Le Comité National des Sports et le Comité Olympique Français de 1908 à 1952. Une histoire institutionnelle, politique et sociale
Il était une fois une famille des Alpes françaises qui aurait été fournisseur officiel de bières pour les premiers Jeux olympiques d’hiver à Chamonix en 1924… Mythe ou réalité ? C’est pour interroger cette légende familiale qu’Arthur Gallois s’est lancé dans un doctorat en histoire du sport sous la direction de Patrick Clastres à l’Université de Lausanne et en cotutelle avec Emmanuel Bellanger, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Après une licence en sciences politiques à Lyon et Montréal (2014-2017), puis un master en sciences du mouvement et du sport à l’Unil (2018-2019) travaille au sein du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF). Il contribue notamment à l’organisation des cérémonies institutionnelles des Jeux olympiques de Paris 2024. L’année suivante, il est lauréat du concours Ma Thèse en 180 secondes de l’Unil et soutient sa thèse le 7 novembre 2025.
Cette thèse s’intéresse aux racines institutionnelles du Comité National Olympique et Sportif Français en interrogeant les évolutions du Comité National des Sports (CNS) et du Comité Olympique Français (COF) de 1908 à 1952. Nés contre Pierre de Coubertin et le sport catholique, ces Comités sont des espaces en proie aux tensions : amateurisme versus professionnalisme, sports athlétiques versus préparatistes, droite versus gauche.
En renversant la perspective habituelle centrée sur l’action de l’État, la thèse aborde la capacité d’un secteur de l’espace social à se faire reconnaître sous le nom de « mouvement sportif » et questionne la notion d’« autonomie » sur une durée inédite. La thèse met également en lumière un tiers acteur, le Comité International Olympique, dont le rôle structurant sur le sport français n’a jamais été étudié. À la lumière d’un corpus de 113 biographies des dirigeants sportifs, cette thèse déconstruit les mythes de l’unité, de l’autonomie et de la neutralité du sport français.
