Deux chercheuses de l’Institut de psychologie obtiennent un subside Tremplin

Naomi Downes et Jessica Gale, premières assistantes à l’Institut de psychologie comptent parmi les lauréates du subside Tremplin. Ce dispositif de l’Unil a pour objectif d’accroître le nombre de femmes susceptibles de poser leur candidature aux postes de professeur·es. Interview.

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Naomi Downes et Jessica Gale, premières assistantes à l’Institut de psychologie

Pouvez-vous présenter brièvement vos domaines de recherche à l’Institut de psychologie ?

ND : Mes recherches portent principalement sur la coparentalité, le couple, l’implication des pères, l’attachement adulte et le stress. Ayant travaillé au sein d’une équipe d’épidémiologie sociale à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) et étant membre du Centre LIVES, j’inscris mes recherches dans une perspective interdisciplinaire visant à réduire les inégalités sociales, en prenant en compte les parcours de vie. Ma recherche est participative et communautaire, et combine des méthodes qualitatives et quantitatives.

JG : À cheval entre la psychologie sociale et la psychologie politique, mes recherches portent sur le multiculturalisme et la justice sociale dans une perspective intergroupe. Je m’intéresse à la manière dont différentes idéologies et politiques de gestion de la diversité culturelle sont conceptualisées et soutenues, ainsi qu’au rôle transversal des dynamiques identitaires dans leurs effets sur la solidarité intergroupe et l’« empowerment » des groupes minoritaires.

Le subside Tremplin vous permettra de vous consacrer pleinement à vos recherches pendant douze mois, sans charges d’enseignement, d’encadrement ou administratives. Que comptez-vous réaliser durant cette période ?

ND : En collaboration avec des partenaires du terrain, des sages-femmes aux Arcades, l’association Arc-en-Ciel LGBTQIA+ et l’association Panmilar, nous menons un projet de recherche participative. Celui-ci vise à co-construire, avec des professionnel·les et des familles, une intervention pour soutenir le bien-être émotionnel et relationnel des couples pendant la grossesse. L’objectif est de développer un programme modulaire et inclusif répondant à un besoin clairement identifié sur le terrain : mieux accompagner les futurs parents en tant que couple et contribuer à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes qui s’installent après l’arrivée du bébé.

JG : Durant cette période, je finaliserai la rédaction d’un article scientifique et me consacrerai prioritairement à l’élaboration d’un projet de Starting Grant. Celui-ci portera sur une analyse approfondie du potentiel d’« empowerment », principalement appréhendé sous l’angle de la voix collective, des politiques de gestion de la diversité culturelle.

En quoi le subside Tremplin représente-t-il un levier important dans votre parcours académique et, plus largement, pour l’égalité femmes-hommes dans le milieu universitaire ?

ND : C’est un levier majeur. En effet, pouvoir porter et coordonner mon projet de recherche en tant que chercheuse principale, de sa conception à sa mise en œuvre, avec l’accompagnement et le mentoring proposés par le subside, est un élément clé de mon parcours académique, notamment en vue de candidater à des postes de professeure. En ce qui concerne l’égalité femmes-hommes dans le milieu universitaire, on observe encore un déséquilibre important entre la proportion de femmes au niveau doctoral et leur représentation aux postes professoraux. Les obstacles auxquels les femmes sont confrontées dans les carrières académiques sont bien documentés. Maintenir et renforcer des dispositifs comme le subside Tremplin est donc important pour soutenir les parcours académiques féminins et favoriser une égalité réelle des chances.

JG : Le subside Tremplin m’offre des conditions idéales pour préparer un projet de haute qualité et compétitif pour une Starting Grant, une opportunité déterminante pour la poursuite de mon parcours académique et mon objectif de devenir professeure. Il permet également aux femmes assumant des charges familiales importantes—dont je fais partie—de consacrer, durant une période courte mais cruciale, leur temps de travail à l’avancement de leur carrière académique.