Valérie Schürch

Cognitions sociales, émotions et intentions d’agir d’étudiants à l’enseignement à l’égard de l’intégration scolaire d’élèves présentant des difficultés de comportement

Valérie Schürch, docteure en psychologie, a obtenu son master en psychologie de l’enfant et de l’adolescent en 2009 à l’UNIL, après une licence en psychologie à la Benemérita Universidad Autonoma de Puebla (Mexique). Suite à diverses expériences en tant qu’enseignante et éducatrice, elle a travaillé comme assistante diplômée au sein de l’UER « Développement de l’enfant à l’adulte » à la Haute École Pédagogique du Canton de Vaud, où elle a été engagée pour réaliser une thèse de doctorat sur l’intégration scolaire, sous la direction du Prof. Pierre-André Doudin (IP). Valérie Schürch a soutenu sa thèse le 23 janvier 2018.

Les difficultés de comportement (DC) sont un défi pour les enseignant·e·s. La recherche montre que leurs attitudes vis-à-vis des élèves présentant des DC sont souvent négatives, ce qui peut conduire à leur exclusion de la classe. Toutefois, nous connaissons peu cet aspect chez les étudiant·e·s à l’enseignement, surtout en début de formation. Or, les croyances initiales des étudiant·e·s sur le métier enseignant peuvent entraver l’acquisition de nouvelles connaissances.

Cette recherche a pour objectif d’analyser les cognitions sociales (attitudes, attributions causales et sentiment d’efficacité), émotions et intentions d’agir d’étudiant·e·s à l’enseignement vis-à-vis de l’intégration d’élèves présentant des DC, tout en considérant l’influence du risque de burnout et du genre, et de l’origine de l’élève. Le but est d’observer comment ces éléments influencent leurs intentions d’intégrer ou d’exclure un élève présentant des DC, ainsi que d’éventuels changements entre le début et la fin du premier semestre de formation.

Au travers d’une étude quantitative suivant un design quasi-expérimental avec quatre vignettes, nous comparons deux groupes d’étudiants au début (n = 189) et à la fin (n = 218) du premier semestre de formation. Nos résultats montrent que les attitudes des participants en fin de semestre sont plus positives et que leur score sur l’efficacité personnelle et les compétences émotionnelles sont plus élevés. Le risque de burnout est corrélé aux cognitions sociales, émotions et intentions des étudiants, celui-ci étant plus élevé pour les étudiants en fin de semestre. Aussi, les émotions et les attributions causales des participants diffèrent selon l’origine de l’élève. Enfin, certains prédicteurs des intentions d’agir correspondent aux deux groupes, mais certaines divergences pouvant être attribuées à la formation sont observées. Les implications de cette thèse s’articulent autour des attitudes, des connaissances et des compétences à renforcer dans la formation initiale des enseignants, ainsi que sur la prévention du risque de burnout.