La Journée de la recherche aura lieu le jeudi 30 avril 2026 à Géopolis, dès 13h, salle 1612.
La journée de la recherche 2026 interroge la relation entre chercheur·es et participant·es d’étude. Au sein de SSP, ces dernier.es ont divers visages : patient·es, professionnel·les de santé, élites, enfants et adolescent·es, groupes vulnérables ou marginalisés. Tous et toutes donnent de leur temps, partagent leurs expertises, racontent leurs expériences, contribuant ainsi à la production des savoirs scientifiques. Mais une fois les données récoltées et analysées, que reste-t-il de ce lien ? Qu’est-ce qui est effectivement restitué ou reconnu aux participant·es ? Si donner revient à créer du lien, le principe de réciprocité est-il réellement respecté ?
Ces questions ouvrent sur des enjeux plus larges, car les relations entre participant·es et chercheur·es ne sont jamais neutres. Elles se déploient dans des espaces où se négocient positions, attentes et savoirs situés, mais aussi des rapports de pouvoir parfois asymétriques. Les discours et savoirs des personnes participant à l’étude sont souvent appropriés, puis réinjectés dans des circuits académiques fermés, excluant de facto les communautés concernées. Ces dynamiques relèvent de ce que certain.es qualifient d’extractivisme scientifique — processus par lequel les savoirs sont extraits, décontextualisés et rarement restitués à leurs sources. Bien qu’initialement adressées par des approches critiques postcoloniales, ces logiques concernent de nombreux champs de recherche : psychologie, sciences sociales, politiques et du sport. La Journée de la recherche 2026 propose d’interroger ces pratiques, de mettre en lumière leurs effets, et d’ouvrir un espace de réflexion collective autour de démarches de recherche attentives aux enjeux de réciprocité et de restitution.
Dans la première partie de la journée, trois chercheuses de la faculté viendront présenter une réflexion croisée sur les enjeux de décolonisation des savoirs et les pratiques qui permettent de dépasser les logiques extractivistes dans la recherche.
Dans la deuxième partie de la journée, sept courtes présentations de chercheur·es de la SSP mettront en évidence le caractère transversal des logiques extractivistes ainsi que les défis et opportunités communs liés à la restitution, à la réciprocité et à l’inclusion des communautés enquêté·es. La journée se clôturera par une table ronde élargissant la réflexion sur les logiques extractivistes au-delà de la recherche, en croisant les perspectives muséale, historique et culturelle, afin d’examiner la manière dont ces différentes institutions se saisissent des enjeux de restitution et de décolonisation.
Le programme complet sera disponible prochainement.
