Version of the First Christian Novel Translated into English by F. Stanley JONES

Of imperial family and eventually Peter’s heir as bishop of Rome, Clement relates here how he happened to become a Christian and how Peter instructed his companions as he refutes the arch-heretic Simon Magus in a series of debates. Clement also recounts the astonishing recovery of his long-lost family. All these events occur in the year of Christ’s death.
The Pseudo-Clementines were popular reading throughout the Middle Ages in a Latin translation and reemerged in early modern times via vernacular versions and especially the Faust-legend. Often considered the first and only ancient Christian novel, the Pseudo-Clementines originated in Syrian Jewish-Christianity in the early third century. Two ancient Syriac translations from the fourth century reflect Greek texts no longer preserved; they contain the essence of Clement’s biographical account and of Peter’s teachings and debates with Simon. Of particular interest is Peter’s detailed review of the origins of Christianity, which apparently seeks to rebut the canonical Acts of the Apostles and lays the blame for the unbelief of the Jews squarely at the feet of Paul.
This volume presents the first complete translation of the Syriac into any modern language and thereby opens the door for a new stage of historical research and literary appreciation.

13. Les Apôtres Thaddée et Barthélemy. Aux origines du christianisme arménien : Martyre et Découverte des reliques de Thaddée. Martyre et Découverte des reliques de Barthélemy par Maroutha par Valentina CALZOLARI

Les textes arméniens présentés et traduits en français dans ce volume relatent les circonstances de la prédication et du martyre des apôtres Thaddée et Barthélemy en Arménie, à l’époque du roi Sanatrouk. Ils présentent les deux apôtres comme les premiers fondateurs de l’Église arménienne, bien avant l’œuvre évangélisatrice de Grégoire l’Illuminateur, au début du IVe siècle, lorsque le royaume d’Arménie adopta, le premier, le christianisme comme religion d’État. Livrant bataille aux démons et aux divinités mazdéennes, dans des récits imprégnés de mythologie païenne, les deux apôtres œuvrent à l’accomplissement d’un plan divin qui fait du peuple arménien le nouveau peuple élu. Sur le modèle de l’histoire biblique, ces textes apocryphes participent en effet de la même visée que la pensée historiographique arménienne des origines et contribuent à inscrire le peuple arménien dans l’Historia sacra. Faisant suite aux Martyres, les deux récits de la Découverte des reliques des apôtres sur le sol arménien veulent apporter une caution d’authenticité à la tradition de leur mission. A l’époque des querelles christologiques qui suivirent le concile de Chalcédoine (451), le label d’apostolicité offert par les textes apocryphes légitima la politique d’affranchissement de l’Église arménienne, anti-chalcédonite, par rapport à l’Église byzantine. De nos jours encore, l’Église d’Arménie, autocéphale depuis le VIe-VIIe siècle, s’appelle officiellement « Église apostolique arménienne ».

12. La Gloire des rois, ou l’Histoire de Salomon et de la reine de Saba par Robert BEYLOT

La Gloire des rois (ou l’Histoire de Salomon et de la reine de Saba) a été rédigée en Éthiopie au treizième siècle. Elle met en forme des légendes anciennes en relation avec celle d’Alexandre. Elle fut le texte fondateur de la société chrétienne en Éthiopie, pas seulement celui de la dynastie, jusqu’à la révolution de 1974. Elle a pour cadre le concile de Nicée (325). Grégoire l’Illuminateur, apôtre de l’Arménie, prend d’abord la parole au sujet de la gloire qui est celle des rois. Puis Dematyos de Rome (Byzance) raconte qu’il a trouvé à Sainte-Sophie (de Constantinople) un texte sur les destinées de Rome (Byzance) et de l’Éthiopie, qui se partagent le monde. Celui-ci dit comment la reine de Saba (pays identifié à l’Éthiopie) attirée par le renom de Salomon, lui a rendu visite. Un fils naît de leur rencontre, Ménélik appelé aussi David. Élevé par sa mère en Éthiopie, il rend visite à Salomon, une fois devenu adulte. Ménélik revient chez lui avec les premiers-nés des grands de la cour de Salomon, pour créer une Éthiopie à l’image du royaume de celui-ci. Il ignore, au début, que les siens ont emporté l’Arche d’Alliance. Désormais l’Éthiopie est le Verus Israël jusqu’à la fin des temps. Elle a les promesses de Dieu.

