L’interdépendance sociale en éducation : promouvoir les comportements pro-environnementaux des enfants à l’aide de l’apprentissage coopératif
Après avoir obtenu un master de Sciences de l’Education, Fantine Surret a réalisé une thèse de psychologie sociale à l’Institut de psychologie de l’Unil, sous la supervision du Prof. Butera (IP). En parallèle de ses travaux de recherche, elle a assuré des cours-séminaires de psychologie au sociale à l’EPFL, et assisté des cours à l’Unil. Elle a soutenu sa thèse le 3 octobre 2025 et poursuit désormais ses travaux en tant que chargée de recherche à l’Institut des Sciences Sociales de l’Unil.
Ce projet de thèse étudie le potentiel de l’apprentissage coopératif structuré pour conduire à un changement de paradigme dans l’éducation à l’environnement. Nous considérons que les problèmes environnementaux doivent être compris comme des phénomènes collectifs afin d’avoir un impact sur les comportements pro-environnementaux, car ces problèmes sont le résultat de comportements collectifs et ne peuvent être résolus que par des comportements coordonnés. Nous avons donc pensé que pour vraiment comprendre ce que sont les problèmes environnementaux et ce qui peut être fait, les enfants devraient comprendre les liens entre personnes, différents groupes et populations, et finalement les liens entre l’humanité et la nature. Nous nous sommes donc concentrés sur l’apprentissage coopératif structuré comme structure pédagogique susceptible d’aider les enfants à comprendre l’une des caractéristiques centrales des questions environnementales, à saisir le concept d’interdépendance. En outre, l’apprentissage coopératif structuré est connu pour favoriser l’idée que les efforts collectifs nécessitent une interdépendance, une complémentarité et une action coordonnée, ce qui pourrait se traduire par des comportements pro-environnementaux.
Dans le premier chapitre, nous utilisons la théorie de l’interdépendance sociale pour suggérer que l’interdépendance et la coopération sont des concepts fondamentaux en ce qui concerne les questions environnementales. Nous suggérons donc que l’apprentissage coopératif a le potentiel de favoriser les comportements pro-environnementaux. Dans le deuxième chapitre, nous passons en revue les interventions antérieures fondées sur l’influence sociale et visant à encourager les comportements pro-environnementaux chez les enfants. Les interventions existantes obtiennent un effet moyen, plus important pour celles impliquant l’influence sociale. Nous constatons cependant un manque d’interventions axées sur les enfants et suggérons que les études futures devraient aller au-delà de l’acquisition de connaissances. Dans le troisième chapitre, nous développons et validons une échelle de préférence pour les explications en termes d’interdépendance (PETI), adaptée aux enfants âgés de 10 à 12 ans. Nous avons observé un effet d’interaction significatif entre l’échelle PETI et l’âge, montrant que la PETI était associée aux comportements pro-environnementaux pour les enfants plus âgés. Dans le quatrième chapitre, nous présentons une intervention pédagogique basée sur les théories de l’interdépendance sociale, visant à favoriser les comportements pro-environnementaux des enfants. Nous avons observé que l’apprentissage coopératif structuré (vs. spontané) augmente l’interdépendance et l’efficacité rapportées, ce qui prédit les comportements pro-environnementaux. Dans le cinquième chapitre, nous présentons également le détail du matériel et de la procédure utilisés pour cette intervention, avec l’objectif de les mettre à disposition des practicien·nes. Enfin, nous discutons des contributions de cette thèse et des messages à retenir dans la discussion.
