Le REDs : des recherches, des expertises et des formations sur le dopage

Le Center of Research & Expertise in Doping Sciences (REDs) est un observatoire lié à la Faculté des SSP, créé en 2015 par Martial Saugy (professeur associé UNIL/CHUV, directeur du Laboratoire suisse d’analyse du dopage – LAD) et Fabien Ohl (professeur ordinaire, ISSUL). Son objectif est de devenir un centre d’expertise international de référence sur le dopage et d’être acteur incontournable du « Cluster Sport » du Canton de Vaud.

Vue extérieure du futur bâtiment Synathlon, qui abritera notamment l’ISSUL et le Cluster du sport international.
Vue extérieure du futur bâtiment Synathlon, qui abritera notamment l’ISSUL et le Cluster du sport international.

Qu’est-ce que le REDs ?

Le REDs est un observatoire centré autour de la question du dopage. L’ambition est d’en faire un centre international de référence sur le dopage capable de réaliser des recherches et des expertises indépendantes, multidisciplinaires et novatrices dans ce domaine.

Quel est l’intérêt que l’UNIL et la Faculté accueillent le REDs ?

Le dopage est un sujet passionnant. Il est au centre de controverses sociales, éthiques et scientifiques parce qu’il menace les fondements de la compétition sportive en remettant en cause les classements. C’est une thématique favorisant des recherches fécondes, parfois indépendantes des enjeux sportifs et d’autres fois directement confrontées à la question des transferts de connaissances vers la société.

Quelles seront les activités du REDs ?

Recherche
Le REDs développera des activités de recherche. On peut imaginer que les chercheurs de l’UNIL, du CHUV et des hautes écoles de Suisse romande pourront collaborer à des projets interdisciplinaires (e.g. Sinergia) en lien avec la physiologie, la biologie, la sociologie ou les sciences criminelles appliquées au sport. Le REDs collaborera à des projets de recherche avec d’autres centres de compétence suisses et internationaux du domaine, voire pourra en coordonner un certain nombre. Le REDs travaillera de concert avec le LAD (le Laboratoire d’Analyse du Dopage): le LAD gardera les activités de services (e.g. analyse des différents échantillons provenant des compétitions), alors que le REDs développera des recherches originales, fondamentales ou appliquées, qui pourront aussi alimenter l’innovation en matière de contrôle antidopage.

Expertises
La deuxième grande activité du REDs pourra être de structurer un réseau de conseil et d’expertise en matière de dopage. L’approche actuelle de l’anti-dopage résulte en effet en une détection tardive des pratiques dopantes, car les connaissances sont dispersées entre chercheurs et acteurs de terrain. Une interface est donc essentielle pour coordonner la récolte, l’exploitation et la redistribution de l’information à des fins opérationnelles. Par ailleurs, la qualité des experts est régulièrement contestée par les instances compétentes. De plus l’expérience anti-dopage des Jeux Olympiques peinant à être préservée d’une édition à l’autre, le CIO souhaite pérenniser et transmettre le savoir au travers d’une structure de suivi et de conseil. Or, comme il n’existe pas de centre d’expertise international sur le dopage, créer un centre de recherche pluridisciplinaire et d’expertise international indépendant et complémentaire de l’AMA (Agence Mondiale Antidopage) est nécessaire.Les expertises sont de trois ordres. Scientifiques, d’abord : il s’agira par exemple d’interpréter les résultats d’analyses atypiques, d’interpréter et faire des recommandations sur les paramètres du passeport biologique ou encore de réaliser des analyses sociologiques des processus de normalisation de la consommation de produits dopants par les sportifs. Elles sont également juridiques, par exemple en validant des moyens de preuve analytiques et non-analytiques en lien avec le passeport biologique ou/et les résultats d’analyses atypiques des laboratoires, ou encore en fournissant des avis de droit sur les processus juridiques relatifs aux cas présentés au TAS. Enfin, elles peuvent porter sur des processus de certification ou de labélisation. Cela peut consister à soutenir les Laboratoires Olympiques dans leur processus d’accréditation, des comités d’organisations de grandes compétitions dans la lutte contre le dopage ou de labéliser des équipes qui sont engagées dans la prévention du dopage.

Formation
La question du dopage est déjà traitée dans le cadre des études de Master et de doctorat. Les compétences développées au sein du REDs permettront d’élever le niveau d’expertise et de les faire partager avec les étudiants en formation initiale mais également en formation continue. On proposera certainement des formations continues spécialisées pour les entraîneurs, dirigeants, contrôleurs, médecins et managers.

En conclusion, le dopage est un sujet pluridisciplinaire par excellence, qui peut rassembler tous les chercheurs s’intéressant au sport, qu’ils viennent des sciences de la vie ou des sciences humaines et sociales. L’institut des sciences du sport est un lieu d’accueil idéal pour ce centre puisque plusieurs chercheurs travaillent déjà sur la question du dopage. Finalement, l’environnement du canton de Vaud, avec l’essentiel des organisations internationales du sport à proximité, fait de l’UNIL le lieu idéal de développement de ce type de projet.

Fabien Ohl, professeur ordinaire (ISSUL, UNIL)