11. Les Actes de Mari Mari. L’apôtre de la Mésopotamie par Christelle et Florence JULLIEN

Les Actes de Mar Mari, présentés et traduits en français pour la première fois dans ce volume, ont été rédigés en syriaque au VI-VIIe siècle en Babylonie. Ils rapportent en 34 séquences le périple missionnaire de Mari, l’un des soixante-dix disciples du Christ, compagnon des apôtres de Jérusalem. Son apostolat en Orient est comparé à celui de Pierre et Paul en Occident. Il est envoyé vers la terre de Babel par Addaï, l’évangélisateur d’Édesse ; son périple s’achève aux confins de la Perse, espace missionnaire de l’apôtre Thomas. Mar Mari et ses disciples implantent le christianisme dans les villes et villages à l’Est de l’Euphrate, dans toute la vallée du fleuve Tigre. Souvent en conflit avec les adeptes de Zoroastre, il guérit, exorcise, ressuscite des morts et prêche à tous (dans les cours royales, les assemblées politiques). Les Actes se font l’écho des inquiétudes de l’Église syro-orientale (abusivement appelée « nestorienne ») face à l’étendue des succés du manichéisme : par bien des indices, sous le calame de l’auteur, Mari apparît comme la figure antithétique de Mani. Ce récit apporte également un éclairage décisif sur certaines minorités religieuses méconnues, comme les baptistes. Si le nom de Mar Mari (saint Mari) a peu d’écho en Occident, l’Orient chrétien lui a depuis longtemps associé une liturgie. Aujourd’hui encore, la référence à cette figure fondatrice marque la mémoire et les traditions des chrétiens d’Iraq, d’Iran et de la diaspora – les Assyro-chaldéens.

10. Les Reconnaissances du pseudo Clément. Roman chrétien des premiers siècles par André SCHNEIDER et Luigi CIRILLO

Les Reconnaissances, traduites en latin par Rufin d’Aquilée vers l’an 400, sont l’une des deux versions connues d’un roman rédigé vraisemblablement en Syrie au IIIe siècle de notre ère. Sous une forme autobiographique, l’ouvrage met en scène Clément, connu par les historiens comme évêque de Rome vers la fin du Ier siècle. Il se présente ici comme un jeune homme en quête de certitudes, dont la famille, tragiquement dispersée, se reconstituera au terme du récit, à la suite de retrouvailles (« reconnaissances ») romanesques. Entre temps, le jeune Clément s’est fait l’auditeur assidu et le secrétaire de l’apôtre Pierre. C’est en suivant son maître dans les villes côtières de Phénicie et de Syrie, en écoutant ses controverses avec Simon le magicien ou ses prédications aux païens de Tripoli, que Clément trouve la réponse aux questions théologiques, philosophiques et éthiques qu’il se pose.

9. L’Évangile de Nicodème par Rémi GOUNELLE et Zbigniew IZYDORCZYK

L’Évangile de Nicodème (appelé aussi Actes de Pilate) raconte le procès de Jésus, sa crucifixion, sa résurrection et sa descente aux Enfers. Tout en s’inspirant des évangiles canoniques, il n’hésite pas à inventer des personnages inconnus de la Bible (tels Leucius et Carinus, qui ont assisté à l’arrivée du Christ dans le monde infernal), ou à développer des figures seulement esquissées dans le Nouveau Testament (comme Pilate et Joseph d’Arimathée). Cet évangile s’est trouvé à la source d’une riche tradition littéraire et iconographique, dont l’introduction retrace les grandes lignes, et dont les témoins les plus connus aujourd’hui sont probablement les « Quêtes du Graal » et les icônes byzantines de la Résurrection. Dix-sept enluminures, tirées du seul manuscrit latin illustré connu de l’Évangile de Nicodème, sont réparties au fil de la traduction.

8. Actes de l’apôtre Philippe par Frédéric AMSLER, François BOVON et Bertrand BOUVIER

En décrivant l’activité missionnaire haute en couleurs de l’apôtre, les Actes de Philippe polémiquent tour à tour contre les adversaires de la pureté, contre les chrétiens qui ne comprennent rien à la grâce de la contemplation du Christ et contre les païens qui se vautrent dans l’abomination du culte de la Vipère à Hiérapolis en Phrygie (actuellement Pamukkale en Turquie). Les Actes de Philippe paraissent issus de cercles hétérodoxes d’Asie mineure des IVe et Ve siècles, épris d’ascèse et de mystique, qui nourriront la spiritualité des moines de l’Orient chrétien.

7. Actes de l’apôtre André par Jean-Marc PRIEUR

Les Actes d’André, du IIe siècle, comptent parmi les Actes apocryphes d’apôtres les plus anciens. Leur lieu d’origine reste incertain. Nous pouvons suivre les pérégrinations, les miracles et la prédication de l’apôtre André de l’Asie mineure jusqu’en Grèce. A Patras, il convertit la femme du proconsul, qui se refuse alors à son mari, ce qui entraîne le martyre de l’apôtre sur une croix (on connaît la croix de saint André…). Comme dans les autres Actes apocryphes, l’apôtre y apparaît d’après le modèle de l' »homme divin », que le christianisme a repris des religions hellénistiques: c’est le prédicateur qui dans sa parole et ses prodiges révèle la puissance du dieu qu’il annonce.

