Conférences 2025

Mercredi 12 mars | 18h | Anthropole 2120

« Le dispositif est-il un concept esthétique? »
Dominique Chateau (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Le dispositif est-il un concept esthétique ? Au vrai, cela suppose, non seulement, de s’assurer qu’il s’agit bien d’un terme avec statut conceptuel, ce qu’atteste la série des discours qui ont présenté, discuté, manipulé ce terme. Mais ce concept travaillé par divers auteur(e)s, peut-il être considéré en plus comme esthétique ? Cela suppose de le tester à l’égard des différents sens qu’on met sous ce vocable d’esthétique, lui-même devenu concept à force d’écrits et de discussions. Il n’est pas possible d’évoquer tous les sens du mot, mais de se concentrer sur la différence entre l’esthétique comme artistique et l’esthétique comme goût, gammes de valeurs, attitude spécifique. Des deux côtés, on considérera diverses raisons de sanctionner l’accès de dispositif au statut de concept esthétique. On évoquera, ce faisant, les controverses sur le cinéma en regard des nouveaux modes de spectature (pour employer le concept de Martin Lefebvre) par lesquels on accède au film

Dominique Chateau est professeur émérite à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Directeur de la Nouvelle revue d’esthétique (PUF) et auteur de plusieurs livres sur l’esthétique et le cinéma


Mercredi 9 avril | 18h | Anthropole 2120

« Dispositives : A Literary Archaeology »
Michele Cometa (Université de Palerme)

Literature serves as an extraordinary archive for examining the genesis, function, and social significance of media devices. Through a close reading of texts from the eighteenth and nineteenth centuries, this talk aims to trace a literary archaeology of devices while also highlighting the profound ways in which these devices have transformed the structure of literary works.

The relationship between optical devices (media) and literary texts can be explored from two perspectives: a thematological approach, which seeks to reconstruct the cultural history of these devices and analyze their presence as objects within narratives, and a theoretical perspective—more significant in terms of literary analysis—which examines the structural homologies linking textual composition to visual experience. This approach has gained particular prominence in contemporary scholarship, especially in English-speaking contexts, where it builds upon foundational works such as Marjorie Hope Nicolson’s studies on the impact of technology on visual imagery in seventeenth- and eighteenth-century English poetry, and Yvonne Holbech’s research on optical motifs in the works of E.T.A. Hoffmann. These two methodologies differ significantly: Nicolson’s work presents sweeping frescoes that intersect the histories of literary culture, science, and technology, whereas Holbech’s research remains within the bounds of a detailed inventory—albeit a valuable one—of the “media” of vision in Hoffmann’s tales, offering insights into the poetological implications of his aesthetic preferences.

Ultimately, it is from the perspective of poetics that this research holds the greatest significance for literary studies, as it seeks to investigate the profound transformations that new technologies introduce into literary texts.

Michele Cometa est professeur en Etudes culturelles et Culture visuelle à l’université de Palerme. Il a été boursier du CNR, du DAAD, du Sterling and Francine Clark Art Institute (Williamstown, MA) et fellow à l’Académie italienne (Columbia University, NY).


Mercredi 30 avril | 18h | Anthropole 2120

« Le récit d’une bande originale obstinée. La musique de film comme dispositif d’interprétation scénaristique »
Constance Frei (UNIL)

La bande originale d’un film est le fruit d’un travail minutieux effectué par le compositeur-arrangeur, habituellement en collaboration avec le réalisateur. Ensemble, ils définissent le rôle et la place de la musique dans le film. Pour chaque scène, le compositeur va sélectionner parmi un large éventail de techniques d’écriture musicale. Parmi ces procédés figure l’ostinato, ou le principe de la répétition « obstinée », un dispositif capable de dévoiler certaines particularités scénaristiques avec une efficacité redoutable. Que la répétition se situe à petite échelle, sous forme de motifs en boucle, ou alors à grande échelle, avec l’emploi d’une même musique dans des scènes différentes, notre perception ainsi que notre interprétation du film en est influencée.

Cette rencontre propose d’analyser – à travers des études de cas – les outils musicaux, les réseaux d’éléments sonores, les mécanismes, les engrenages et la manière dont ces éléments obstinés résonnent avec l’image et le scénario. Toute personne intéressée, qu’elle soit musicienne ou non, est la bienvenue.

Constance Frei est professeure de musicologie à la Faculté des lettres, Section d’histoire de l’art, de l’Université de Lausanne.