Open Access à l’UNIL

Le 30 novembre et 1er décembre dernier s’est tenue à l’UNIL une conférence entièrement dédiée au rôle de l’Open Access (libre accès) dans la valorisation de la recherche. Organisé par le Dicastère Recherche en collaboration avec Wallonie-Bruxelles International.be, cet événement a donné le coup d’envoi à la politique Open Science (Science Ouverte, c’est-à-dire accès libre et gratuit aux publications et aux données de recherche) de la Direction de l’UNIL. Celle-ci s’inscrit dans la stratégie nationale définie par swissuniversities qui ambitionne de voir 100% de la production scientifique des hautes écoles suisses librement accessible d’ici 2024.

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Plus largement, la mise en place d’un plan institutionnel pour la promotion de l’Open Science vise à répondre, d’une part, aux exigences de la société et des financeurs (Commission Européenne, FNS) et, d’autre part, à la nécessité de maîtriser la croissance des coûts relatifs à la publication scientifique (à titre d’exemple, l’UNIL dépense 4’000’000 CHF par an pour les seuls abonnements aux diverses revues et bases de données).

Du point de vue des chercheur·e·s, le bénéfice principal de l’Open Access consiste en une plus grande valorisation et visibilité de leurs recherches : une étude réalisée par l’Université de Liège et confirmée par des études ultérieures montre ainsi qu’une publication déposée sur leur archive ouverte ORBi est deux fois plus citée qu’une publication non référencée. D’autres projets à l’échelle européenne montrent par ailleurs que l’accès libre et gratuit à une publication n’influence pas automatiquement négativement les ventes de sa version imprimée. Des recherches récentes ou à venir, parmi lesquelles le projet « Open Knowledge Appropriations » auquel participe notamment le STSLab, envisagent d’analyser plus précisément les mécanismes de diffusion et d’appropriation du savoir scientifique dans un contexte de Science Ouverte.

L’Open Access représente un véritable changement de paradigme dans la recherche scientifique : imposer l’accès libre et gratuit aux publications suppose en effet de remettre en question le rôle prédominant acquis par les éditeurs dans l’évaluation de la recherche. Cela pourrait signifier, par exemple, l’abandon du facteur d’impact comme critère principal de la qualité d’une revue, des articles qui y paraissent, et de leurs auteurs et évaluateurs. Un tel changement n’est pas sans poser de nombreux défis : technologiques d’abord, puisqu’il s’agit de développer des outils de dépôt simples, sécurisés et interopérables, mais surtout politiques car l’Open Access ne pourra s’imposer dans le monde scientifique qu’en tenant compte de la diversité des pratiques de publication entre les disciplines (langues de publication, prévalence des articles ou des monographies …).

C’est pour mieux cerner ces différents besoins et enjeux que la Direction de l’UNIL a lancé une campagne de consultation auprès des chercheur·e·s de toute l’université : un questionnaire est ouvert jusqu’au 12 janvier 2018. Ne ratez pas votre chance de faire entendre votre voix sur l’Open Access, et d’influencer ainsi la future directive de l’UNIL !

 

Nathanaëlle Minard, PhD, chargée de mission recherche, décanat SSP