6. Salomon et Saturne. Quatre dialogues en vieil-anglais par Robert FAERBER

Les moines des monastères irlandais et anglais du haut Moyen Age, du VIIe au XIe siècle, nourris autant par la Bible, les Pères de l’Église, les grands théologiens de l’époque que par les apocryphes, même les plus fantastiques, on continué à « créer » des mondes foisonnant de « fables apocryphes ». Ici, ils leur ont donné comme cadre des dialogues entre le sage roi Salomon et le mystérieux Saturne. Ces textes sont le fruit de ce que l’on pourrait appeler « le mode de pensée apocryphe » qui, depuis les premiers siècles, n’a jamais cessé de fonctionner. Par ces deux dialogues en prose et ces deux poèmes, le lecteur est invité à goûter la saveur d’un ancien monde où les thèmes du christianisme s’expriment sur l’arrière-fond culturel germanique.

5. L’Épître des Apôtres et le Testament de notre Seigneur et notre Sauveur Jésus-Christ par Jacques-Noël PÉRÈS

Au cours d’une conversation, parfois très animée, avec ses apôtres, le Christ aborde, juste avant l’Ascension, quelques-uns des thèmes fondamentaux de la foi chrétienne: l’incarnation, le bien et le mal, le jugement et le salut. L’Epître des Apôtres a été rédigée dans la seconde moitié du IIe siècle, soit peu après les derniers livres du Nouveau Testament dont elle est tout imprégnée. Le Testament de notre Seigneur et notre Sauveur Jésus-Christ est un texte plus tardif, mais qui en dépend et l’accompagne dans la tradition manuscrite.

4. Les Odes de Salomon par Marie-Joseph PIERRE

Les Odes de Salomon forment un recueil de quarante-deux poèmes composés par un mystérieux chantre au début de l’ère chrétienne. Ces poèmes venus d’Orient et connus par le témoignage d’auteurs anciens furent considérés comme perdus jusqu’au début de ce siècle, lorsqu’on en retrouva le texte syriaque au hasard des bibliothèques. Ce sont des chants d’une perfection achevée.

3. Histoire du roi Abgar et de Jésus par Alain DESREUMAUX

Deux jours avant sa mort, Jésus reçoit un courrier de la cité d’Édesse située au nord de la Syrie, sur l’Euphrate. Le roi Abgar lui écrit, en syriaque, pour lui dire sa foi, lui demander la guérison et lui offrir asile en sa place forte. A défaut de ramener avec lui le bon médecin, le scribe rapporte à son maître, avec le portrait de Jésus, une double promesse: celle de lui envoyer un apôtre pour le guérir et celle de garder sa ville invincible. La légende utilise des faits historiques et puise dans le trésor de la fable apocryphe. Un beau manuscrit syriaque du Ve siècle, conservé à Saint-Pétersbourg, transmet le texte intégral de la légende sous le nom de Doctrine de l’apôtre Addaï.

2. Ascension d’Isaïe par Enrico NORELLI

Dans le livre biblique d’Isaïe, les anciens chrétiens crurent reconnaître des prophéties sur Jésus. La même conviction inspira l’Ascension d’Isaïe, qui prétend être le récit, transmis par tradition secrète, d’une vision du prophète, au cours de laquelle il aurait contemplé, au plus haut des cieux, la future venue du Christ dans le monde. L’Ascension d’Isaïe est l’œuvre de prophètes chrétiens qui, au début du IIe siècle, défendaient le rôle de la prophétie dans l’Église. Combattus par des autorités ecclésiastiques qui n’acceptaient pas leur théologie, ces prophètes succombèrent.

1. L’évangile de Barthélemy par Jean-Daniel KAESTLI et Pierre CHERIX

Les Questions de Barthélemy conservent des traditions d’âge vénérable sur la descente du Christ dans le monde des morts et sa victoire sur les puissances infernales, sa conception miraculeuse dans le sein de Marie, l’origine angélique de Satan-Béliar, sa chute et son action maléfique dans l’histoire humaine. Le Livre de la Résurrection de Jésus-Christ par l’apôtre Barthélemy, qui porte sur des thèmes semblables, est un reflet typique de la piété et de la liturgie des chrétiens de langue copte dans l’Égypte ancienne.

Volumes en préparation

  • In Tenga Bithnúa – The Ever-New Tongue par J. Carey
  • The Gospel According to Thomas par A. Gagné
  • Les Actes de Barnabé et la Laudatio Barnabae par M. Rouquette
  • Les Actes éthiopiens d’Étienne par D. Labadie
  • Les Actes de Jean par Prochore par J.-D. Kaestli
  • Les Actes de Thomas par Y. Tissot & P.-H. Poirier
  • L’Apocalypse de Paul par P. Piovanelli et alii
  • La Compilation latine de l’enfance (forme Arundel) par R. Beyers
  • L’Évangile de Judas par M. Scopello
  • The « Gospel History » from the Leabhar Breac by C. Ó Dochartaigh
  • Palea historica by W. Adler
  • Le Protévangile de Jacques ou La Naissance de Marie par Albert Frey
  • La Vie syro-occidentale de la Vierge par C. Naffah & A. Desreumaux
  • La Vie syro-orientale de la Vierge par A. Desreumaux
  • La Vision d’Esdras par F. G. Nuvolone
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