Comprendre la (co-)parentalité à l’adolescence à l’aune des normes de genre et de parentalité contemporaine
Psychologue FSP, Gaëlle Venard est diplômée d’un bachelor et d’un master en psychologie à l’Université de Lausanne, avec une année d’échange à Paris. Après une expérience comme chercheuse FNS, elle entame son doctorat en co-tutelle entre l’Université de Lausanne et l’Université libre de Bruxelles, sous la direction du Prof. Grégoire Zimmermann (Institut de psychologie, Unil) et du Prof. Stijn Van Petegem (Université Libre de Bruxelles). En parallèle, elle débute un MAS en systémique, portée par un intérêt marqué pour l’articulation entre psychologie clinique, enjeux sociaux et politiques.
Cette thèse propose un éclairage inédit sur la parentalité à l’adolescence, en l’analysant à l’aune des normes contemporaines de parentalité intensive et des rapports de genre. Alors que les attentes sociales à l’égard des parents se font de plus en plus prescriptives, valorisant un investissement constant et l’optimisation du développement de l’enfant, peu d’études s’intéressent aux enjeux que cela présente lorsque l’enfant devient adolescent·e, malgré les défis spécifiques propre à cette période en matière d’autonomie, de négociation des limites et de recomposition des liens familiaux. S’appuyant sur une méthodologie mixte, combinant approches quantitatives et qualitatives, cette recherche adopte une perspective dyadique originale, attentive aux dynamiques de coparentalité au sein des couples parentaux. Les résultats révèlent un décalage marqué entre les injonctions de la parentalité intensive et les besoins réels des adolescent·es, un écart susceptible d’alimenter tensions familiales et pratiques intrusives. Cette thèse met également en lumière la persistance des inégalités de genre dans la répartition des responsabilités parentales : les mères continuent d’assumer l’essentiel de la charge cognitive et émotionnelle, tandis que les pères occupent plus souvent un rôle de soutien et de coopération. Cette répartition peut avoir un effet sur leur manière respective d’être parent.
En articulant expériences individuelles, dynamiques conjugales et normes sociales, cette thèse offre une compréhension fine et nuancée de la parentalité et de la coparentalité à l’adolescence. Elle met en évidence des enjeux cliniques majeurs pour l’accompagnement des familles, en soulignant la nécessité de prendre en compte les normes de genre et d’adopter une approche située, attentive aux contextes sociaux et relationnels des parents et des adolescent·es. Elle invite ainsi à repenser les politiques familiales et dispositifs de soutien à la parentalité dans une perspective plus égalitaire et mieux ajustée aux besoins réels des familles.
