Ewoud Lauwerier

A democratic audit of European foreign policy

En 2007, Ewoud Lauwerier a obtenu un master en sciences politiques de l’Université de Gand, suivi par un DEA en études européennes de l’Université de Genève en 2009. Suite à ses études, et après un stage à la Représentation flamande à Berlin, il a été engagé comme attaché à la Délégation belge auprès de l’UNESCO à Paris (2010) et comme officier de protection au Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides à Bruxelles (2011 – 2012). Fin 2012, il commence sa thèse à l’Unil qu’il a défendue en septembre 2018, sous la direction du Prof. Ioannis Papadopoulos (IEPHI).

La thèse étudie la légitimité démocratique de la politique étrangère européenne. La littérature existante traite des manifestations spécifiques d’une telle légitimité, mais s’abstient d’une évaluation inclusive prenant en compte les multiples dimensions de la démocratie. Par conséquent, le caractère multiforme de la démocratie est négligé. Pour y remédier, la thèse réalise un audit démocratique de la politique étrangère de l’UE. Étant une évaluation systématique et complète de la situation démocratique d’un système politique ou d’une politique spécifique, un tel audit démocratique vise une appréciation inclusive. En tant que méthode, il implique une attitude non-spécifique et flexible envers l’évaluation démocratique qui, étant donné la présence de multiples traditions démocratiques en Europe et les particularités de la politique étrangère, en fait une approche utile pour évaluer la politique étrangère européenne. Partant de la définition concise de la démocratie comme ‘contrôle public et égalité politique’, la thèse propose un cadre d’évaluation composé de huit critères : octroi du droit de gouverner, autorité budgétaire, participation et débat public ; transparence et obligation de donner des raisons ; et possibilités de surveillance et d’annulation. Chacun des critères est opérationnalisé par un ensemble d’indicateurs. Ensuite, l’audit évalue systématiquement la politique étrangère européenne en fonction de chacun des critères. Il examine ces critères à la fois séparément et en relation les uns avec les autres. Ainsi, la thèse présente un aperçu détaillé des forces et faiblesses démocratiques de la politique étrangère de l’UE et montre les interconnexions entre elles. Elle révèle également la présence de trois tendances sous-jacentes qui peuvent expliquer ces résultats de manière plus fondamentale. Ces tendances sont la présence d’une opposition intergouvernementale-supranationale confuse et d’un décalage structurel entre les règles et les pratiques, ainsi qu’un cadre parlementaire compliqué dans lequel la répartition des responsabilités entre le Parlement européen et les parlements nationaux reste floue.