Rosa Sánchez Tomé

L’impact de la méthode de collecte des données sur les mesures du bien-être subjectif

Rosa Sánchez Tomé est titulaire d’un Bachelor en Sociologie de l’Université de Salamanca (Espagne) et d’un Master en Survey Methods for Social Research de l’Université d’Essex (Royaume-Uni). Elle a écrit sa thèse en sciences sociales sous la direction de la Prof. Roberts (ISS, NCCR LIVES) et du Prof. Dominique Joye (ISS, NCCR LIVES). Ses recherches portent sur les différents types d’erreurs pouvant affecter la qualité de l’information obtenue par des enquêtes sur le bien-être subjectif en fonction du mode de collecte des données.

Des mesures sur la qualité de vie sont maintenant largement disponibles et des questions telles que la satisfaction de la vie et le bonheur, qui fournissent des informations inestimables aux chercheurs et aux décideurs politiques à travers le monde, sont courantes dans les enquêtes sociales. Cependant, les enquêtes sont sujettes à des erreurs et il est important d’évaluer l’effet de la façon dont l’enquête est conçue sur la qualité des données.

Certains méthodologistes d’enquête se sont concentrés sur le mode de collecte des données étant donné qu’il existe des préoccupations concernant les biais de non-réponse dans les modes d’enquêtes traditionnelles. En conséquence, d’autres méthodes de collecte d’informations sont devenues populaires, telles que la combinaison de plusieurs modes de collecte de données (par exemple le téléphone et le Web) pour attirer des personnes qui autrement ne répondraient pas. Cependant, la collecte de données en utilisant différentes méthodes peut rendre les données incomparables, ce qui pourrait poser un problème aux chercheurs qui s’appuient sur des données collectées en utilisant différentes méthodes.

Cette thèse tente de fournir quelques réponses sur les inconvénients de l’utilisation de données sur le thème du bien-être provenant de différentes méthodes de collecte de données. Analysant les données d’une expérience de comparaison de méthode mise en œuvre en Suisse, j’ai comparé les réponses à vingt-sept questions subjectives sur le bien-être posées par téléphone, sur le Web et par courrier. Les résultats de l’étude démontrent que la méthode a un effet sur qui répond et comment les réponses sont données. La méthode a affecté des mesures telles que le bonheur et la satisfaction au travail, les réponses aux questions ouvertes sur les événements de la vie, et la relation entre le bien-être subjectif et ses indicateurs. Cependant, la mesure latente du bien-être subjectif général était équivalente d’une méthode à l’autre.