Les théories du complot ne sont plus marginales dans l’espace politique : elles s’invitent de plus en plus dans la compétition politique, en combinaison avec les rhétoriques populistes. Le projet de recherche Weave-POPCON porte sur la manière dont les partis et les leaders de la droite radicale européenne développent des stratégies qui dénoncent la manipulation et le mensonge des « ennemi·es », en opposition aux vérités et aux intérêts du peuple vertueux, et dans quelle mesure ces stratégies contribuent à expliquer le soutien à la droite radicale.
L’articulation entre populisme et complotisme
Le projet international « Populism and Conspiracy: Linking Discourses and Attitudes in Four European Countries », démarré en novembre 2022 et co-financé par le FNS et le Fonds national autrichien, focalise un phénomène devenu crucial en relation à la montée de la droite radicale : l’articulation entre les rhétoriques populistes et complotistes.
L’analyse montre comment ces rhétoriques peuvent modeler les stratégies politiques et le soutien des droites radicales durant et après la période de la pandémie de Covid-19. Si le populisme peut se manifester sans le complotisme et vice-versa, l’analyse porte sur la manière dont ces deux rhétoriques peuvent se combiner. Leurs logiques variables s’incarnent dans des récits, des croyances et des mentalités qui contribuent à la construction manichéenne d’un peuple « vertueux » et d’une vérité « manipulée », qui s’opposent à leurs différent·es « ennemi·es ». Le projet se concentre principalement, mais pas exclusivement, sur les élites politiques et scientifiques dénoncées comme corrompues ou ayant des desseins cachés, sur les immigré·es présenté·es comme des entités dangereuses cherchant à remplacer les nationaux, ainsi que sur les politiques climatiques accusées d’affaiblir le bien-être des citoyen·nes.
Deux équipes en étroite collaboration
L’équipe basée à l’Institut d’études politiques de l’Unil, composée d’Oscar Mazzoleni, de Klaudia Koxha et d’Emilia Meini, analyse le discours des partis et des leaders de la droite radicale dans quatre pays européens : la Suisse, l’Autriche, la France et l’Italie. L’équipe de l’université de Salzbourg, leur partenaire, se concentre sur l’étude des attitudes citoyennes. Grâce à une approche comparative et à une méthodologie mixte, la collaboration entre ces deux équipes permet de mieux comprendre comment les logiques populistes et complotistes se manifestent, trouvent un écho auprès du public et peuvent influencer les choix électoraux en faveur des droites radicales.
Publications en cours
Deux thèses de doctorat, plusieurs articles pour revues à comité de lecture, ainsi que deux ouvrages sont prévus pour valoriser les résultats de ce projet international.
Klaudia Koxha, chercheuse FNS senior à l’Institut d’études politiques et Oscar Mazzoleni, Professeur titulaire à l’Institut d’études politiques

