Jenny Ros

La collaboration interprofessionnelle à l’interface des institutions socio-éducative et psychiatrique. Jeux et enjeux de l’intervention auprès de personnes en situation de handicap mental et de troubles psychiques

Jenny Ros est titulaire d’une Maîtrise universitaire ès Sciences en psychologie de l’université de Lausanne. En 2008, elle occupe un poste de chercheuse FNS junior au sein de l’équipe de psychosociologie clinique avant de devenir assistante diplômée et de réaliser sa thèse de doctorat qu’elle a soutenu en octobre 2015 sous la direction de la Prof. Michèle Grossen (IP).

La prise en charge et le suivi de personnes en situation de handicap mental souffrant de troubles psychiques et se trouvant donc à l’interface des domaines socio-éducatif et psychiatrique, constituent des défis complexes en matière de collaboration interprofessionnelle. Dans le canton de Vaud, les acteurs/trices concerné-e-s par ce problème s’efforcent depuis de nombreuses années de créer des réseaux pluridisciplinaires visant un meilleur échange entre professionnels et le développement de compétences et de connaissances permettant d’améliorer le bien-être des bénéficiaires. Ce travail se propose ainsi d’étudier et de questionner ces modalités de travail dans une perspective socioculturelle afin d’en comprendre le fonctionnement, d’en éclairer les mécanismes et de fournir des pistes de réflexion aux professionnels. Il repose sur un travail de terrain mené auprès des membres du Dispositif de Collaboration Psychiatrie Handicap Mental (DCPHM) du Département de psychiatrie du CHUV, dont la mission principale est de faciliter la collaboration entre les institutions socio-éducatives et psychiatriques spécialisées dans le suivi des personnes en situation de handicap mental et souffrant de troubles psychiques.

Le travail empirique est basé sur une approche qualitative et compréhensive des interactions sociales, et procède par une étude de terrain approfondie. Les données recueillies sont variées : notes de terrain et récolte de documentation, enregistrement de réunions d’équipe au sein du DCPHM et de réunions de réseau, et entretiens de différents types. L’analyse montre que le travail de collaboration qui incombe à l’équipe est constitué d’obstacles qui sont autant d’occasions de développement professionnel et de construction identitaire.

Les résultats mettent en lumière des mécanismes discursifs de catégorisation concourant à la fois à la construction des patient-e-s comme objets d’activité, et à la construction d’une place qui rend légitime les interventions de l’équipe dans le paysage socio-éducatif et psychiatrique vaudois et la met au centre de l’arène professionnelle.