Sophie Perdrix

Efficacité du counseling d’orientation : impacts de l’alliance de travail et du contexte psychosocial

Sophie Perdrix a obtenu son Master en Psychologie du conseil et de l’orientation à l’Université de Lausanne en 2008. Depuis, elle a travaillée en tant que doctorante FNS, puis assistante diplômée à l’Institut de Psychologie. Elle a soutenu sa thèse de doctorat en psychologie en mai 2013 sous la direction du Prof. Rossier. Ses recherches portent sur l’efficacité des pratiques d’accompagnement à l’orientation professionnelle et sur les processus relationnels à l’œuvre dans un tel cadre. Elle s’intéresse également à la perspective de genre dans les processus d’orientation.

La problématique centrale de cette thèse est l’efficacité de l’accompagnement à l’orientation. Elle renvoie, en particulier, à la multiplicité des types d’interventions, ainsi qu’aux tensions entre les finalités de l’orientation qui rendent improbable une mesure univoque et objective de l’efficacité des pratiques. Le « mythe » de l’efficacité trouve notamment sa source dans le monopole du modèle de l’appariement qui a largement influencé le développement de la discipline.

La thèse est basée sur deux études empiriques. Premièrement, « Voies professionnelles » est une étude longitudinale visant l’évaluation de l’efficacité d’un service de counseling d’orientation au travers de mesures intraindividuelles. Les résultats immédiats (pre-post) indiquent une forte diminution de l’indécision vocationnelle des consultants ainsi qu’une augmentation de leur bien-être. Les résultats longitudinaux sur un an indiquent une évolution positive des difficultés plus ancrées ainsi qu’un fort taux d’implémentation des projets professionnels. La qualité de l’alliance de travail démontre un impact positif sur l’efficacité de la démarche.

Deuxièmement, l’étude « Orientation et genre » a permis de mettre en évidence un effet d’interaction entre le sexe et le niveau scolaire d’élèves en fin de scolarité sur leurs profils d’intérêts professionnels. Ce résultat affecte, en particulier, les jeunes filles dans une filière à exigences élémentaires car ces deux identités psychosociales semblent restreindre doublement les options professionnelles envisageables.

Les deux études ont permis de soulever cinq implications centrales : (1) La distinction entre les aspects cognitifs et émotionnels de l’indécision vocationnelle est importante. En particulier, la préparation au choix est un construit qui nécessite clarification ; (2) Les processus de transitions professionnelles ainsi que leur accompagnement doivent être considérés dans leur dimension temporelle ; (3) L’interconnexion des différentes sphères de vie est centrale dans les processus d’orientation et leur accompagnement ; (4) L’efficacité du conseil en orientation est affectée par la qualité des aspects relationnels ; (5) La complexité des pratiques et de leurs finalités confronte l’orientation à son rôle envers des identités psychosociales fragilisées.