Ariane Froidevaux

Adjusting successfully to retirement: Qualitative and quantitative investigations on identity, meaning and mattering.

Psychologue conseillère en orientation, Ariane Froidevaux a travaillé depuis 2011 comme assistante diplômée à l’Institut de Psychologie de l’Université de Lausanne et a soutenu sa thèse de doctorat en psychologie en mai 2016. Ses intérêts de recherche portent sur la seconde moitié du développement de carrière et la population des travailleurs 55+. Elle vient d’obtenir une bourse FNS Early Postdoc.Mobility pour son projet “Bridge employment as a renewed late career development phase: Fostering time and identities”, qu’elle développera à l’Université de Floride.

La retraite représente une portion de la vie adulte de plus en plus importante ; il devient dès lors particulièrement important que les individus parviennent à s’y adapter. Le principal objectif de cette thèse de doctorat était d’investiguer la manière dont les travailleurs seniors expérimentent la transition de l’emploi à la retraite et les débuts de leur trajectoire à la retraite. Utilisant un design de recherche qualitative consensuelle auprès d’un échantillon de 16 retraité·e·s, et deux études avec un design d’effet différé dans le temps d’une durée d’un an auprès de travailleurs seniors 55+ (N = 161) et retraités (N = 186), cette thèse de doctorat explore la manière dont les individus (1) développent un style de vie satisfaisant, (2) se détachent de leur travail à la fois socialement et psychologiquement (i.e., identité et contribution sociale); et (3) quelles ressources et (4) comment les interactions sociales (p.ex., recevoir et donner du soutien social) contribuent à renforcer l’adaptation à la retraite en termes de bien-être et d’identité.

Les résultats suggèrent (1) que le passage à la retraite représente un point charnière dans le renforcement des expériences affectives au cours du vieillissement, et est perçu comme une nouvelle étape de vie, prenant d’autant plus de sens que les individus parviennent à se réconcilier avec leur passé; (2) que les retraité·e·s perçoivent une continuité importante entre qui ils-elles sont à présent à la retraite et qui ils-elles étaient en tant que travailleur·se·s, et ce d’autant plus qu’ils-elles ont pu transférer leurs savoir-faire professionnels dans leur vie à la retraite; et que la perception subjective de contribuer à la société (i.e., mattering) joue un rôle significatif dans l’adaptation à la retraite mais non dans sa préparation; et enfin (3) que les conditions de vie (santé et finances), l’individualité (traits de personnalité, optimisme, stratégies de gestion du changement), les perceptions du temps (activités quotidiennes, être très occupé, être son propre maître), et (4) les interactions sociales (besoin de partager et de recevoir du soutien, mais aussi envie d’être disponible et de soutenir l’autre) représentent des ressources clefs qui facilitent l’adaptation à la retraite.

En résumé, cette thèse de doctorat pose les bases d’une approche de recherche qui intègre le bien-être et l’identité comme deux aspects interdépendants de l’adaptation à la retraite. Cela permettra d’explorer dans de futures études les relations entre différentes ressources et l’existence de patterns d’évolution intra-individuels en termes de bien-être et d’identité, durant le temps de l’adaptation à la retraite.